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Churton, British méd. journ, 19 novembre

Te CRE

ictère intense. Ses conjonctives sont d'un jaune foncé el toute la surface du corps présente une teinte jaune safran avec reflets verdâtres.

D’après les notes prises par M. Vassal, externe du service, le père est en bonne sañté, la mère est morte de tuberculose pulmonaire. La malade à toujours eu une santé parfaite et ne se rappelle pas avoir fait aucune maladie pendant son enfance. Réglée à 17 ans, menstruation régulière. Elle n’a jamais eu de crises de nerfs, ne paraît pas très impressionnable et ne présente aucun stigmate d’hystérie. IL est impossible de relever chez elle aucune habitude ni aucun signe (d’alcoolisme. Pas de syphilis antérieure.

L’ictère a débuté brusquement le 4 février dans les conditions suivantes :

Elle s’était couchée la veille en bonne santé, ayant diné comme dhabitude. A 8 heures du matin, une descente de police est faite en son domicile pour procéder à l’arrestation de l’homme avec qui elle venait de passer la nuit. Elle n'a pas eu d’attaque de nerfs et n’a pas perdu connaissance, Mais, Suivant Son expression, elle à été « houleversée » et n’a pu déjeuner.

Vers une heure ou deux heures de l'après-midi, c'est-à-

dire 5 où 6 heures après l'incident, on lui fait remarquer

et elle constate avec étonnement qu'elle est devenue complètement jaune. L'ictère, au dire de la malade, a été très intense le jour même du début, et ne s'est pas modifié les jours suivants. Les urines ont été tout de suite foncées et brunâtres. Elle n’a pas fait attention à la couleur des selles.

Il n°y à pas eu de fièvre.

Du % au 10 février où elle se présente à la consultation de l'hôpital, rien à signaler. Elle n’a éprouvé aucun ma-

laise, aucun trouble digestif : l'appétit est conservé.

Le lendemain de son entrée, en dehors de la teinte ictérique de la peau des conjonctives et des urines, nous ne constatons rien d’anormal. C’est une fille vigoureuse, bien constituée, sans tare d'aucune sorte. Elle n’accuse ni courbature, ni malaise, ni troubles digestifs; elle ne se plaint que d’être jaune. La langue est nette et humide ; l'appétit est régulier. Ni prurit ni xanthopsie ; à peine un léger retentissement du pouls à 70. Rien au cœur ni aux poumons. Le foie cependant déborde légèrement les fausses côtes et

la percussion est un peu douloureuse.

Les urines sont foncées. ictériques avec mousse colorée en jaune: elles prennent une couleur vert bouteille par l'acide nitrique et par la teinture d’iode. Pas d’albumine ni

de sucre.

Les selles sont moulées et très colorées d’un vert foncé. Traitement : grands lavements froids. Régime ordinaire.

12 février. Comme la veille, une garde-robe avec matières solides fortement colorées, verdâtres. Urines chargées de bile, 4,200 cent. cubes. Il n’y a pas d’azoturie. 14 grammes d’urée par litre.

43 février. La teinte ictérique de la peau paraît plus foncée ce matin : les urines sont aussi plus colorées : même

quantité.

4% février. Les matières rendues la veille sont abso-

lument décolorées d’une teinte gris blanchâtre argileuse. Urines 1 litre et quart. Aucun malaise. Pouls à 64.

45 février. Même état. Selles décolorées ; urines toujours chargées de pigments biliaires. |

46 février. L'ictère est un peu moins accentué. Urines 1,500 cent. cubes. un peu plus claires. Les matières fécales semblent un peu moins argileuses et prennent une teinte légèrement brune. Le foie n’est plus douloureux à là percussion.

17 février. La coloration ictérique de la peau et des yeux est beaucoup moins prononcée. Les urines plus abondantes, 1,500 cent. cubes sont aussi moins foncées mais donnent toujours la réaction de la biliverdine. Les matières ont repris une couleur brunâtre presque normale. La malade sort le 18.

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