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SUPRÉMATIE DE L'INDUSTRIE CHIMIQUE ALLEMANDE

(Ses Causes)

L'examen des statistiques et la comparaison des usines de produits chimiques pharmaceutiques font ressortir l'avance prise, dans cette industrie, par deux nations, l’Allemagne et la France, la première distançant de loin la seconde.

Cette constatation faite déjà par Riche en 1889 et attribuée par lui à la question de l’alcool, s’est brutalement imposée au public en 1900 à l'Exposition Universelle de Paris par l’importance, la variété et la présen- . tation des produits exposés par la collectivité de l’Industrie chimique de l’Allemagne.

Avec Riche, Haller, avait déjà montré la situation dans son rapport sur l'Exposition Universelle de Chicago de 1893. Il a repris la qüestion dans son rapport magistral sur l'Exposition de 1900 et la préface de ce travail constitue en même temps qu’une critique sévère du passé tout un programme pour l'avenir.

Le cri d'alarme a été répété depuis en de nombreuses circonstances, par des personnalités autorisées, françaises et anglaises, par des écrivains et malgré ces avertissements nombreux notre position respective ne s'était pas modifiée avant la guerre. Ce n’est pas que nous, soyons restés stationnaires, nous avons progressé mais pas dans la même proportion que les Allemands et la distance qui nous sépare d’eux s’est encore accrue.

La chimie organique s’est développée beaucoup plus que là chimie minérale : la prospérité de la chimie pharmaceutique est liée intimement au développement de l’industrie organique en général et des matières colorantes en particulier. En effet, les matières premières employées dans les deux branches comme point de départ sont les mêmes, les réactions sont identiques ; les usines de matières colorantes font presque toutes des

produits pharmaceutiques, des parfums synthétiques, des produits photographiques.

Les usines ne faisant pas de colorants mais des médicaments font aussi des parfums et vice versa (Usines du Rhône, de Laire, etc...)

La supériorité allemande en produits pharmaceutiques tient donc à des raisons d'ordre général qui sont les mêmes pour toute l’industrie organique et à des causes particulières spéciales à la pharmacie et à la médecine. <

Nous citerons l’opinion des différents rapporteurs des expositions qui se sont succédés depuis 1889 et des publicistes qui se sont intéressés à la question : la guerre l’a remise au premier plan, nous verrons les diseussions auxquelles elle a donné lieu, les projets établis, les efforts réalisés, ce qu'il reste à faire, comment on peut en envisager la réalisation et la part qu'y doit prendre la pharmacie.

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