CHAPITRE IX
Avant que Saint-Louis s'occupât de prescrire des règlemens, il existoit des officiers chargés de la surveillance des arts : celui du commerce et des manufactures portoit le titre de roi des merciers; chaque art avoit son surveillant qui prenoit le nom de l'art dont la surveillance lui étoit confiée, et l'on conïioissoit le roi des arpenteurs y le roi des violons , etc.
Ces officiers étoient spécialement chargés de faire exécuter les règlemens émanés de l'autorité , et d'exercer la police sur les corporations. Le roi des merciers ^ dit Savary, donnoit les brevets d'apprentissage , les lettres de maîtrise y etc. ; ce quil nefaisoitpas gratuitement , se faisant payer de grands droits pour leur expédition ; il en tiroit aussi de considérables des visites qui se faisoient de son ordonnance j et par les officiers pour les poids et mesures, et pour V examen de la bonne et mauvaise qualité des marchandises et ouvrages.
Saint -Louis établit des espèces de confréries , dans lesquelles les ouvriers les plus distingués avoient inspection sur les plus jeunes et les moins habiles; il voulut que
33o DF. l'iNDUSTHIE FIl,VHÇOISF.
ceux qtii doivent exercer un art fussent tenus de travailler quelque temps sous les yeux des maîtres , et fissent preuve de connoissances avant d'être admis à travailler pour leur compte : cette juridiction ne fut d'abord établie que dans les villes royales où les rois éloieut en possession du droit de police; mais les seigneurs châtelains ne tardèrent pas à suivre cet exemple, et il»
établirent des corps de métiers dans leurs villes et seigneuries.
La grande police étoit néanmoins réservée au roi, et il fut créé un office de grand chambrier de France, auquel on donna la haute inspection des arts et manufactures.
Ce fut sous le règne de Henri III que parut l'édit de décembre i58i, qui établit tous les marchands et artisans en corps de jurandes et maîtrises.
Un second édit^de i583, déclara que la permission d'exercer un métier étoit un droit de la couronne; en conséquence on prescrivit des formes pour être admis à travailler; on fixa le temps des apprentissages, on détermina l'espèce de chef-d'œuvre qu'il falloit exécuter pour être reçu compagnon et