CHA.PITRE XVI
les nations, en raison des besoins; mais on s'est jeté imprudemment hors de la ligne qu'avoit tracée, pour chaque peuple, le régulateur suprême de nos destinées ; on n'a plus consulté la différence de position, la nature du sol , le caractère des habitans , la ' variété des climats, etc. ; on a voulu tout concentrer, tout fabriquer sur chaque point du globe.
Comme les principes immuables de la nature ne se plient point aux caprices des hommes, on n'a pas tardé à s'apercevoir qu'on s'étoit ouvert une fausse route ; on a eu à vaincre toutes les difficultés auxquelles on ne peut échapper en se plaçant dans une fausse position ; et pour conserver l'industrie qu'on venoit de créer , il a fallu recourir à des moyens extrêmes , et prononcer la prohibition des produits étrangers.
Nous venons de parler de l'état forcé dans lequel s'est constituée l'Europe; l'Angleterre a donné l'exemple, et elle a entraîné presque toutes les nations : aujourd'hui nous sommes obligés d'imiter la conduite de nos voisins. C'est peut-être le seul moyen que puisse employer une grande nation , forte de son industrie et de son agriculture.
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et la plus indépendante par ses ressources, pour ramener les peuples aux vrais principes. Osons croire que ce retour si désirable n'est point éloigné, et, en attendant, ne prohibons les produits étrangers qu'autant qu'on repoussera ceux de notre sol et de notre industrie.