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que celui-ci meurt au bout de trois ou quatre mois, le système lymphatique abdominal est absolument normal aussi bien d’un côté que de l’autre; la rate n’est pas tuberculisée ou l'est bien moins que les poumons qui sont, ainsi que les plèvres, le point de l’organisme où la T. a évolué; il faut donc admettre que chez le lapin e vérus tuberculeur prend plutôt la voie sanguine que la voie lymphatique. »
Cette description ne concorde pas absolument avec les résultats de BaumGartTex (8) et de son élève Taxez (322), qui ont toujours observé à la suite de l’inoculation intra-oculaire, duremérienne, intra-nasale ou cutanée de la T. au lapin la formation d'une lésion locale bien marquée suivie rapidement de l'infection du ganglion correspondant. Quoi qu'il en soit, il est certain que la T. par inoculation chez le lapin évolue d'une façon moins régulière et moins caractéristique que chez le cobaye, et que le poumon est atteint de très bonne heure ; or le B. ne peut y arriver que par la voie sanguine.
Il ne serait donc pas étonnant que le sang du lapin tuberculeux fût plus fréquemment virulent que celui du cobaye ; il le serait même érès souvent, s’il faut en croire GaLTIER et JEANNEL (de Toulouse).
GALTIER (446) a obtenu « une belle T. généralisée sur le cobaye et le lapin, en injectant dans la cavité péritonéale de l’un 1/2 cc. de sang extrait avec toutes les précautions désirables d’un cœur de lapin mort de T. expérimentale, et en introduisant dans une veine de l'oreille de l’autre quelques gouttes de sang recueilli dans le cœur ou dans la jugulaire d'un lapin tuberculeux». -
Malheureusement M. Galtier ne donne aucun détail sur l'intensité et l’âge de l'infection tuberculeuse de ces deux lapins à sang virulent.
JEANNEL (140 bis) a fait de nombreuses inoculations de sang de lapins tuberculeux ; en tenant compte seulement des expériences probantes, il a obtenu 8 résultats positifs et 12 résultats négatifs, soit 2/5 de résultats positifs. Il ne s'agissait pas de lapins profondément infectés, arrivés à la période cachectique de la maladie; bien au contraire, ils avaient été inoculés à la base : de l'oreille avec des fragments tuberculeux, et sacrifiés de seize heures à huit Jours après l’inoculation.
D'autre part les cas comptés comme négatifs comprenaient peut-être des cas positifs à évolution lente, à infection minime, attendu que la moyenne de la survie des animaux n'ayant pas réagi à la T. a été de soixante-quinze jours
seulement, et que Jeannel s’est servi (à part quelques cas) de lapins et non de cobayes.
Pour avoir les plus grandes chances de révéler une infection sanguine minime, Jeannel à eu soin de recueillir la plus grande quantité possible de sang; dans une expérience, 50 cc. ont été obtenus par blessure de la veine cave et aspiration du sang (tombé dans le péritoine, puis inoculés à trois lapins dont l’un est mort, dont un autre est resté sain, tandis que le troisième prenait la T. : dans les autres expériences, la totalité du sang recueilli était inoculée à un seul animal-réactif, méthode évidemment préférable : on injectait ainsi chaque fois de 8 à 30 gr. de sang. Celui-ci a été obtenu 14 fois par saignée artérielle (4 résuliats positifs), 3 fois par saignée veineuse (4 résullat posilif). De plus, dans deux cas, Jeannel a eu recours à la transfusion, qui permet d’injecter la plus grande quantité de sang que puisse donner le lapin : les deux résullats ont été positifs.
M. JEaNNEL conclut ainsi : 4° Le sang d’un lapin récemment inoculé par grefïe tuberculeuse peut étre virulent dès les premières 24 heures ;
2° Les résultats négatifs obtenus concurremment avec les résultats posilifs démontrent que la virulence du sang d’un lapin récemment inoculé est difficile à mettre en évidence; la raison la plus logique de cette difficulté est évidemment l’état de dilution étendue du virus dans le sang au bout de 1,2, 8 jours;
3° La T. inoculée au lapin est déjà généralisée, c’est-à-dire absorbée et transformée en parasitisme microbique latent 10 minutes au moins après l’inoculation, 24 heures au plus. Autant qu’il est permis de conclure de la T. du lapin à la T. de l'homme, la T. n'est pas une maladie locale; au bout d'un temps très court, peu d'heures ou peu de jours après l’inoculation et bien avant le moment où se développe la première T. viscérale, l'infection générale est accomplie, puisque le sang est virulent, et les T. viscérales, quelles qu’elles soient, constituent uniquement les manifestations localisées d’une infection d’ores et déjà généralisée, c’est-à-dire que la suppression chirurgicale d’une de ces localisations ne saurait avoir pour conséquence la guérison de la maladie.
Les ‘expériences de M. JEAnez résolvent-elles la question de la virulence du sang chez le lapin ? N’appellent-elles pas au contraire des recherches de contrôle ? On a quelque peine à admettre que l’infection tuberculeuse du sang soit si facile à démontrer chez le lapin; les résultats positifs de BAUMGARTEN ont été obtenus avec des animaux profondément et anciennement tuberculisés : ceux de ViLLemIN et de GALTIER probablement aussi (?); ceux de JEANNEL, au Contraire, se rapportent à la période de début de tuberculoses conférées par inoculation cutanée; malgré la quantité de sang injectée (10 à 30 gr. en moyenne), étant donné que le lapin a une masse sanguine totale de plus de 100 grammes, et surtout que l’animal réactif choisi par Jeannel n’est pas très sensible à la T, on voit que l'infection bacillaire du sang accusée par ces expériences aurait été assez intense à une époque très éloignée encore de la période de cachexie! Cela nous ramène à la vieille théorie de Toussamnr, suivant laquelle le sang et tous les tissus d’un animal tuberculeux seraient constamment virulents ; les tub. seraient la détermination locale d’une maladie généralisée totius substantiæ.
Hope
La défiance qu'inspirent les résultats de M. Jeannel n’est pas diminuée par les intéressantes expériences de Nocarp exposées en 1888 au Congrès de la T. et reprises cinq ans plus tard par GAERTNER (28).
NocarD, voulant se rendre compte du sort des B. introduits dans le torrent circulatoire, injecte dans les veines d’un lapin 4 cc. d’une culture de T. dans du bouillon glycériné, culture très riche en B. jeunes : # heures après, 4 cc. 1/2 de sang est recueilli; les ensemencements restent stériles et l’inoculation (4 cc.) dans la veine de l'oreille d’un autre lapin laisse celui-ci bien portant (il a été sacrifié au bout de 3 mois).
Il faut observer que Nocard a opéré avec de la T. aviaire et que la quantité du sang prélevée a été très faible (1 cc.) : cela ne diminue en rien la portée de l’expérience ; si, en effet, la virulence sanguine doit exister, c’est plutôt dans l'infection du lapin avec de la T. aviaire, puisque alors la maladie revêt le type septicémique, tandis qu'avec la T. humaine une granulie se forme. — Pour ce qui est de la quantité minime du sang inoculé, l’objection tombe par ce fait que l'animal avait reçu dans les veines une dose considérable de B.; lanon-virulence de 1 cc. de sang recueilli au bout de quatre heures montre que les B., bien loin de se complaire dans ce liquide, en sont éliminés fort vite.
GAERTNER, à l'inverse de Nocard, injectait dans la veine auriculaire de lapins de petites quantités de culture de T. humaine étendue de bouillon stérile, puis filtrée au papier ; il examinait au microscope une goulle du produit de la filtration, y comptait les B., et suivant leur nombre modifiait le degré de concentration de son liquide; il pouvait ainsi opérer chaque fois dans des conditions similaires, en injectant la même quantité de T.
Il inoculait environ 3 500 B., puis recueillait le sang du lapin de 4 minute à 10 jours après l'inoculalion ; 4 à 8 cc. de ce sang étaient inoculés à des cobayes.
Il à vu ainsi que les 3 500 B. injectés ne sont pas encore arrivés au repos au bout d'une heure; même après 2 el 5 heures ils circulent encore dans le sang; mais après 2, 4, 10 jours ils ont disparu du sang; une fois seulement ils purent être retrouvés encore après 6 jours; peul-être, dans ce cas, ont-ils été secondairement mobilisés après fixation temporaire ?
Ces résultats ne s'accordent pastrès bien avec le parasitisme microbique latent du sang admis par J&anneL. On pourra objecter, il est vrai, à GAERTNER, que la quantité de sang injectée était trop peu considérable pour conclure à la non-virulence de la masse totale du sang ; mais les 4 à 8 cc. de sang inoculés au cobaye par Gaertner ne sont-ils pas l'équivalent des 10 à 30 cc. inoculés par Jeannel au lapin ?
Quoi qu’il en soit, du reste, la conclusion générale formulée par M. Jeannel est singulièrement aventureuse; quand même elle serait exacte pour le lapin, ce qui n’est nullement démon-
tré, elle ne s’appliquerait sans doute pas aux autres espèces animales ; nous avons vu qu'elle est en contradiction flagrante avec ce que nous savons de la non-virulence du sang chez le cobaye tuberculeux ; elle est tout aussi contraire aux données qui semblent résulter de l’expérimentation chez les bovidés.
3° Recherches expérimentales chez les bovidés.
lei l'étude de la question se complique beaucoup en raison du volume considérable de là masse sanquine; on ne peut en inoculer qu’une bien faible fraction, de sorte que. les infections bacillaires peu intenses passent volontiers inaperçues; on a, il est vrai, élargi le cadre des recherches en étudiant parallèlement la virulence du suc musculaire : la T. hématogène des muscles est extrêmement rare (si on en excepte la T. du myocarde); quand elle existe, elle est secondaire à l'extension d’un processus tuberculeux de voisinage (osseux, ganglionnaire) : d'autre part, comme il reste toujours une notable quantité de sang dans les capillaires, même chez les animaux complètement saignés, : la virulence du tissu musculaire (dont la richesse vasculaire est si grande), doit être intimement liée à celle du sang : si donc on recueille aseptiquement de la viande privée de ganglions, et qu'on en exprime le suc, on a un moyen indirect d'apprécier la virulence du sang. Mais, comme le fait observer M. ArLoinG (12), on laisse peut-être dans la trame du tissu soumis à la dilacération et à la presse, un nombre de microbes plus élevé que celui qu'on extrait. De plus, pour le suc musculaire comme pour le sang, on n’injecte Jamais qu’une très petite quantité eu égard à la quantité totale que l'animal pourrait fournir : on ne peut donc attribuer aux résultats négatifs obtenus qu'une valeur très relative (1).
(1) Quant aux expériences d’ingestion de la viande, elles ne peuvent nullement servir pour apprécier la virulence du sang, car d'une part l'ingestion est un procédé extrêmement infidèle, et d'autre part, dans ces expériences, on n’a pas toujours séparé de la viande les ganglions qui, eux, peuvent être tuberculeux sans que le liquide sanguin soit le siège d’une infection durable.
A. — Résultats obtenus en inoculant du suc musculaire de bovidés. 1° Vaches atteintes de T. généralisée ou saisies aux abattoirs pour T. très marquée.
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