ANATOMIE DES DAUPHINS
M. le professeur Mayer, de Bonn , dans un mémoire intitulé : Beitrage zur anatomie des Dalphins , inséré dans le journal de physiologie de M. Fremann (i), traite successivement des organes et de leurs fonctions chez les dauphins , sans indiquer cependant quelles sont les espèces de ce genre qui ont donné lieu à ses observations, ou plutôt sans dire à quelle espèce chacune de ses observations se rapporte particulièrement. Outre plusieurs faits connus antérieurement , nous avons dû remarquer ce qu’il dit des fibres musculaires qui entoureraient immédiatement le poumon , et dont l’action s’ajouterait à celle du diaphragme et des côtes dans l’acte de la respiration , des muscles qui dans le diaphragme sont disposés de manière à étrangler l’oesophage ; des nerfs olfactifs du marsouin vulgaire , qui consisteraient en un filet excessivement mince , déjà indiqué dans le dauphin par Treviranus ; des muscles constricteurs des mamelles, décrits par Rapp dans ses Recherches anatomiques sur les cétacés , publiées en 1827, et dont nous retrouvons une nouvelle indication dans une note de M. Kuhn, insérée au Bulletin des sciences naturelles de M. de Férussac, pour le mois d’août i83o ; muscles aux moyens desquels l’animal peut comprimer
(0 Yol. v, p. iii.
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les glandes mammaires et en faire sortir le lait de manière a le lancer dans la bouche du nouveau-né. Non pas que M. Mayer pense que les jeunes dauphins n’aient pas les facultés de téter, et que cette ressource de leur mère leur soit nécessaire ; car il s’applique au contraire à faire voir que la respiration n’est pas nécessaire à cet acte , et que les dauphins peuvent aussi facilement téter que les autres mammifères.
LE DELPHINORHYNQUE DOUTEUX.
On trouve , dans le voyage du chevalier Desmarchais , sous le nom de bécasse de mer ( 1 ) , la figure d’un cétacé a très-long bec, duquel il parle à peu près en ces termes : « Sa longueur était de dix pieds , et sa circonférence de cinq a la partie la plus grosse du corps. Il avait un évent par lequel l’eau était rejetée, et de fausses ouïes sur les côtés du cou. Sur son dos se voyait un grand aileron. Ses mâchoires étaient ornées de petites dents aiguës et serrées. Son bec avait vingt pouces de longueur, et sa chair était fort grasse et très-agréable au goût. »
Ces traits insuffisans pour caractériser une espèce , et la figure qui les représente , ne se rapportent avec précision à aucun dauphin connu. L’espèce qu’ils semblent l’un et l’autre rappeler davantage est le delphinorhynque microptère ; mais, s’ils n’appartiennent pas a cette espèce , il serait au moins difficile de ne pas y reconnaître quelques-uns des caractères de ce genre.
DAUPHIN DE ME YEN. — Delphinus ceruleo-albus .
Nous trouvons , dans les nouveaux Actes des Curieux de la nature (2), la description et la figure d’une nouvelle espèce de dauphin , découverte par M. Meyen sur les côtes orientales de l’Amérique du Sud. L’individu qu’il a été à portée d’observer avait été pris à l’embouchure du rio de la Plata.
Ce dauphin qui n’en rappelle aucun autre , par la distribution de ses couleurs , appartient au genre des dauphins proprement dits ; seulement son museau paraissait plus couvert et plus
(2) Vol. xvi . p. 609 , pl. 43, f. 2.
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comprimé que celui du dauphin commun , et ses nageoires sont plus pointues.
Toute la partie supérieure du dos , de la tête et du bec , sont d’un bleu d’acier foncé. De la nageoire dorsale descend obliquement en avant un trait qui commence largement , et qui se termine insensiblement en pointe à moitié chemin de cette nageoire au coin de la bouche. Un autre trait de même sorte part de la nageoire pectorale et va se terminer dans le trait noir qui embrasse l’œil. Ce dernier s’étend , en s’élargissant graduellement , jusqu’à l’anus. Les nageoires sont du bleu des parties supérieures. Tout le reste du corps est d’un blanc pur et brillant.