PROPOSITION IX
L'impuissance est directe, lorsqu'elle résulte de La frigidité du tempérament, de la faiblesse générale de l’économie, ou de l'inertie particulière des organes génitaux.
On en voit des exemples dans les courtisanes de profession, blasées sur un plaisir qu'elles ne parviennent à goùter que très-rarement.
L'indifférence peut produire le même résultat. Nous avons connu une dame d’un caractère phlegmatique porté à l'excès, et impuissante par frigidité, c'est-àdire par absence des sensations. Très-fortement constituée, et mariée trois fois sans donner des preuves de fécondité, elle voyait d'un œil sec enlever les corps des époux que la mort lui avait ravis, et disposait ellemême le cortège, avec un ordre symétrique, sans la moindre émotion, etavec le sang-froid le plus imperturbabie. On lui annonça l'incendie d'une de ses fermes ; elle se contenta de dire gravement : « C’est fort singu-
her : mais c'est un malheur qui peut arriver à tout le
( 314) monde. » Cet optimisme manifeste un défaut d'énergie au physique et au moral, qui prive l'individu de toute sensation , et le rend, par conséquent, inapte aux plaisirs de l'amour.
Le Nouveau Journal de Paris, du 1er novembre 1829, donne l'histoire d'une fille déhontée et criminelle, d'une constitution tout-à-fait opposée. Marie Gombert de Tourvas (Var), accusée d’avoir fait périr dans la cendre cinq des onze enfans dont elle était accouchée, disait avec effronterie à une de ses voisines : « Si vous étiez aussi fertile que moi, la vue seule des
vêtemens d'un homme vous rendrait enceinte ! »