‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 149 sur 238 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

embarqués à Marseille qu’après avoir été jugés de bonne qualité par trois anciens fabricans.

La chambre d’Elbeuf écrit le 27 décembre 1806, les lettres patentes du 4 juin 1780, laissaient la liberté de marquer ou de ne pas marquer les étoffes. Les draps quon faisoit marquer êtoient fabriqués d’après les règlemens ; la marque consistoit dans des lisières rubanées à trois couleurs , tandis que les couleurs de ceux non réglementés ètoient placées fil à fil sous le nom de lisières à mille rayes. Alors , dit-elle, l’ exécution d’un pareil règlement étoit bien plus facile qu aujourd’hui , parce que les tissus étoient moins variés en qualité qu aujourd’hui , que toutes les fabriques d’un même arrondissement faisoient les mêmes qualités , employaient les mêmes matières et les mêmes combinaisons. Cependant il arriva que les manufactures les plus recommandablespar leur réputation, ne travaillèrent qu’en lisières à mille rayes ( fabrication libre), pour éviter les inspecteurs et les visites , sans néanmoins altérer leurs qualités , et leurs produits furent toujours préférés à ceux des fabricans qui ètoient réglementés : bientôt ce régime fut abandonné.

288 DE l’industrie FRANÇOISE.

La chambre repousse l’idée du rétablissement du régime réglementaire ; elle dit qu’il ne porteroit que du désordre dans leur fabrique sans produire aucun bien.

Avant 1790, ajoute-t-elle , toutes les fabriques d’ Elbeuf faisoient la même qualité de drap : leurs matières étoient la laine d'Espagne y première et seconde qualité ; les draps d' Elbeuf étoient réputés comme étoffe de bon usé et d’un prix uniforme.

Aujourd’hui tout a changé : les nombreuses manufactures de la Belgique ont introduit une concurrence redoutable , tant par l’extrême quantité que par la variété et le bas prix des draps qu elles fournissent ; le goût du public pour de nouvelles couleurs , la légèreté des draps qui a permis d’en abaisser le prix , la mode des habillemens simples qui permet de renouveler souvent, et qui, conséquemment, exige moins de solidité dans l’étoffe , l’aisance du paysan qui lui a permis de s’habiller avec des draps moins grossiers , tout cela a fait abandonner les anciens principes de fabrication , et on a introduit une telle variété dans la fabrique , qu’on trouve à Elbeuf des draps depuis 10 fr. jusqu’à 3o fr. le mètre dans toutes les couleurs. Si on en fait de plus

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