‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfansChapitre 36 sur 90 · CE · texte numérisé non relu

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l'hypogastre, au-dessus de la vulve, et au-devant du pubis (1).

(1) © On n’a pas moins rendu d’honneurs, chez les anciens, aux parties naturelles de la femme, dit M. de L. (de l'Homme et de la Femme, t. W, p. 186), qu'aux parties qui caractérisent l’homme. Les Syracusains les portaient en cérémonie aux célèbres Thesmophories. Tout le temps que durait cette fête, on s'envoyait, par toute la Sicile, des gâteaux faits avec le miel et la graine de sésame, qui avaient exactement la figure de la partie qu'ils voulaient honorer. Les Romains, lorsque leurs mœurs furent dépravées, firent construire des vases dont ils se servaient dans leurs repas, et auxquels ils donnaient la figure de la partie pour laquelle ils avaient tant de passion.

. Vitreo bibit ille Priapo.

( Juvénar, Sat. 2 },

Léon, surnommé lAfricain , assure que si une femme rencontre un lion lorsqu'il est en amour, et plus furieux que dans tout autre temps, il baisse la tête, et prend une autre route en rugissant, si elle lui montre ce qui la distingue de l’homme. Ce fait, dont on est libre de croire ce que l’on voudra, fit imaginer aux Egyptiens que leur dieu même prenait plaisir à regarder les femmes à découvert; aussi, durant quarante Jours, les Egyptiennes se présentaient devant leur dieu Apis les jupes

(52) La vulve (suivant Capuron et Nysten) de

valpa, porte; pudendum muliebre, ouverture longitudinale qui s'étend, chez la femme, de-

levées. On croyait encore, parmi ce peuple, que l'esprit d'Æpollon entraïit chez les sybilles, lorsqu'elles rendaient des oracles, par ces mêmes parties. Dans tous les lieux que S'ésostris avait subjugués, on trouvait représentées, sur des colonnes, les parties de la génération : celles de la femme, lorsqu'il les avait vaincues sans trop de difficulté ; celles de l'homme, lorsqu'on lui avait fait beaucoup de résistance. Le révérend père François Alvarès nous apprendque, chezles 4byssins, les filles portent par galanterie, à leurs parties secrètes, de petites campanes ou clochettes, qui pendent et battent en liberté. Dans plusieurs royaumes de l'Afrique, les femmes du roi, et les principales de la cour, ont ces parties percées comme les oreilles; on y passe plusieurs anneaux d'or et autres bijoux, que ces femmes sont obligées d’ôter lorsque leurs époux les’approchent (Hémaxéron rustique, tue journée). Ce luxe, que l’on étend jusque sur des parties quin'en paraissent pas avoir besoin , n’est pas en usage chez les étrangers exclusivement. M. de Sainte- Foix (Essais historiques sur Paris, t. V) nous parle d'une mode qui s’était introduite parmi Îles femmes du grand monde; ce n'était pas seulement leurs cheveux qu'elles tressaient avec de la nonpareille de différentes

couleurs, dit cet agréable écrivain. »

(55) puis le pénil jusqu'auprès de l’anus; elle est bordée par les grandes lèvres , dont l'écartement laisse entrevoir le clitoris, les nymphes, le méat urinaire et l’orifice du vagin. La vulve est donc l'espace que les grandes lèvres laissent entre elles.

On distingue dans la vulve :

Les grandes lèvres, ou prolongemens du tissu cellulaire, qui forment les bords de la vulve. Ces deuxreplis, figurés par la peau, contiennent beaucoup de graisse assez ferme , surtout dans les vierges. « Les constricteurs de la vulve ou petits muscles, dit M. Marjolin, sont placés sur le plexus rétiforme ; ils naissent au-dessous du clitoris, descendent sur les parties latérales du vagin , et se terminent en se confondant avec le transverse du périnée et le sphincter cutané de l’anus. Leur usage est de rétrécir l’entrée du vagin ; ils sont plus apparens chez les femmes jeunes que chez celles qui sont avancées en âge; ils perdent aussi de leur volume chez les femmes qui ont eu plusieurs enfans. Le bulbo-caverneux est, chez l’homme, l’analogue du constricteur de la vulve. Les grandes lèvres, en s’unissant par le bas, forment la fourchette.

La fourchette est l’union des grandes lèvres par la partie inférieure.

Les nymphes, , ou rides internes, que l'urine écarte avéc bruissement, sont deux corps mollasses qu’on aperçoit en écartant les grandes lèvres : leur substance est spongieuse, et leur forme triangulaire; elles s'unissent par en haut, et forment une espèce de prépuce au gland du clitoris. Ces deux productions membraneuses des parties génitales de la femme, disent MM. Capuron et Nysten, descendent du clitoris sur les parties latérales de l’orifice de l’urètre, servent à diriger le cours de l’urine , à peu près comme les nymphes de la fable présidaient aux eaux des fontaines et des fleuves.

Le senegme blanc et fétide qui s'amasse entre les nymphes ressemble à celui qui se forme sous le prépuce des hommes.

Le clitoris, petit corps rond et long (1) situé

(1) « Platerus dit qu’une femme avait le clitoris aussi gros que le col d'une oie; et Bartholin assure que cette partie s'ossifia à une courtisäne italienne qui en avait abusé. Tulpius parle d’une femme dont le clitoris était très-gros, et qui fut foucttée publiquement et bannie à perpétuité, pour avoir abusé de sa conformation. On sait jusqu’à quel point Sapho poussa la passion pour des personnes de son sexe : les femmes de Rome, à l’époque où

toutes les mœurs se perdirent, méritèrent les épigram-

à la partie antérieure et supérieure de la vulve, susceptible d’érection comme le membre viril, auquelil ressemble par sa structure, est doué de la plus grande sensibilité, et regardé, par quelques physiologistes, comme le siége principal du plaisir vénérien : ce qui l’a fait nommer aussi œstrum veneris, astre vénérien. La longueur du clitoris , chez certaines femmes, a fait croire aux hermaphrodites.

Le méat urinaire, ouverture située au-dessus de l’orifice du vagin et au-dessous du clitoris, par laquelle la femme rend ses urines.

mes et les satires des poètes. On peut voir ce que Juvénal reproche, dans sa sixième satyre, à Laufella et à Madullina. Lucien, dansses Dialogues des Courtisanes, reproche le même vice aux femmes de son siècle. Cœlius Aurelianus a nommé fribades les femmes qui abusaient de leur clitoris. Plaute les désigne sous le nom de subi gatrices ; elles ont été nommées jrictrices par quelques autres, et ribaudes ou frotteuses par les Français. «L’extrême sensibilité duclitoris, continue M. deL..…., Va fait nommer gaude mihi. Les Latins l’appellent encore albatara, tentiginem, columbus , amorem et dulcedinem ; mentulam muliebrem et pœnem fœmineum. Veneîte nomme cette partie la fougue et la rage de l'amour. » (De l'Homme et de la Femme, t. 1H, p.197

et suivantes ).

Le périneée, ou l’espace compris entre la fourchette et l'anus. |

La fosse naviculaire, ou enfoncement qui se trouve à l’entrée de la vulve, derrière la bride membranéuse qui unit les grandes lèvres à leur partie inférieure.

L'orifice du vagin, ouverture du conduit qui répond à la matrice, est situé au-dessous du méat urinaire. On y remarque un cercle membraneux qu'on appelle hymen. Quand ce cercle a été divisé, on y trouve quatre à cinq boutons qu'on appelle caroncules myrtiformes.

L'hymen (zona virginea. Nysten et Capuron), du mot grec un, mariage, est le nom du cercle membraneux qui borde l’orifice externe du vagin dans les vierges ; surtout pendant la jeunesse et avant les règles. Cette membrane se rompt, pour l'ordinaire , par la consommation du mariage, et s'efface par l’accouchement ; il n’en reste plus alors que des lambeaux irréguliers auxquels on donne le nom de caroncules myTtiformes , à cause de leur ressemblance avec une feuille de myrte. Outre cela, des règles abondantes, des accidens particuliers, une impru- : dence , ou quelque blessure , peuvent aussi déranger ou altérer la membrane de l’hymen.

Enfin , on la trouve souvent effacée chez les filles

d’un mois où qui viennent de naître, d’où il résulte que l’hymen n’est qu'une faible preuve de la virginité, que les soupcons d’incontinence dans les filles où cette membrane n'existe pas sont bien frivoles et bien injustes. »

Les caroncules myrtiformes, ou petites éminences charnues, remplacent la membrane de lhymen.

Parties molles internes.

Les parties molles internes de l'appareil génital de la femme sont :

Le vagin,

L'utérus ou matrice,

Les trompes utérines ,

Les ovaires.

Le vagin, du mot vagina, gaine, fourreau , est un canal spongieux cylindroïde, oblique, membraneux, de cinq à six pouces de long et d’un bon pouce de large, plus étroit chez les vierges que chez les femmes mariées, ou qui ont eues des enfans ; situé un peu obliquement de bas en haut, entre la vessie (1).et le rectum; communiquant par une de ses extrémités avec la

(1) V. Nouveau Dictionnaire de Médecine, par MM. Capuron et Nysten.

vulve , et par l'autre avec la matrice, dont il embrasse le col ; tapissé intérieurement d’une membrane muqueuse blanche et nerveuse, dilatable dans la grossesse , lubréfiée par un fluide plus ou moins abondant, selon l’âge et le degré des pas- sions ou des tempéramens; très-ridé transversalement dans le jeune âge, lisse dans la vieillesse, dont l’orifice est quelquefois bouché par l’hymen, qui disparait chez les femmes mariées, et est remplacé par les caroncules myrtiformes.

« Le vagin, dit M. le professeur Boyer, reçoit ses artères de l’hypogastrique. Ses veines se rendent dans un plexus qui est couché sur ses parties latérales, et dans lequel vont se rendre aussi les veines du clitoris. Les vaisseaux lymphatiques du vagin sont peu connus. Ses nerfs viennent des dernières paires sacrées. »

La matrice, ou utérus, source de nos chagrins et de nos plaisirs (1),est un viscère Creux, COnoide, ou plutôt cucurbitiforme triangulaire,

(1) « C'est à ce conduit qu'il faut rapporter particulièrement tous les noms que la licence des mœurs à fait donner aux parties qui distinguent le sexe chez les femmes. Dans un Zraité des Hermaphrodites, imprimé en 1612 avec privilége et approbation, ouvrage fort rare

aujourd'hni, l'auteur (M. Duval, médecin à Rouen),

(59) large en haut, étroit en bas, aplati d'avant en arrière , situé dans l’hypogastre , entre la vessie et l'intestin rectum, divisé ordinairement en Jond, sa partie supérieure ; corps, Sa partie moyenne; et co!, sa partie inférieure , faisant saillie dans le vagin ; revêtu sur ses deux faces par le péritoine , tapissé intérieurement par une membrane muqueuse mince et nerveuse, lisse dans le fond , ridée au col, et parsemée de petites glandes qui, dans la compression, fournissent un suc visqueux, recevant beaucoup de vaisseaux et de nerfs; communiquant avec le vagin par son orifice inférieur, et avec la cavité

après avoir rapporté tous les noms donnés au conduit de la pudeur, ajoute : « Je l’ai out nommer sépulcre et monument au père Anne de Joyeuse, en un sermon qu'il fit dans l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, au temps du Carême, parce, disait ce prédicateur, que les membres s’y ramollissaient , et y encouraient souvent carie et corruption. Le sieur Le Veneur, vivant évêque d'Evreux, continue Duval, appelait vallée de J osaphat, où se fait le viril combat, etc., etc. (Chap. VIIT, du Sein de la pudicité de la femme et des oreilles y encloses). On chercherait peut-être inutilement un livre de médecine écrit aussi librement et aussi singulièrement que ce T'raite des Hermaphrodites. » (M. de E...., tome I, pag. 200 et 201, note ).

abdominale par ses deux orifices supérieurs et latéraux; ayant son col attaché par-devant à la vessie, et par derrière au rectum ; son fond aux trompes de fallope , aux ovaires, et aux régions iliaques par les ligamens larges, et à la région du pubis par deux autres appelés ligamens ronds ; organe enfin qui reçoit le produit de la conception, et où s’accomplit le mystère impeénétrable de la génération chez les femelles des animaux, susceptible de grands changemens , surtout pendant la gestation.

Sa cavité, dit Legouas (page 1/46), offre trois ouvertures : une inférieure, qui répond à l'orifice du col; deux supérieures, qui répondent aux angles de son fond, et communiquent avec les trompes.

Deux productions du péritoine, connues sous le nom de ligamens larges, sont fixées sur les parties latérales de 1x matrice. Elles contiennent l'ovaire , la trompe et le ligament rond.

Les ovaires sont des corps ovoides aplatis, de la grosseur d’une aveline , situés sous le repli du ligament large, de chaque côté, près le pavillon de la trompe, qui lui répond, et d’un aspect fibreux à l'extérieur. Ils sont composés de petites vésicules qui renferment un fluide visqueux et jaunâtre. Chaque ovaire à son hgament particulier qui l’attache à la matrice.

Les trompes de fallope sont des canaux de trois ou quatre pouces de longueur, s 'évasant graduellement, destinés à faire communiquer momentanément l'utérus avec les ovaires. Elles naissent des angles supérieurs de l'utérus, et se terminent par une portion FRERE et frangée, appelée pavillon, qui tient à l'ovaire par un de ses filamens.

Les ligamens larges sont des replis ou allongemens du péritoine, qui les rend adhérens, chacun de leur côté, à la matrice et à la partie supérieure du vagin; ils sont composés d’une double membrane qui, dans sa duplicature, en contient une troisième remplie de cellules; ils attachent la matrice aux os des isles, et en se développant ils embrassent non-seulement le corps de ce viscère, les trompes et les ovaires, mais encore les ligamens ronds.

Les loamens ronds sont deux cordons celluleux et vasculaires qui partent des parties latérales de la matrice , traversent l'anneau, et viennent se perdre au voisinage de l’aine. Ils sont situés entre les lames du ligament large, attachés supérieurement aux côtés du fond de la matrice, auprès des trompes, et ils ont dans cet endroit plus de largeur, après quoi ils descendent obliquement de chaque côté dans la duplicature du péritoine, en diminuant peu à peu

jusqu'aux aines. Îls passent ainsi, hors la cavité abdominale, au travers des anneaux des muscles du bas-ventre. Ces ligamens, après leur sortie, parvenus jusqu’à l'os pubis, et confondus dans la graisse, se divisent en plusieurs portions dont les unes s’attachent au clitoris, les autres aux grandes lèvres, et les autres aux cuisses; de là viennent les douleurs que les femmes enceintes ressentent dans cette dernière partie, et qu’elles sentent augmenter à mesure que Îla matrice augmente de volume.

La cavité du vagin, de la matrice et des trompes, est tapissée par la membrane muqueuse génito-urinaire. À l'extérieur, ces parties sont recouvertes par le péritoine ; un tissu particulier, différent pour chacune d'elles, et dont la texture est inconnue, sépare ces deux membranes.

Le sang est porté dans les organes génitaux par les artères honteuses et hypogastriques.

Les nerfs proviennent des nerfs sacrés et du grand sympathique.

La copulation est le premier acte de la géneration ; elle résulte du concours des deux sexes : chez l'homme, elle nécessite l'érection du pénis. L'érection est occasionée par l'exaltation vitale, qui détermine une turgescence sanguine dans le tissu spongieux de l’urètre et des corps

6 66: ) caverneux : cet excès de vitalité est partagé par les organes de la sécrétion séminale.

Chez la femme, les parties sexuelles entrent dans un état analogue; leur température est plus élevée, et la sécrétion muqueuse plus abondante (7’oy. le tableau ci-dessous).

Lorsque la copulation est fécondante, le pavillon de la trompe s’applique sur l'ovaire , il en résulte un canal non interrompu de l'utérus à l'ovaire : c'est alors que la conception ou l’impregnation s'effectue.

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