CHAPITRE II. l3y
celin, Cremieu , Mens , Bourg-d’Oisans , etc. , en fabriquent une énorme quantité. Les seules villes de Yoiron , Mens et Bourgd’Oisans avoient :
En 1789, 3,209 métiers, 1 3,84 1 ouvriers, et fabriquoient i8,5oo pièces, de 80 mètres de long sur 1 mètre 20 centimètres de large.
En 1800, 3,3o8 métiers, i4,4ib ouvriers, et 19,400 pièces.
En 1812, 3,609 métiers, 16,980 ouvriers, et fabriquoient 24,3 10 pièces dans les mêmes dimensions.
Ces toiles se vendent depuis 2 fr. le mètre jusqu’à 6 fr. ; ce qui, à raison de 3 fr. terme moyen, a produit, en 1812, une valeur de
5,834,4°o fr.
On fait encore beaucoup de toiles de lin et de chanvre , en Bretagne : à Quentin , il y avoit en 1812,600 métiers qui ont donné 10,1 16 pièces de lin , longues de 21 mètres sur 95 centimètres de largeur , et 4,800 de plus petites dimensions.
Aux environs de Rennes, à Saint-Brieux , Dinan, Vitré, Saint-Malo, Léon, on fait des toiles à voiles , des toiles pour emballage, des toiles rayées communes, etc. Les toiles
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à voiles se fabriquent encore à Yoiron , à Agen, à Mont-de-Marsan, à Marseille, à Strasbourg, etc.
La manufacture des toiles de la Mayenne est une des plus considérables que possède la France : ces toiles sont distinguées dans le commerce sous le nom de toiles de Laval , attendu que cette ville est le principal centre de fabrication ; elle occupe dans son sein ou dans les environs, 3 à 4000 métiers , emploie 26 à 3o,ooo ouvriers , et fabrique près de 1 5,ooo pièces de i3o mètres de long, dont le prix moyen est de 4 fr. le mètre. Mayenne et Château - Gontier, qui forment les deux manufactures les plus importantes après Laval, fournissent environ 12,000 pièces par an. Ces 27,000 pièces représentent une valeur de 14,040,000 fr.
Une grande partie des toiles de Laval étoit exportée à l’étranger.
La fabrique de Lille est très-importante par le nombre d’ouvriers qu’elle occupe et l’emploi avantageux du chanvre que l’on récolte dans le département. Cette manufacture, qui se borne en général aux toiles de ménage et aux toiles pour matelas , avoit pris une grande extension dans ces
derniers temps : elle*employoit en 1812, 52,i 5o ouvriers, et fournissoit 89,4^0 pièces, tandis qu’en 1800 , elle n’occupoit que 26,000 ouvriers, et produisoit 44?IO° pièces.
Outre ces fabriques , la France possède encore des manufactures bien intéressantes de toilerie : celles du Béarn et de Chollet sont de ce nombre ; on y fait une quantité énorme de mouchoirs de fil, dont les qualités varient à l’infini , et dont l’exportation étoit jadis très - considérable. Les prix en sont si modérés qu’on y trouve de petits mouchoirs à 6 fr. la douzaine.
Pour évaluer les produits de l’industrie qui s’exerce sur le lin et le chanvre, il importe d’abord de savoir quelle est la valeur de la matière première tant indigène qu’importée.
L’état moyen de nos récoltes nous présente une valeur annuelle en chanvre de 3o, 94 1,840 fr.
L’importation du chanvre et du fil étrangers , déduction faite du fil que nous exportons, est un objet de 4>757,i63 fr.
Ces deux sommes réunies forment une valeur de 35,699,003 fr.
Comme tout le chanvre n’est pas de la
ï4o DE l’industrie FRANÇOISE, même qualité et que^, pour l’approprier aux divers ouvrages , il ne faut pas le préparer avec le même soin ; comme, d’ailleurs, un quart est employé à faire des cordages , un tiers à fabriquer des toiles fines, des fils et des étoffes mélangées , et le surplus à faire de grosses toiles et fils de caret , la valeur que donne la fabrication est trèsdifférente. Si on l’emploie à des cordages, l’industrie n’augmente guère sa valeur que de deux cinquièmes; mais, dans tous les autres usages , le peignage et la filature triplent la valeur du chanvre , par le déchet qu’ils occasionnent et la main d’œuvre qu’ils nécessitent ; le tissage y ajoute encore un tiers : lorsqu’on l’emploie à fabriquer des toiles fines , les opérations font plus que tripler le prix de la matière première: de sorte qu’en y comprenant le blanchiment , on peut poser en principe que l’industrie qui s’exerce sur le chanvre, donne une valeur triple à ce produit de l’agriculture.
Ainsi, 35,699,003 fr. de chanvre en branche, représentent 107,097,009 en objets manufacturés.
Il n’en est pas de même du lin ; l’industrie