‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 22 sur 203 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

le premier, a fait voir au public , il y a vitigt jaus, son jardiu et sa maison éclairés par le gaz dégagé du charbon de terre. Ce pro* cédé , dont les habitans de la capitale ont admiré les effets pendant deux ou trois mois , a été bientôt appliqué à l'éclairage de quelques ateliers , en Autriche et en An* gleterre :.peu à peu on l'a perfectionné, et, aujourd'hui, il est employé pour éclairer une grande partie des rues et des maisons de Londres, et quelques établissemens à Paris. Si ce nouveau système d'éclairage a fait moins de progrès en France , c'est , peutêtre , parce que la fonte de fer et le charbon y sont plus chers qu'en Angleterre, et que le coak (résidu de la 4istilIation de la houille) y est encore moins recherché.

"Nous parlerons ici d'un autre genre d'in* dustrie qui s'est tellement perfectionné, depuis vingt ans , qu'il forme , pour ainsi dire , un art nouveau , c'est l'éclairage par les lampes. Argand eut d'abord l'heureuse idée de faire passer un courant d'air au milieu d^ mèches circulaires ; M. Lange y ajouta une cheminée de verre qui détermine un courant d'air plus rapide , rend la flamme plus brillante , élève la chaleur , et bràie la

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fumée. Ces lampes dont l'usage est der« général , ont été successivement perfectionnées par MM, Quinqiiet , Girard , Carcel , Rumford , Bordier , etc. Nos artistes se sont emparés de leur construction , et ils en ont tellement varié et embelli les formes , qu'elles sont devenues un ornement de luxe; la fabrication en est immense, et nous en exportons beaucoup k l'étranger.

L'usage de ces lampes a donne naissance à un autre genre d'iiiduslrie, dont la chimie ne se fût peut-être pas occupée de long- temps si cette découverte ne l'avoit provoquée ; c'est celui d'épurer et de dégraisser les huiles de graines par l'acide sulfurique qui en sépare et précipite tout le principe mucilagineux qu'elles contiennent, et les rend plus propres à la combustion.

On avoit reconnu , depnis quelque temps, la propriété antiputride du cLarboii ,mais on étoit loin de lui supposer toutes les qualités qui l'ont fait adopter dans les opérations des arts : M. Figuier fut le premier à nous apprendre que le charbon animal possédoit des qualités très-supérieures au charbon végétal pour décolorer les liquides , et il l'employa . avec un grand succès , pour Blanchiï*

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l'influence qu'elles auront, tôt ou tard, en> Europe.

Avant la découverte dti Nouveau-Monde,' la récolte du kermès , dans le midi de ta France et en Espagne, formoit un grand objet de commerce ; on en retiroit la pins belle couleur pourpre qui fût alors cotintiCH; l'importation de la cochenille nous fit coanoitre une couleur plus brillante, quoique moins solide , et le kermès perdit de sa ré^ putation. L'emploi de la garance dans la teinture remonte à une haute antiquité ; Pline a décrit son usage et les moyens de s'en serrir ; il paroît même, d'après ce qu'il rapporte , que cette couleur n'a pas reçu de bien grandes améliorations en arrivant jusqu'à nous ; mais, de nos jours, MM. Gonin , habiles teinturiers, sont parvenus à donner à la couleur de garance l'éclat et la solidité de l'écarlate de cochenille. J'ai vu teindre, tant à Paris qu'à Lyon , dans les ateliers des auteurs de cette découverte, vingt-deux pièces de tiraps en écarlate de garance, et les essais comparés que j'ai faits sur la couleur m'ont prouvé qu'elle étoit aussi brillante que celle de la cochenille , et qu'elle avoit, sur celle-ci, l'avanlage de

ne s'altérer ni par Ja pluie ni par la sueur. ^ Ainsi , la découverte du Nouveau-Monde avoit fait presque disparoitre de la France plusieurs genres de culture très*importans, tels que ceux du pastel et du kermès ; mais la chimiedégage peu à peu la France de cette dé« pendance, et la rétablit dans ses possessions primitives ; elle lui fournit déjà les moyens de s'affranchir de l'importation du sucre, de l'indigo et de la cochenille ; et, lorsque la France le voudra , elle enrichira son agriculture des deux premiers produits , et remplacera le troisième par une plante indigène.

On savoit depuis long- temps , qu'en mettant une peau en contact avec la poudre de l'écorce de chêne ou de tout autre astringent du règne végétal , la peau changeoit de nature, et qu'au bout de quelque temps elle étoit rendue inaltérable, incorruptible, plus dure et plus pesante ; mais on ignoroit la cause de ce changement

Sans doute la connoissance du fait suffisoit pour approprier les peaux aux usages de la société, mais la connoissance de la cause devenoit nécessaire pour pouvoir maîtriser et perfectionner cette opération.

A l'époque où la France se vit contrainte

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de foinicr quatorze armées pour résister # l'Europe qui la menanoit sur toutes ses frontières , elle éprouva de grands besoins pour armer et équiper ses soldats : les moyens de fabrication ordinaires ne suffisoient plus, il fallut eu créer ; les savans furent mis en réquisition; les hommes de tout rang, de tout état, furent appelés dans les ateliers. Paris devint un arsenal militaire d'où il sortoit quinze mille fusils par jour et trente-cinq milliers de poudre , fabriqués par des procédés plus expéditifs que les anciens. Les nombreuses tanneries que possédoit la France ne pouvoient pas fournir à l'immense consommation des peaux et des cuirs : M. Seguin fit connoître la nature du principe tannant; et, dès ce moment, on put rendre ie tannage plus prompt, Cette opération , qui jusque-là n'étoit qu'une routine , a reçu ses principes de la chimie ; et la tannerie est aujourd'hui un de nos arts les mieux connus.

Les préparations qu'on fait subir aux peaux d'agneaux, de chèvres, de moutons, de daim , etc. pour les approprier à nos usages, et qui constituent l'art du chamoiseur et celui du mégissier,etc. , sont devenues

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