‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 130 sur 203 · CHAPITRE VI. 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 3o

L'apprenti étoit tenu de payer les droits de cire , de chapelle , de bien venue , de gardes Jurés ^ du clerc de la communauté, etc. Il étoit soumis, pendant toute la durée de l'apprentissage, à une redevance annuelle. Ces frais fermoient la carrière aux jeunes gens sans fortune ; ils les condamnoient à ne pouvoir exercer aucune profession pour leur compte et à remplir toute leur vie des fonctions subalternes chez des maîtres.

Ces abus ne peuvent plus se reproduire :

le puissant intérêt des mœurs et celui de l'industrie veulent qu'on rende faciles les abords de toutes les professions , et le gouvernement ne doit exiger qu'un contrat d'apprentissage , pour donner toute la protection nécessaire à l'exécution.

Mais pour former de bons ouvriers et d'habiles chefs d'ateliers , il ne suffit pas toujours des leçons d'un maître consommé dans son art, il faut encore des dispositions de la part jie l'élève, et surtout une instruction préliminaire qui hâte ses progrès : un jeune homme qui, jusqu'à l'âge de quinze à seize ans, a été livré à l'inaction ou au vagabondage, contracte difficilement l'habitude du travail et manque d'émulation :

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à coup sûr on pourra faire de cet homme une macliine uitle, mais on ne parviendra pas à en faire un artiste.

Je sais que d;ins la longue série d'opérations que nous présente chaque genre d'industrie, il en est plusieurs qui n'exigent qu'un peu d'Iiabitude et le seul emploi des forces physiques ; mais !a nature y a pourvu , et quelques soins qu'on prenne pour développer les talens, il restera toujours assez de bras pour exécuter ces opérations grossières. 11 n'en est pas moins vrai que si l'apprenlissagen'estpas précédé d'une éducation première, dont les principes s'appliquent à tons les arts , on peut laisser croupir dans la dernière classe une foule d'individus dont les talens auroient enrichi l'industrie si on avoit pu les conaoîtreel les cultiver de bonne heure.

Cette éducation première pourroitse bop ner à apprendre à lire et à écrire , à cotiuoître les principales règles de l'arithmétique, et à étudier le dessin linéaire : les premières années seroient consacrées à suivre le.s écoles où l'instraction est donnée par la méthode nouvellement établie de l'enseigne- '"""' mutuel; quant à ce qui regarde le des-

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sin linéaire, on pourroit former dans chaque ville une ou plusieurs écoles publiques dans lesquelles la jeunesse seroit reçue dés l'âge de dix ans.

L'étude du dessin me paroîtdu plus grand intérétpoufrle progrès des arts : dans chaque métier on est tenu d'exécuter des formes ou des figures, dont il importe de connoître le nom et les proportions; l'étude du dessin peut seule les rendre familières aux artistes : on peut sans doute parvenir aux mêmes résultats avec le secours de Téquerre , du compas et autres instrumens en usage; mais quelle dift'érence entre l'homme dont l'œil et la main sont exercés , et celui qui n'est guidé , dans son travail, que par des machines ! l'un se rend compte à lui- même d'avance, et peut soumettre ses projets , avant l'exécution, soit au propriétaire qui ordonne le travail, soit à l'homme instruit qui peut l'éclairer de ses conseils, tandis que l'autre ne peut juger que lorsque l'opération est consommée. Tout le monde sait ce que peut l'étude du dessin pour perfectionner nos organes ; on leur donne une précision presque égale à celle des instrumens : cette précision appliquée aux arts y en rendra les

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