RADIOGRAPHIE
Bien que rentrant davantage dans la pratique médi- :
cale, la radiographie peut être regardée comme une branche annexe de la pharmacie. Nos confrères peuvent augmenter facilement leur laboratoire d’un compartiment radiographique et trouver là une utilisation de leurs connaissances et de leur activité.
En face des progrès nombreux réalisés en chimie, en médecine, en thérapeutique, l'exercice de la pharmacie devient de plus en plus difficile. Comme toutes les branches, de l’activité humaine, la pharmacie subit
l’évolution fatale de la spécialisation. Cette situation
faisait dire. à Moureu, dans son rapport sur l'Exposition de Liège de 1905 :
« En dehors de quelques médicaments galéniques particulièrement simples, tels que les teintures et les sirops, le pharmacien est aujourd’hui dans l’impossibilité matérielle de préparer lui-même la majeure partie
des produits pharmaceutiques. La plupart des substances en effet, ne peuvent être obtenues à l’état de pureté que si on les manipule en grande quantité et, d'autre part, l'industrie seule est capable de les fabriquer dans de bonnes conditions économiques.
Il en est résulté une spécialisation à outrance. Des pharmaciens industriels isolément ou réunis en société, fabriquent sur une grande échelle un ou plusieurs médicaments pour les livrer à leurs confrères les Dai maciens tenant officine. »
L'évolution a que nous venons d’esquisser rapidement s’est surtout portée vers la chimie ; le pharmacien ne peut fabriquer ses produits chimiques, il peut juste les contrôler. De là, il résulte que l’industrie chimique pharmaceutique s’est considérablement développée pour répondre aux besoins toujours plus nombreux d’une clientèle qui veut d’autant moins souffrir que sa civilisation est plus raffinée et que la vulgarisation de la médecine lui fait connaître de nombreux remèdes aux multiples misères DROIOSQUES qui accompagnent son existence.
Nous allons l’étudier dans les chapitres qui suivent.
Nous avons vu la création de celle-ci dans le chapitre précédent, ici nous en suivrons les progrès et en étudierons l'importance.
Situation commerciale.
Nous avons puisé nos renseignements dans les rapports publiés sur les Expositions universelles qui ont eu lieu depuis cinquante ans et qui marquent les étapes du progrès par une sorte de consécration officielle.
MM. Ferrand en 1878, Riche en 1889, Haller en 1900, ont été rapporteurs de la classe 87 — Produits Chimiques — et ont écrit sur ce sujet des rapports remarquables.
Depuis la dernière Exposition universelle de Paris, nous suivons la marche ascendante des industries pharmaceutiques à Liège en 1905 (rapport de Ch. Moureu), à Bruxelles en 1910, Rapport de Trillat, à Turin en 1911. A cette exposition, l'Industrie pharmaceutique constitue une classe à part, la classe 121. Elle se trouve séparée de la classe 87 dans laquelle elle était toujours comprise ; nous trouvons donc deux rapports: celui de M. Pointet, sur les produits chimiques proprement dits touchant la grosse et la petite industrie, classe 87, et celui de M. Valeur, ne s’occupant que de la Pharmacie, classe 121.
Outre ces rapports, pour établir les statistiques qui vont suivre, nous avons eu recours aux documents de l'Office National du Commerce extérieur, 1, rue Feydeau, à Paris, où toutes facilités nous ont été accordées pour faire notre travail ; nous en remercions la direction et Mlle Hoetzel, du Service de la Statistique.
. Le tableau général du Commerce et de la Navigation, établi par l'administration des Douanes, n’ayant pas été publié depuis 1914, nous avons trouvé au bureau
ESS à ee
de la statistique, en M. Coulombel, une aide bienveil- Jante qui nous a permis d’avoir de précieux renseignements sur les années de la guerre et surtout le détail des produits intéressant la pharmacie, compris en bloc sous la dénomiuation de « Produits chimiques non dénommés », portés aux numéros 774-775-776 et 777 du tableau.
Après avoir vu l'importance commerciale prise dans le monde par l’industrie pharmaceutique et surtout en Europe, nous rechercherons les raisons de la prépondérance allemande, les causes de notre infériorité et nous nous efforcerops d’en retirer des indications sur les meilleurs moyens d'améliorer notre situation ; la fin heureuse de la guerre allant permettre aux énergies scientifiques et commerciales de reprendre la lutte pacifique.
Au lieu de prendre les évaluations globales d’importation et d'exportation pour chaque produit, nous suivrons celui-ci dans chaque pays d’origine ou de destination afin de faire ressortir quels sont les producteurs, les consommateurs et faciliter ainsi la recherche des moyens d'améliorer notre position nationale.
Aux produits industriels nous joindrons certaines matières premières nécessaires à leur fabrication ou d’une grosse utilisation pharmaceutique ; nous suivrons l’ordre alphabétique, sans nous occuper s'ils ressortent du groupe matières premières ou matières ouvrées, d’origine animale ou végétale. Pour chacun nous indiquerons le numéro correspondant au tableau général du Commerce et de la Navigation ce qui permettra à l'intéressé de puiser à cette source tous renseignements complémentaires. En regard du commerce français, nous mettrons le commerce allemand avec indication du numéro sous lequel est inscrit chaque produit dans le Monattiche Nachweise uber dur Auswarliger handel Deutschlands, publication officielle des statistiques allemandes.
Avant d'entrer dans le détail, nous allons citer quelques chiffres de la production chimique allemande puisés au hasard des publications :
Pour 1906 (!). — Fabrication de Produits chimiques : 1 milliard 600 millions de francs, dont 700 millions allant à l'exportation.
(4) Jules Hurer. Rhin et Westphalie, page 107.
SERA Eat
Cette production est assurée par 9.000 usines occupant 200.000 ouvriers, touchant 260 millions de salaires. - Pour 1913 (1). — Production : 1 milliard 750 millions de francs pour 9.147 firmes représentant un capital de 1 milliard 145 millions et occupant environ 250.000 ouvriers et 50.000 employés.
Exportation :
353 millions de produits chimiques et drogues 290 — produits électrochimiques.
250 — couleurs d’aniline.
99 — indigo.
266 — sucre.
au total 1.214 millions, soit les 2/3 de la production.
Pour la même année, nous trouvons au Commercè général franco-allemand :
Exportations de France en Allemagne : 866 millions 766.000 francs. |
Importations d'Allemagne en France : 1 milliard . 68 millions 800.000 francs,
soit une différence de 202 millions 034.000 francs au profit de l’Allemagne.
Dans ce total, nous exportons pour 60 millions 440.000 francs de produits chimiques, et nous en importons pour 95 millions 541.000 francs, soit pour 35 millions 101.000 francs de plus.
Au Iahrbuch et au tableau général du Commerce et de la navigation, nous trouvons pour 1912 (©) :