GROSSE INDUSTRIE CHIMIQUE
Celle-ci a suivi le mouvement de la métallurgie pour satisfaire aux besoins énormes de la guerre.
La pénurie de charbon a porté les constructeurs à utiliser la houille blanche et à s'installer dans les vallées des Alpes et des Pyrénées. Ces contrées sont révolutionnées. Du petit élevage elles passent à une industrie intense ; le montagnard devient ouvrier d'usine. De pauvres qu'elles étaient, ces régions passeront à la richesse industrielle grâce à leurs cascades perpétuelles et à leurs beaux lacs que des ingénieurs transformeront en source d'énergie continue.
Les banques ne pouvant plus travailler à l'étranger avec l'argent français le drainent vers l’industrie chi-
ET ve
mique. Le rentier est attiré par le gros rendement des industries travaillant pour la guerre. On forme de grosses sociétés financières : La Compagnie nationale des Matières colorantes, au capital de 40 millions, l'énergie électrique du Sud-Ouest de la France au capital de 30 millions, la compagnie Archimed au capital de 20 millions (!), Poulenc double le sien et le porte de 6 à 12.
On construit de tous côtés des usines pour la fabrication synthétique de l’acide azotique pour la nitration du coton ; il est créé 7 usines pour faire le chlore par électrolyse (voir pages 80 et 81) cette industrie donne en plus la soude et l'hydrogène ;
En Tunisie, l'Etat organise la fabrication du brôme.
Les nécessités actuelles obligent à un effort inouï et provoquent les initiatives et les découvertes ; la guerre aura brusqué le développement de la chimie industrielle en France.
Le blocus continental avait donné la soude Leblanc et le sucre de betteraves ; le blocus de l’Allemagne aura développé l’industrie nitrique, peut-être amené le remplacement du coton par la cellulose de bois dans la fabrication des explosifs et très probablement l’extraction de l'acide sulfurique du plâtre.
En ce qui concerne la pharmacie, nous suivrons le développement des usines travaillant pour elle dans la monographie que nous ferons de chacune d'elles.