‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 126 sur 203 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

des étoffes , et je pense comme eux à cet égard. J'ai déjà parlé des garanties qu'on peut donner pour les couleurs , et , dans l'un des Chapitres qui suivent, je m'occuperai de presque tous les genres d'industrie qui en réclament.

Nous pourrions ajouter à tous les vices que les manufacturiers font retomber sur les règlemens , que leur rigoureuse observation étoit souvent impraticable; car, pour obtenir une fabrication dont les produits soient uniformes et invari^les dans la quar lité, il ne suffitpas.de fixer l'espèce de laine qu'il faut employer, le nombre de fils que doit avoir la chaîne, la largeur qu'on doit donner au drap , etc. ; il faudroit encore déterminer la finesse des fils, la vérifier dans toute la longueur, s'assurer que tous ont reçu la même torsion , attendu que des fils plus gros remplissent davantage, que les fils plus tordus lainent plus lentement, qu^une chaîne fine rentre plus vite au foulon , et que la laine se tire tantôt plus , tantôt moins, suivant la couleur, la saison , la qualité , etc.

Si la chaîne est trop lourde et la trame

trop torse , il eist impossible au foulon de

JOaire rentrer le drap à la largeur déterminée

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par le règlement : à Elbeuf , on a vu coupi plusieurs pouces de l'étoffe pour donner la laize prescrite.

Si la chaîne est trop légère, le drap se foule trop vite , alors le fabricant est oblige de le forcer à la rame pour le réduire à ia largeur qu'il devroit avoir; et, dans ce cas, la moindre humidité le fait rentrer.

Il seroit impossible aujourd'hui de déterminer la qualité des laines ; l' introduction des mérinos, et le croisement des races les ont variées à l'iafini.

Le degré d'habileté des ouvriers , depuis le fileur jusqu'à l'apprèteur , apporte encore des modifications innombrables.

Ainsi , un fabricant de bonne foi ne peut pas maîtriser toutes ses opérations au point d'avoir constamment un résultat uniforme:

les règlemens son tdonc inutiles et vexatoires.

Mais les manufacturiers ne sont pas les seuls qui se prononcent contre les règlemens de fabrication : l'opinion publique est assez connue à ce sujet ; et les progrès étonnans qu'a faits notre industrie, depuis qu'elle a été affranchie des règlemens, forment la meilleure réponse qu'on puisse donneràcem qui sont partisans du régime réglementaire^

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