PS
L’atteinte portée au droit de propriété se justifie donc par cela même qu'il est impossible pour faire œuvré utile de recourir aux règles générales. C’est ce qui arrive lorsque le travail public tend à un accroissement de richesse, à une plus grande facilité de relations, à l'augmentation du bien-être général, par exemple, par la création de routes, de chemins de fer, de canaux, de ports, etc.
Mais le principe de l’expropriation étant admis, il faut avouer que souvent nous nous trouvons en contradiction avec la b c de la doctrine économique : € Beaucoup produire, beaucoup consommer. »
Il est, en effet, certains grands travaux d'utilité publique qui sont éminemment improducüfs, tels les travaux de défense et de fortification, forteresses, casernes, etc. Eh bien, l’on doit admettre que, lorsque les intérêts politiques du pays sont en désaccord avec les intérêts économiques, partout et toujours, lindépendance, et peut-être le salut de la Patrie doivent passer avant le producteur et le consommateur.
De même lorsque le travail aura un but moral ou intellectuel : construction d’églises, d'écoles. Pourquoi? parce que le développement de la richesse n'est pas toute la civilisation et qu'un grand peuple doit à la civilisation la satisfaction de ses besoins moraux et intellectuels. Le tout est de trouver la mesure.
D'ailleurs ces travaux sont-ils si improductifs que nous le disions tout à l'heure? Nous ne le croyons pas.
L'invention est en effet la première condition de toute production perfectionnée et Tocqueville n’a-t-1l pas dit : « Si les hommes parvenaient jamais à se contenter des biens matériels, il est à croire qu’ils perdraient peu à peu lart de les produire? »
D'autre part, si telle entreprise ne rapporte rien à l'État considéré comme particulier, ne doit-on point regarder l'augmentation de richesse qui en est résultée pour la société? L'État d’ailleurs y trouvera son bénéfice dans un meilleur rendement des impôts.