‹ De l'hypochondrie et du suicide. Considerations sur les causes, sur le siege et le traitement de ces maladies, sur les moyens d'en arreter les progres et d'en prevenir le developpementChapitre 1 sur 16 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Depuis plusieurs années j'avais formé le projet d'écrire sur les maladies mentales et sur les affections nerveuses. Ce projet est en grande partie exécuté. Je serais à même de livrer au public mes recherches sur la folie , si des circonstances particulières ne m'engageaient à en retarder l'impression.

Dans cet ouvrage , je m'attache surtout à démontrer que l'opinion du peuple sur le siège de la folie est mieux fondée que celle des médecins en général.

Les expressions de tête folle, de cerveau vide, embarrassé , bridé, de malades de tête, d'esprit, et autres semblables qui lui sont habituelles pour caractériser les aliénés, indiquent d'une manière assez positive la source du mal. L'énergie de quelques unes de ces expressions en fait même présager la nature.

Cette manière d'envisager le siège de la folie me conduit nécessairement à examiner avec une scrupuleuse attention

Vil] AVANT-PROPOS.

l'état de l'encéphale , et à n'accorder qu'une importance médiocre aux troubles variés et secondaires qui se manifestent pendant le cours de cette affection. L'accueil favorable qu'a reçu l'ouvrage du docteur Georget, écrit dans ces principes, me fait penser que cette opinion fait des prosélytes : heureux si, par les développemens que je lui donne aujourd'hui et ceux que je lui donnerai plus tard, je contribue à la propager parmi les médecins ! J'ai l'intime conviction qu'elle doit exercer, sur le traitement des maladies mentales, la plus heureuse influence.

Le travail que je publie maintenant se compose de deux Mémoires, l'un sur le Suicide, et l'autre sur PHypochondrie.

Une partie du premier Mémoire a déjà été imprimée dans le Journal complémentaire des Sciences médicales (cahier de juin 1820). Depuis cette époque, M. Esqu irol a consigné, dans son article Suicide Au. Dictionnaire des Sciences médicales, le résultat de sa longue expérience.

Je n'ai point la prétention , sans doute, de me mettre en parallèle avec un mé-

Page 1