CHAPITRE
usage dans les hôtels des monnoies , dans les ateliers de teinture et de chapelerie , a reçu de grands perfectionnemens : au lieu de décomposer le salpêtre dans des vases de poterie ou de verre comme on le faisoit autrefois , on emploie de grandes cornues ' de fer de fonte qui donnent plus de produit avec économie de combustible , et qui jservent long - temps pour la même opération* Au lieu d'employer les terres ochreuses et bolaires pour séparer l'acide de sa base , on se sert de l'acide sulfurique qui réunit un double avantage : le premier , de dégager plus promptement et plus facilement l'acide nitrique; le second, de former, avec la base alkaline du salpêtre , du sulfate de potasse qu'on vend aux fabricans d'alun pour opérer la cristallisation de ce sel.
Le bas prix auquel la chimie est parvenue à livrer ces acides au commerce , a fait une révolution dans les arts , non - seulement parce que les fabricans ont pu diminuer le prix de leurs produits dans la même proportion , mais encore parce qu'ils en ont multiplié les usages , et que , dans plusieurs opérations , on a remplacé des agens dispendieux par l'action de ces sels : c'est ainsi
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que la perfection d'un art amène celle d'à autre, et que tout se lie dans l'industrie maimfaclnrière,
La découverte d'wn grand nombre d'acides que la chimie a faite de nos jours, n'a paru d'abord intéresser que les progrès de la science; mais les arts se sont bientôt emparés de leurs propriétés et en ont fait les plus heureuses applications. C'est ainsi que les fabricaus de toile peinte se servent avec avantage de l'acide oxalique pour enlever le mordant de fer sur quelques parties de leurs toiles et y former des résen'cs ; c'est ainsi que l'acide inuriatiqne oxîgéné est devenu l'agent du blanchissage du lin, du chanvre et du coton ; que la fumée condensée du bois qu'on cbarbonne a remplacé le vinaigre dans tous ses usages, et que MM. de Puymaurin et Rlaproth ont emplov4Î l'acide flnorique pour graver sur verre. Aujourd'hui la confiance la plus entière unit le fabritant et le chimiste; le premier échange chaque jour le fruit de sa pratique contre les lumières et les conseils du seci^nd , et appuyés l'un par l'autre, ils marchent d'un commun accord vers la perfection de l'industrie.