‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfansChapitre 67 sur 90 · PROPOSITION XLII · texte numérisé non relu

PROPOSITION XLII

Les anaphrodites, ces êtres disgraciés, ont en général les cheveux blonds, blanchätres et peu épais; la figureimberbe; le teint pâleet décoloré; une chair molasseet sanspoils; l’odeurde la transpiration aigre ou fade; la voix claire, aiguë et perçante; les yeux tristes et mornes: la paresse et la lenteur dans les mouvemens ; les formes arrondies, les épaules étroites ; | les testicules peu volumineux, comme flétris, pen-

dans et sans fermeté; les cordons spermatiques

grêles ; le scrotum flasque., le gland ride et peu sensible. L'absence du système pileux aux parties génitales. Ainsi lapathie morale, la pusillanimité, la crainte au moindre moupément , sont autant de symptômes d'anaphrodisie et d'agénésie; et quand on les trouve tous , OU en majeure partie réunis , on peut raisonnablement conclure que l'individu qui les présente estinhabile à lx copulation et à la génération.

La femme froide et impuissante manifeste également les caractères débiles que voici : voix gréle ; parole lente ; clitoris insensible et à peine apparent ; cheveux d'un blond blafard; règles rares; pénil très-peu garni; sein àâpeine développé; auréole dé-

colorée ; bouton ou mamelon rentré et ladre.

Les jeunes hommes efféminés (1), et dont la constitution est toute lymphatique, ont des formes arrondies et non carrées comme celles qui indiquent la vigueur mâle ; des traits délicats, et non prononcés comme ceux du fier athlète.

De là la méprise, sur son sexe , des compagnons

(1) Dans les villes, que d’enfans, victimes de rapprochemens infectés, doivent le jour aux derniers ébats

d'un père épuisé!

(. 238: ) d'Achille ; lorsqu'il se cacha à la cour de Scyros sous le nom de Pyrra,

À cette époque de la vie où la nature éveille les sensations, les forces vitales n'étant pas exclusivement réservées pour les besoins du système digestif, ne conservent qu’une portion de leurs fonctions assimilatrices, et se portent vers les organes génitaux, qu'elles sensibilisent et disposent à l’œuvre merveilleuse de la génération.

SA À? Genitrix hominum, divum que voluptas Alma Venus,.....

( Lucret., de Rerum naturd.- Liber I, v.1 et 2. )

L'un vers l’autre se sent entraîné, tel est le vœu de la nature; mais, hélas! ces lois, quoique universellement reconnues , souvent sont éludées involontairement dans leur exécution par des êtres passifs et malheureux, qu'une idiosynerasie physique ou morale parvient à soustraire à une si douce obligation. Plusieurs causes produisent cette résistance aux tendres émotions du plaisir; on peut les diviser en causes physiques et en causes morales, sur lesquelles nous avons statué en retraçant dans

(ad ) plusieurs chapitres précédens, la structure de l'appareil génital chez l’homme et la femme, aprés avoir établi ensuite le rapport de ces organes essentiels à notre reproduction avec les autres systèmes; mais il faut toujours se rappeler

Qu’aimer est un besoin, que tout nous y convie (x).

Un auteur célèbre, dans son poëme didactique sur la danse, adressé | ces conseils aux nÿmphes qu'il enseigne :

«Que vos bras jusqu'à nous, toujours prêts à s'étendre . Soient autant de filets où l’oncherche:à se prendre: Marquez tous les degrés de l’amoureux débat ; L’instant de la victoire et celui du combat,

Le calme du bonheur, Le feu d’une caresse.

OA eee 0 ete ele sfare etelelole ts ee ele ol roles olelene + 21e ee» 5.0 c'e +

Comme Guimard, enfin, appelez les désirs, Et que vos pas brillans soient le vol des plaisirs.

(1) En quelque lieu que vive un homme Jascif, dit Venette, il est toujours embarrassé de son tempérament amoureux. La vertu ne peut rien où l'amour agit naturellement, et la religion même a trop peu de pouvoir sur son âme pour retenir ses premiers mouvemens, et pour vaincre sa complexion, qui lui fournit à toute heure des

objets dont son imagination est échauffée! »

De la Copulation. -

La copulation est le premier acte de la génération; il exige lé rapprochement dés deux sexes , et nécessite, chez l’homme, l'érection. « La procréation, dit M. Marc (1), est le but essentiel du mariage. Pour procréer, il faut être doué des facultés nécessaires à la procréation. Or, il ne suffit pas que les organes qui concourent à cet acte aient les formes, les proportions et les forces requises, il faut, en outre, qu'il existe entre les deux époux une certaine icorré lation de ces organes, corrélation dont la nature nous cache les lois sous un voile impénétrable. »

PROPOSITION XLVL.

Pour que la copulation soit parfaite, il faut, pour le libre exercice des fonctions € et pour entretenir le jeu des organes génitaux en particulier, qu'i “il y ait loujours un équilibre par rfait, une harmonie

constante, une corrélation réciproque entre l’é énergie

(1) Mot Coputation du nouveau Dictionnaire des

Sciences médicales.

( 455 ) du système musculaire et la susceptibilité du sysième sensitif.

Il faut encore, pour le libre et parfait accomplissement du coït, réunir certaine tranquillité d'âme à générateurs. Nous disons certaine tranquillité, parce

la validité du corps et à la validité des organes

que l'amour moral, s’unissant toujours Ou presque toujours dans l’homme à l'amour physique, il est impossible que l'excitation nerveuse de lorgane génital, que l’on peut comparer comme le sens de l'imagination, n’allume pas plus ou moins vivement cette dernière. Bien plus, il est juste de convenir que le plus souvent l'activité des organes générateurs est éveillée et mise en jeu par la seule influence de l'imagination. |

Nous ne voulons donc parler que de cette tranquillité de l’äme qui résulte de sa confiance dans les facultés ‘du corps, et de l éloignement de toutes Les autres affections étrangères , vives ou PRESS qui pourraient la distraire.

Le désir dé la copulation, acte purement physique, est provoqué par le principe sentant; cetté cause prend lé nom d’appétit ou d'instincet: c'est le besoin de satisfaire un désir. Elle n’est pas l’effét de la volonté, puisqu'elle ne peut constamment ni exciter, ni gouverner l’action.

Pour que la copulation s'achève suivant le vœu de la nature, il faut, nous le répétons,.que le corps soit en bon état, et que âme soit parfaitement tranquille sur les facultés du corps qui y sont nécessaires, et qu'elle ne soit troublée par aucune autre idée; qu’elle n'ait. ni crainte, ni inquiétude ; pas même celle d’éprouver quelque, difficulté ou quelque dérangement dans ce dont elle va être occupée. Il n’est peut-être aucune, fonction de l'économie animale qui soit dans. une dépendance, aussi étroite que celle-ci de l’état du principe intellectuel.

La raison et la volonté nuisent à la consommation de cet acte purement physique. Le..coit peut être imparfait, et ce cas a lieu par. défaut d’érection. Un marchand xénitien,; au rapport de Claudius , entrait, au contraire. en érection, et il éjaculait une liqueur spermatique épaisse et abondante, sans éprouver ni titillation,.ni plaisir.

I ne suffit pas d’avoir les signes extérieurs de la puberté, pour qu’il soit prudent de se livrer aux plaisirs de l’amour, il faut que les individus arrivent à la nubilité. |

« La puberté, continue M. Marc, chez l’homme comme chez la femme , est ce déve-

loppement matériel des organes de la génération et autres parties sympathiquement intéressées, qui, dorsqu'il à lieu, admet la possibilité de procréer. »

Les anciens donnaient le nom d’éphèbes aux jeunes gens de quatorze à quinze ans. « Ce mo: ment de la vie, dit M. Virey, (mot éphèbe du Nouv. Dict. des Sciences médicales), offre une nuance singulière dans les pensées ,-les actions et le.mode de sensibilité, qui ne s’observe: à nulle autre époque de notre existence. L'’éphèbe est tout à la fois pétularit comme l’enfant, puis timide et pudibond.comme la jeune vierge; il à la hardiesse d’un page et la tendresse. d’une fervéhte novice. C’est tantôt un charmant polisson, un folâtre chérubin , tantôt un, Hyppolite rêveur, distrait et sauvage. Il n est pas encore homme , et n’est plus enfant. Je; ne sais quels vagues désirs s’élèvenit dans ce jeune cœur; un besoin indéfinissable du bon- heur, une sourde fermentation, présage des tempêtes des passions ; des pleurs sans motif, des joies-involontaires; mille projets sans suite, des soupixs, sans but ençore : tout décèle ce tumulie secret, ce, développement inteine d’organes, source. des. plus délicieuses et des: plus funestes émotions de la vie. |

Lorsque cette période ne s’accomplit qu'inrparfaitement, lorsqu'une organisation lente et molle retarde l'élan de la puberté; Féphèbe tombe alors dans la chlorose et la langueur ; il végète pendant quelque ir dans une même apathie.

« La nubilité est l'époque dela vie: ‘humaine à laquelle l’organisation physique et les facultés moralés se trouvent en harmonié âvec ‘la puberté , de manière à ce que, sans danger pour leur propre ‘santé ; l’honime et la: femme puissent produiré et élever une espèce à la foi saine!, vigoureuselet nombreuse | Kb

La puberté chez les hommes’, ‘sans considérer la différence du climat. des dieux, des peuples, a dieu en Europede seize à dix-sept ans;'et la nubilité de vingt à vingt-un, état de parfait accroissement. Les femmesy au contraire); * ÿ sont pubères dé treize à ‘quatorze ans et nubiles de dix-sept à dix-huit (1).

(x) Veutron comparer Les organes séxuels de l'homme et de Ja femme’à ceux desindividusmäles ét fémellés dans la végétation? On trouvera que le‘tilleul femellé(se développebien plutôt: et dès que le réveil'dé la nature à été annoncé par le ‘chant de l’alouette où du merle, que

les feuilles du tilleul femelle ont déjà acquis leur gran-

(55 } « Les lois de Lycurgue s'opposaient à la précocité ‘des mariages, par intérêt pour la postérité à elles défendent aux hommes, selon M. Marc, de se marier avant l’âge de trentesept ans, et le permettent aux filles qui ont atteint celui de dix-sept.

» En effet, les animaux qui procèdent trop tôt au coit nous offrent de semblables résultats, et que les vétérinaires savent très-bien appréciér. Un étalon perd irrévocablement ses forces, si.on lui permet de sauter une jument ayant l’âge.de quatre ans, terme auquel son accroissement.est presque toujours complet; les

deur, et que celles du mâle sont à peine sorties de leurs. bourgeons. D SA

+ En général, dit le docteur Marc, la fonction génitale ne. s'opère point sans développement de chaleur parmi les animaux, et surtout elle est sollicitée par Pardeur du climat, chez les-râces à sang-froid , les crocodiles , les tortues, etc. ; 1l semble qu'il en soit de même chez les végétaux, puisque l{rum cordatum et Ÿ Arum italicum,,etc., au moment de la fécondation, développent dans leurs organes mâles.et femelles réunis sur le même spadix, une, chaleur de 20 à 30° au-dessus de. zéro de Réaumur. | | |

végétaux même ne sont pas exempts de cette

règle, et les cultivateurs sont convaincus, par expérience, qu'un jeune arbre replanté, qui donné des fruits avant que les voies de sa nutrition soient suffisamment établies, prospérera moins que celui dont la fertilité est plus tardive.

Supposons deux trop jeunes amans jetés dans les bras l’un de l’autre; la fougue de Ia passion les entraînera à des excès que rien ne pourra ärrêter , et la facilité qu'ils auront de les prolonger, les conduira bientôt à la satiété, au dégoût et à l'épuisement, causes de l’anaphrodisie.

Saint Augustin, dans la Cité de Dieu (lv. 6,

cap. 3), fait une longue énumération des dieux qui présidaient, chez les anciens, à l’union de l'homme et de là femme. Priapus Tetinus quoque dicebatur, quippe cut tendendi nerÿt eur esset; mulieresque et in velus sacrificabant'velatætogis, præteritis solebant sacrificare. Hinc: quoque Di culti plurimi ipsuus e0itus prsides: Subigus, Prema, Pertunda, Persica: Saturnus ul'semen conferret; liber et hberaut semer) emütterent, hic viris, illa fœminis; Janus, ut semint in mätricem comment januam ape riret, etc... (Meursiuss de Puerperio: sun] tagma, cap. 1. (Mot continencedu Nouv: Diet des Sciences médicales.) |

Le nord est la pépinière des hommes, offcina gentium, dit le Goth Jornandez, parce que les habitans n’y mênent pas une vié licencieuse qui nuit prodigieusement à la population , laquelle en Europe est aussi plus grande, par la même raison, dans les campagnes que dans les villes. Aussi, les gens de la campagne sont-ils moins sujets à l’anaphrodisie que ceux de la ville, qui sont, la plupart, énervés de bonne heure. Les listes des morts font voir qu’il naît plus de garçons que de filles : c’est le contraire à la ville, où le nombre des femmes est ordinairement plus grand, par suite de la

proposition ci-dessus. À la ville, les femmes : ciius pubescunt, citits senescunt.

« Les habitans du Calicut sont olivâtres, et ne peuvent prendre qu’une femme , tandis que la reine, et les dames nobles de sa suite, dit Valmont-Bomare, peuvent prendre autant de maris qu'il leur plaît, et ces arrangemens ne produisent aucune mésintelligence entre les époux. Les mères prostituent leurs filles le plus jeunes qu’elles peuvent. C’est ainsi qu’à Patane, à Bantar, et dans les petits royaumes de Guinée, dit M. Smith, quand les femmes y rencontrent un homme, elles le saisissent, et menacent de le dénoncer à leur mari, s'il les”

( 238 ) méprise. Dans ce pays, le physique de l'amour a presque une force invincible, l’attaque y esi sûre , et la résistance nulle.

Les Maldivoises, olivâtres ou blanches, par cohabitation avec les Européens, sont extrême ment débauchées. Jouir toujours, changer d’amours, voilà leur devise chérie. Les talens et les vertus de ces femmes lubriques consistent à jouir à chaque instant; et, pour s’y exciter et mieux seconder la nature, elles mangent à tous momens du bétel et beaucoup d'épices à leurs repas (1):

« Les Egyptiens, quoique voisins des Arabes, et soumis comme eux à la domination des Turcs, ont cependant des coutumes fort differentes des Arabes. Par exemple, dans toutes les villes et villages, le long du Nil, on trouve des filles destinées aux plaisirs des voyageurs , sans qu’ils soient obligés de les payer : les gens riches de ces contrées se font, en mourant, un devoir de piété de fonder des maisons d’hos-

(x) Certains individus éprouvent, après le repas, un besoin irrésistible du coït, annoncé par un prurit aux parties sexuelles, parce que ces organes sont pressés par les viscères abdominaux, et qu'il y a engorgement dans

. les vaisseaux spermatiques. »

( 299.) pitalité, et de les peupler de jeunes et belles filles, qu'ils font acheter dans ces vues charitables; des messagers de galanterie conduisent les voyageurs au temple, où Les jeunes prêtres-

ses font si volontairement leurs stations, con-.

formement aux vues du testateur : on n’y admet que les plus enjouées, celles qui paraissent être les mieux vouées au mystère, celles qui respirespirent la volupté la plus séduisante, celles dont la taille est dégagée et terminée par les plus belles hanches et les plus belles chutes de reins qu'il soit possible de voir... N’en disons pas davantage, la pudeur pourrait en être alarmée..... Jalouses les unes des autres sur la préférence , il y à peu d’union entre elles : elles n'en veulent point à la bourse du voyageur; leur intention est de l’attendrir, de le rendre sensible à leurs charmes, en un mot, de lui procurer et de partager les avantages de la jouissance. Telest le double intérêt d’un service important et public; mais il faut s’en méfier à bien des égards : filles d’Bve , plus curieuses que faibles d'esprit, elles veulent se perdre , comme elle, pour tout savoir (1).

(1) Valmont-Bomare, au mot Æomme de son Dict. raison. d'hist. nat.

La danse, le jour des noces , a été imaginée pour disposer les nouveaux mariés à la concéption. « En effet, dit Venette, cet ekercice dilate, excite les parties amoureuses, dessèche les superfluités , et les enflamme au point de leur fournir des désirs nécessaires pour là Copulation. »

On croit communément que, dans ce cas, si un homme se retire à sec après avoir Joui d’une femme, elle a éonçu, ayant absorbé le liquide fécondant.

On croit aussi généralementque, dans l'espoir de procréer, l’homme, au moment de l’éjaculation, doitseretenir un instant pour lancer ensuite avec force la liqueur fécondante. Ilreste à prouver maintenant le rapport qui existe entre les pères et mères et leurs enfans. « Peu nous importe, dit M. Marc, ( mot Copulation, du nouv. Dict. dés scienc. médic.), de quelle manière le sperme viril féconde, il est constant que les parens et les enfans, que surtout la mère et la fille, le pere et le fils, se ressemblent plus ou moins. Gette ressemblance , qui ressort davantage avec l’âge ; ne se borne pas seulement aux traits de la face et aux manières dont ils expriment les différens mouvemens de l’âme, elle se retrouve souvent dans la marche, dans les gestes, dans les diffé-

( 241) rentes attitudes du corps, sans qu'on puisse l’attribuer toujours à limitation , puisqu'elle s’observe aussi sur des individus qui n’ont pas été élevés sous le toit paternel a:

Quoiqu'il soit difficile de déterminer lequel des deux époux influence le plus dans la procréation de l’un et l’autre sexe, Cependant il est notoire qu’un homme bien constitué, associé à une femine de moyenne complexion, aura le plus souvent des garçons qui tiendront de lui leur stature et leurs proportions physiques. Je connais un père de famille de ce genre, à figure expressive, qui a eu six enfans mâles , et n'ayant

aucune ressemblance avec leur mère ; Mais qui

(1) On voit cependant souvent, par un croisement, les filles ressembler à leur père, et les fils à leur mére. En remontant à l'influence de la sympathie, et au pouvoir de l'imagination, cet effet ne serait-il pas une suite d’une affection plus prononcée, dans le premier cas, de la mère qui idolâtre son époux, et a ses traits présens pendant le moment décisif, où tout est amour, é£ Vice versd ?... On a même de ces exemples d’une génération à une autre plus éloignée. Je vois tous les jours un jeune homme qui n’a aucun trait des parens qui lui ont donné le jour, mais dont la figure est le portrait vivant de son aïeule. |

Page 1