‹ De l'Hypertension au cours des Irido CyclitesChapitre 21 sur 24 · AND. DE · texte numérisé non relu

AND. DE

Les myotiques, au contraire, augmentent la sécrétion de liquide dans la chambre antérieure. Le glaucome aigu serait la conséquence d’un manque d’excrétion, et par conséquent du traitement à la pilocarpine et à l’ésérine.

L'auteur passe en revue de nombreuses observations de patients chez lesquels la phase d’hypertension observée au cours de l’irido-cyclite a été traitée soit par des mydriatiques, soit par des myotiques, soit enfin par des opérations, ponction de la chambre antérieure, iridectomie, iridencleisis, cyclodialyse, trépanation.

Les résultats obtenus par les mydriatiques sont supérieurs à ceux des myotiques.

Les opérations décompressives pratiquées sans que, dans la suite, on reprenne l’atropine ne donnent pas de résultats encourageants. L'opération de choix est la trépanation qu’il faudra occasionnellement répéter. Une crainte d'infection secondaire est pratiquement illusoire, parce que le trou se bouche rapidement, malgré la boule d’æœdème que l’on observe après l’intervention.

En résumé, comme dit l’auteur, chaque cas d’iridocyclite et également d’irido-cyclite glaucomateuse représente une inflammation et doit être soigné comme telle et non pas comme un glaucome primitif.

Il ne faut pas oublier que cette cyclite glaucomateuse, même torpide, est essentiellement inflammatoire. Si l’exsudation ou la sécrétion cellulaire jouent ici un rôle non douteux dans la pathogénie de l’hyper-

DENTS JS

tonie, il peut paraître logique de prescrire les mydr tiques en raison de leur action à la fois antiphlogistique, paralytique et hyposecrétoire. L’action hypotonisante des myotiques au contraire, qui n’est pas douteuse, sera neutralisée par leur action vaso-dilatatrice capable de se révéler ici particulièrement nocive en favorisant l’inflammation et l'apparition d’exsudat.

Et de fait, si l’atropine est quelquefois mal tolérée, les myotiques peuvent l’être davantage encore. Chez une malade de Wessely, atteinte d’iritis torpide avec hypertonie légère, l’instillation d’une goutte d’une solution d’ésérine à 1/100 fit monter la tension à 60 mm. Hg, réduisant l’acuité à la perception des doigts à 3 m. L’instillation d’homatropine fit cesser l’accès en deux à trois heures, mais l’instillation d’une nouvelle goutte d’ésérine à 1/2 pour 100 suffit à provoquer un nouvel accès.

En résumé on peut dire qu’on a utilisé les mydriatiques dans les formes les moins sévères, à hypertonie moins accusée et moins persistante, mais jamais dans tous les cas l’atropine n’a provoqué chez ces malades ces brusques et rapides élévations de tonus notées sur des yeux prédisposés au glaucome ou atteints de glau-

come chronique simple. ® Dans nos observations, dans la plupart des cas, les

myotiques ont suffi associés au traitement général mercuriel à combattre l’hypertonie.

Les mydriatiques nous semblent devoir être réservés aux sujets jeunes à sclérotiques encore assez élastiques et aux formes tout à fait récentes. Peut-être

ss DS —

serait-on autorisé, en pareil cas, à en user en commetçant tout d’abord par des solutions très faibles d’homatropine de bromlydrate de scopolamine, d’euphtalmine ou d’éphédrine.

Si l’on examine les cas où la tension est redevenue normale sous l’action de myotiques on voit qu’il s’agissait dans quelques cas d'évolution aiguë ayant duré au plus trois mois; dans les autres cas Pévolution chronique durait en moyenne plusieurs années.

Les myotiques paraissent le mieux supportés et le plus efficaces dans les cas chroniques.

L'hypertension est due sans doute à ce que linflamination avec l’exsudation abondante a été jugulée et que le corps ciliaire a tellement dégénéré progressiyerment que la sécrétion de l'humeur aqueuse a baissé et que l'hypertension est plutôt provoquée par une obturation des canaux excréteurs. ù

Peut-on faire davantage et recourir au traitement

chirurgical ?

Dans toute une série de tas antérieurement mentionnés, différents auteurs ont été amenés à pratique l'opératiof, lorsque malgré le traitement conservatif la tension se maïntenait élevée et duraït longtemps; parmi les interventions nous avons la paracentèse de la chambre antérieure.

L’iridectomie antiglaucomateuse et la trépanation scléreuse (Elliott).

D’après les statistiques de Larsen, les paracentèses

pratiquées ont donné des résultats variables, on fait une paracentèse sur un œil ayant 60 mm. Hg. de tension, deux jours après l'opération la tension était descendue à 55 mm, Hg.; une deuxième paracentèse fait quatre mois plus tard l’œil étant au repos, la tension devint normale.

Une autre observation relate trois paracentèses sans résultats appréciables.

Dans un autre cas après paracentèse, on instilla des mydriatiques, de l’homatropine, on observa une chute de Ja tension, mais si tardive qu’on ne put la considéer Comme consécutive à la paracentèse.

On peut donc d’après ces résultats, constater que les paracentèses ne sont pas toujours très actives dans la chute de l'hypertension, néanmoins elles peuvent être pratiquées facilement car elles ne présentent aucun danger pour l'œil opéré.

Pour l’Iridectomie. Dans dix cas les résultats ont été mauvais, c’est-à-dire peu de temps après lopération, l'hypertension réapparaît et cette hypertension n’est pas moindre qu'avant l'opération. On peut dire avec certitude que liridocyclite glaucomateuse réagit tout autrement que le glaucome primitif aigu inflammatoire.

Quant aux résultats de la trépanation, pour les auteurs allemands (Larsen, Malling) ils sont très mauvais, plus mauvais que ceux de Piridectomie. M. Onfray est d’un avis différent, la trépanation a souvent été pratiquée après iridectomie, celle-ci n’ayant pas amené une pression normale.

D’après Malling, le glaucome primitif serait une affection relativement rare par rapport à l’irido cyclite slaucomateuse et une foule de malades traités avec succès depuis des années par des myotiques et des opérations antiglaucomateuses auraient été des irido cyclites.

Larsen n’est pas du même avis, « si l’opinion de Malling était vraie, comment expliquerait-on les bons résultats du traitement du glaucome par les myotiques et comment serait-on arrivé aux bons résultats opéatoires dont parle si abondamment la littérature moderne? »

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