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de la spontanéité, une vérité qu'ils auraient dû accepter avec enthousiasme. Pendant tout ce temps, l'étude des propriétés infectieuses du sang des tuberculeux ne fit aucun progrès; elle fut reprise à partir du moment où la virulence de la T. cessa d'être contestée, et par des méthodes différentes les anatomopathologistes comme les expérimentateurs démontrèrent à nouveau que l'agent encore inconnu de la T. pouvait exister dans le sang. En eftet, en 1877, Ponrick montra que dans la granulie humaine le canal thoracique présente parfois sur sa face interne des nodules tuberculeux, ce qui doit avoir pour conséquence l'irruption du virus dans la circulation générale (1). En 1879, VircHow ayant trouvé, à l’autopsie d'une granulie, un thrombus tuberculeux dans une veine pulmonaire, soutint également l’origine sanguine de la T. miliaire aiguë; ce fait fut confirmé trois ans plus tard par les recherches dans lesquelles Wricerr a mis en évidence les lésions veineuses intermédiaires entre le foyer primitif de la T. chronique et l’éclosion de la T. généralisée.
D'autre part, Tnar et Nesrerow, Toussaixr, BAUMGARTEN réalisent, avant la découverte du B., le contrôle de l'expérience de VILLEMIN.
I, — Tuaz et Nesrerow, élèves de Seuuer (de Dorpat) publient en 1875 les résultats suivant(s (137) :
Le sang d'une vache de 15 ans, ayant à l'autopsie de nombreux tub. pulmonaires, pleuraux et ganglionnaires, sert de point de départ à plusieurs séries de recherches :
A. — Deux cochons de lait de 4 kilos reçoivent dans la jugulaire 10 gr. de sang défibriné ; tués 6 mois plus tard, ils présentent des tub. caséocrétacés dans le mésentère, les ganglions mésentériques et bronchiques et le corps thyroïde : il y a de plus dans le foie et dans les poumons des noyaux miliaires jaunâtres formés de cellules rondes.
B. — Huit animaux (bélier, agneau, cochons de lait, chiens) sont inoculés de la même manière avec résultat nul ou douteux.
C. — Inoculation sous-cutanée à trois cochons de lait de 40 gr. de sang. Sacrifiés 5 à 6 mois aprés. T. des ganglions mésentériques, de la rate, du foie, des poumons.
D. — Inoculation sous-cutanée de 30 gr. de sang à un agneau. Cinq mois plus tard, T. caséeuse du foie,
IL. — En 1880, Toussaint communique à l’Académie des sciences (438) un mémoire sur la transmission de la T. contenant entre autres une expérience d’inoculation du sang.
Un porcelet de 2 mois reçoit sous la peau quelques gouttes du sang d'une
(1) Opinion contestable du reste.
STRESS
truie tuberculisée par ingestion et morte de T. généralisée dans l'état de maigreur le plus extrême.
Il se forme au point d’inoculation une tumeur irrégulière, dure et lobulée : 61 jours après l'injection, on tue l'animal et on constate une granulie pleurale, pulmonaire, splénique, hépatique, épiploïque.
III. — En 14884, BAUMGARTEN résume dans le Centralblatt f. d. medic. Wissensch., n° 15,ses recherches sur la question; une première série d’inoculations faites dans la chambre antérieure de l'œil du lapin avec du sang de lapins tuberculeux ne lui donna pas de résultat posilif : une deuxième série d'expériences entreprises avec le sang d'animaux (lapins?) ayant une T. d’inoculation généralisée et intense lui permit d'obtenir presque régulièrement une T. oculaire typique d'inoculalion avec T. généralisée consécutive.
Quand, en 1882, R. Kocu eut découvert le microbe de la T., affirmé par Vizcemn, entrevu par BaumGarren, la virulence du sang devint facile à comprendre et personne ne douta de l’existence fréquente du parasite dans le courant circulatoire. Comme il arrive toujours, on alla même trop loin dans cette voie, et sur le vu d'expériences mal conduites ou mal interprétées, on finit par admettre un parasitisme latent du sang, qui était fort commode pour expliquer bien des phénomènes morbides. « On sait, dit Haupr (1), que le B. peut rester à l’état latent dans le sang pendant des mois et des années et ne réaliser des lésions spécifiques qu'au moment où il trouve des conditions favorables à son développement. » Des travaux nombreux ont fait justice de cette manière de voir. Quel est donc l'état actuel de la question ?
On ne peut pas, pour l'étude des processus pathologiques humains, s’abstraire dans la contemplation des seuls phénomènes observés chez l’homme. sans connaître les résultats acquis pour les autres espèces animales ; s’il est vrai que toute expérience de laboratoire n’entraîne pas nécessairement une donnée dont la clinique puisse faire son profit, encore est-il prudent de ne rejeter qu’à bon escient comme inapplicables à l’homme les enseignements de la pathologie animale. Or, précisément la question de l'infection bacillaire du sang chez les tuberculeux est éclairée d'une vive lumière par les recherches poursuivies chez les animaux, chez certains d’entre eux tout au moins ; Je les exposerai tout d’abord.
(1) Cité par REmLiNGER (26).
PR
1° Recherches expérimentales chez le cobaye.
La marche de la T. chez le cobaye est fort semblable, sinon par sa durée, au moins par la succession de ses étapes, à la marche de la T. dans l’organisme humain: formation d’une lésion spécifique au point d'inoculation, réaction ganglionnaire consécutive, propagation par les voies lymphatiques et finalement irruption des B. dans le courant circulatoire, d'où généralisation de la maladie, tels sont les grands traits qui caractérisent cette évolution ; comme chez le cobaye, la généralisation est fatale et précoce, que l'on trouve à l’autopsie des tub. dans des organes où certainement ils ont été véhiculés par le sang, on doit, si les B. sont capables de séjourner dans ce liquide, les y déceler fa-
cilement.
Pour élucider cette question, GosseLin (de Caen) (141) a injecté à des lapins du sang de cobayes inoculés de T. quelque temps auparavant: les lapins qui avaient reçu du sang pris du 5° au 12° jour après l’inoculation ont survécu; ceux qui avaient été injectés avec du sang recueilli à la période de cachexie ont tous succombé à une T. généralisée dans un espace de temps variant de 40 à 71 jours. Donc le sang d’un cobaye tuberculeux semble être constamment virulent quand l'animal est arrivé à la période ultime de la maladie et constamment stérile dans les 10 premiers jours.
La méthode qu’a suivie M. Gosselin est défectueuse ; il injectait une quantité minime de sang (dix gouttes) à un animal qui ne réagil pas sûrement avec de faibles doses : il avait donc chance de déceler uniquement les infections sanguines très intenses.
M. JEanNEL (de Toulouse) (140 bis), en se plaçant dans de meilleures conditions, a trouvé que le sang d’un cobaye inoculé de T. paraît être partiellement virulent dès le 3° jour.
Le 9 juin 1887, deux cobayes sont inoculés sous la peau du ventre avec un gros fragment de poumon de lapin tuberculeux. L'un est réservé comme témoin ; sacrifié Le 2 août, il présente un abcès froid ulcéré au point d’inoculation, une T. intense des poumons, de la rate el du foie, et un engorgement des ganglions lombaires.
L'autre est tué Le 13 juin par hémorragie (section des carotides et des jugulaires). Le sang est recu dans une solution de sulfate de soude à 1/40 (environ 30 gr. de solution).
D es
Trois cobayes recoivent chacun dans le péritoine #4 gr. du mélange; quatre cobayes en recoivent chacun 8 gr. ; deux lapins en recoivent chacun
4% gr. Sur ces neuf animaux, deux cobayes du premier groupe prennent la T. ; les autres restent bien portants.
M. Jeannelne semble pas avoir cherché les B. chez les cobayes tuberculisés ; or l’un d’eux avait pour toutes lésions une kératite (?) et des points blancs superficiels dans le foie ; l’autre avait une T. mieux caractérisée, sans qu'on puisse affirmer qu’elle fût bacillaire. Enfin l'expérience de M. Jeannel est unique : comment conclure dans ces conditions ?
EXPÉRIENCES PERSONNELLES. — Technique employéé. — Pour recueillir sur les cobayes la plus grande quantité possible de sang à l'abri ‘le toute infection accidentelle, j'isolais complètement la carotide et je la sectionvais au niveau du maxillaire, après ligature du bout supérieur et application d’une pince à pression continue sur l'artère à sa sortie du thorax ; le petit tronçon artériel ainsi obtenu était facilement dirigé dans le corps de pompe d'une seringue stérilisée, dont le piston était conservé à part aseptiquement ; la seringue était entourée d’un manchon de glace destiné à retarder la coagulation du sang. On obtient ainsi la totalité du sang fourni par l’ouverture artérielle jusqu’à la mort de l’animal, et on peut l’injecter immédiatement sans contamination possible et sans aucune perte dans le périloine d’un autre cobaye.
Les cobayes supportent bien l'injection de grandes quantités de sang refroidi, à condition d’être à jeun depuis quelques heures : ils éprouvent des coliques, un malaise passager, mais ne tardent pas à se rétablir complètement.
Exp.I. —Cobaye donneur de sang.— Il avait été inoculé le 28 novembre 1896 sous la peau du ventre avec 1 cc. de pus d’abcès coxalgique. Le 6 janvier, apparition d'un petit ulcère suppurant au point inoculé, avec adénopathies inguinales très marquées. L'animal est sacrifié le 11 février, n'ayant pas maigri ; au contraire, son poids s'était élevé de 565 gr. à 590 gr.
A l’autopsie, ulcère ventral d’inoculation, accolé à une poche pleine du pus: ganglions inguinaux des deux côtés suppurés; un ganglion sous-lombaire est suppuré, mais plus petit que les précédents : T. miliaire typique de la rate et du foie; granulations grises disséminées dans toute l'étendue des poumons ; ganglions du médiastin trachéo-bronchiques hypertrophiés, durs, gris, translucides avec petits points blancs opaques.
Les B. n’ont pas été trouvés dans le pus des abcès inguinaux ganglionnaires : il n’y avait pas non plus d’autres microbes colorables. Malgré ce résultat négatif de la coloration bacillaire (méthode de Kuhne), on ne peut guère douter de la légitimité de cette T., car: 14° le pus provenait d'un abcès coxalgique non infecté (sans microbes ni B.); 2° la marche de la maladie chez le cobaye a été la marche typique de la T. d’inoculation.
Cobaye inoculé dans le péritoine avec le sang du précédent (4 cc.). — Inoculé le 41 février, il meurt accidentellement le 7 mai, ayant engraissé notablement (de 370 gr. à 515 gr. en passant par les poids intermédiaires d’une facon progressive). Aucune lésion à l’autopsie; un lobe de foie, écrasé dans da bouillon, est inoculé en totalité sous la peau d’un autre cobaye, qui reste bien portant (il a été conservé plus de 6 mois).