‹ De l'Ictère infectieux chronique splenomégaliqueChapitre 7 sur 30 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBsERvATION Î

Auguste M.., âgé de 38 ans, marchand ambulant, entré le 14 janvier 1898, salle Béhier, n° 30 bis.

Antécédents héréditaires. — Père mort à 60 ans d'une maladie de cœur, mère morte à 72 ans d’une hernie étranglée. Deux frères tués en 1870. Une sœur morte à 8 ans, cause inconnue. |

Femme bien portante.

3 enfants morts, l’un mort-né, un autre de brûlures, un 3° de bronchite.

3 enfants vivants et bien portants, sauf un qui a une déviation de la colonne vertébrale.

Antécédents personnels. — Né à Paris; à l’âge de 18 mois, il part dans le Sud algérien où il demeure jusqu'à l’âge de 10 ans. Pendant son séjour il n'a eu que la rougeole à 4 ans et quelques maux d’yeux. A l’âge de 10 ans il revient en France qu'il ne quitte plus.

Pendant son séjour en Algérie, il n’a pas eu de malaria, mais, après son retour, comme cela se voit parois, il a été pris de fièvres intermittentes à 3 reprises différentes, à 12 ans (1872), à 15 ans (1875), à 18 ans (1878). En 1875, il entre à la Pitié dans le service de M. Dumontpallier pour ses accès de fièvre, accès survenant le soir vers 5 heures et durant de 5 à 6 heures. Le malade ne peut dire s’il a eu de l’ictère à ce moment. Il reste 3 mois à l'hôpital.

Ces accès ont été plusieurs fois accompagnés de diarrhée dysentériforme : ce n'était pas la dysenterie vraie des pays chauds, mais la diarrhée est restée chronique.

En 1895, fièvre typhoïde qui évolue normalement. Mais dans la

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convalescence de cette maladie, il est devenu, pour la 1"° fois, ictérique, sans crises douloureuses; à partir de cette époque, c'està-dire depuis 19 ans, l’ictère ne l’a plus quitté.

En janvier 1889, le malade entre pour la 1°° fois dans le service de M. Hayem. Il présentait un subictère assez marqué.

Les selles sont abondantes (jusqu’à 12 garde-robes par jour), liquides, diarrhéiques, colorées, souvent bilieuses. Les urines contenaient exclusivement de l’urobiline. Le sérum sanguin donnait la réaction de Gmelin.

Le foie est à peine hypertrophié.

La rate est très augmentée de volume.

Il existe un degré notable d’anémie.

Traitement : Lait, lavages d’estomac.

Six semaines après le malade est très amélioré.

En 1892, il séjourne à l’hôpital du 23 mai au 4 juin.

En 1896, du 30 janvier au 7 mars.

En 1898, il rentre le 14 janvier.

Maintenu sans cesse en observation, on note que, depuis 1886, il est resté sensiblement dans le même état, mais il a eu à diverses reprises des poussées d’ictère biliphéique plus ou moins intenses, plus ou moins prolongées.

La diarrhée a fini par cesser en 1894-95, pour être remplacée par de la constipation. Les plus fortes poussées d'ictère se sont accompagnées de tuméfactions du foie et d'hypertrophie marquée de la rate.

Après ces paroxysmes, le foie reprenait un volume normal, mais la rate s’hypertrophiait peu à peu et, en même temps, s’indurait d'une façon manifeste. Une seule fois, pendant l’une de ces crises, le malade a éprouvé quelques douleurs dans la région hépatique. Une seule fois également les garde-robes ont été décolorées, mais d'une manière toute passagère.

À aucun moment M. Hayem n'a observé de fièvre, sauf à l’occasion d’une amygdalite aiguë. Jamais le malade n'a eu de signes nets de coliques hépatiques ni de tuméfaction de la vésicule biliaire.

NE

L'examen du suc gastrique, pratiqué à plusiéurs reprises! a permis de trouver chaque fois une hÿperpepsie modérée.

Entre temps, est survenue une otite gauche suppurée. L’écoulement a persisté pendant près de 10 ans, entraînant à sa suite une surdité assez marquée. Depuis 1893 la surdité existe également à droite, mais elle n’est pas absolue.

État actuel, 18 janvier 1898.

Bien que son affection date de dix-neuf ans, sa santé générale est relativement bien conservée.

C'est un homme qui présente tous les caractères de l'infantilisme : ilest de petite taille, d'aspect un peu chétif, maïs non cachectique, non œdématié,

Les téguments et les muqueuses ont une teinte légèrement subictérique; la coloration est surtout marquée aux conjonctives. Les muqueuses sont décolorées : l'examen du sang montre une anémie du 3° degré avec altérations chlorotiques du sang, comme dans toutes les anémies de longue durée.

Cœur normal. Léger souffle systolique à la pointe sans irradiation.

Pouls régulier, 68.

Pas de frémissement dans les veines jugulaires.

Le malade n’a jamais eu de grandes crises douloureuses, n’a jamais souffert de l'estomac; cependant, le mois dernier, il a éprouvé quelques malaises gastriques, une sensation de plénitude et de pesanteur, des aigreurs après le repas. Il venait de manger à contre-cœur et a dû se faire vomir.

Le rein droit est légèrement abaissé, ce qui est fréquent en cas de gastropathie ancienne accompagnée à une certaine époque de dilatation d'estomac et de poussées congestives du côté du foie.

Actuellement le foie ne déborde les fausses côtes que de 4 où 5 centim. au plus. Il est bien lisse, souple, non résistant, non induré.

La rate, au contraire, est fortement hypertrophiée. À plusieurs reprises, le professeur Hayem a observé, dans la région splénique,

= 1 = une tuméfaction visible à la simple inspection. Actuellement encore, loin de toute poussée d'ictère, la rate fait une saillie très nette, surtout quand le malade est dans le décubitus latéral droit.

La rate mesure de 15 à 20 centimètres de haut sur 10 à 12 de large. Elle est devenue scléreuse, dure, ligneuse.

Le malade autrefois avait présenté quelques signes de bronchite faisant craindre l’éclosion de la tuberculose pulmonaire, mais on ne trouva jamais de bacilles de Koch dans les crachats. Aujourd’hui il n’y a pas de toux, une expectoration sans importance, et à l’auscultation quelques räles muqueux aux deux bases.

Le malade se sent moins fatigué, moins déprimé depuis qu'il n’a plus de diarrhée. Il a de petites hémorrhoïdes qui saignent de temps en temps.

La peau présente quelques lésions de grattage provoquées par les démangeaisons. Celles-ci ont été beaucoup plus violentes au moment des crises paroxystiques.

Les urines sont très urobiliques, non albumineuses, et ne donnent pas la réaction de Gmelin. Cette réaction se produit au contraire avec une très grande netteté dans le sérum sanguin.

Examen du suc gastrique, 28 mars 1892 :

Liquide assez abondant, bilieux, émulsionné. Filtre facilement. Peu de résidus.

À — 0.185 V. méthyle — bleu.

Peptones — moyen.

Perchlorure — rien de caractéristique.

H = 0.069 he D En 8 arr D 2 ra ee 0190 H + C = 0.190 FL USAÛE À se = à à à

Examen du suc gastrique, 2 juin 1892 :

Après une heure et demie.

D CNE

Liquide moyennement abondant, bien émulsionné.

Filtre lentement.

| % À = 0.185 V. méthyle — bleu.

Peptones — moyennement abondante.

Perchlorure — réaction caractéristique HOTTE D.

Phee R MEERS a = 0,95.

H °C — 0.190 T = 0.379 RO Te ExaAMEN pu sANG, 22 février 1896 :

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