‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 147 sur 203 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

faites : du moment qu'il entroit dans le corps, il s'engageoit à fournir son contingent pour toutes les dépenses , et ces dépenses étoient énormes , car elles ne se bornoient point aux frais de bureau, aux étrennes, aux salaires des jurés et des syndics , aux intérêts payés par la confrérie pour les emprunts qu'elle avoit faits , etc.; il n'y avoit pas de communauté qui n'eût constamment des procès avec des particuliers ou avec d'autres corps. En divisant à l'infini les professions pour augmenter les resources du trésor, le gouvernement avoit donné lieu à une foule de contestations qui étoient portées devant les tribunaux : la démarcation entre le fripier et le tailleur, le cordonnier et le savetier, le libraire et le bouquiniste, n'étoit pas assez prononcée pour qu'il ne s'élevât pas entre ces corps des disputes interminables; aussi les procès entre les fripiers et les tailleurs ont-ils duré deux siècles et demi. Chaque corps avoit un conseil d'avocats et des députés auprès de tous les tribunaux. En dernière analyse , c'étoit le consommateur qui payoit tout cela ; c'est ce qui faisoit dire à Forbonnais , que le prix élevé des produits de notre industrie avoit fini par faire croire

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que les François n'étoient pas nés pour le commerce.

Il est arrivé souvent que, lorsque les communautés étoient tellement obérée qu'elles ne pouvoient plus fournir aux dépenses , on étoit forcé de s'écarter des statuts; et l'on a vu , en 1759, autoriser les limonadiers de Paris à multiplier les réceptions , à tel point qu'elles produisirenl i84i000 ^'^- ^" trois années.

u". Non-seulement l'existence des corporations tendoit à élever le prix des objets fabriqués, mais elle arrêtoit nécessaîremetil les progrès de l'industrie : la concurren« est le mobile le plus actif et le plus puissant qu'on connoisse pour exciter l'émulation ; la fortune de l'ouvrier dépend essentiellement du plus bas prix auquel il peut livrer des produits de même qualité qtie ceux de ses concurreus; son amour-propre et son intérêt le portent donc toujours à faire mieux; ainsi la réputation et les profits s'éhtblissent d'après le talent; et la marche de l'industrie ne s'accélère que par les efforts du génie des artistes ; mais tous ces ressorti, qui sont nécessaires aux progrès de l'iD^ slrie, ne peuvent être mis en activité qoe

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