CHAPITRE I
eipbrassent les nombreux produits de la bijouterie.
La fabrication des objets compris dans les deux premières classes , quoique les plus iroportans et les plus utiles, nous étoit presque iiiconnue jusqu'à ces derniers temps ; tandis que celle de la bijouterie, bien frivole en comparaison de l'autre, étoit arrivée à ^ perfection. C'est encore la chimie qui a éclairé l'industrie, et lui a donné les moyens de s'approprier la fabrication de tous ces objets : je dis la chimie, parce qu'elle seule nous a fait connoître les principes qui établissent la différence entre la fonte, le fer et l'acier, parce qu'elle seule nous a instruit de tous les changemens qui surviennent dans la transformation de ces produits, et parce qu'enfin elle nous a appris quelles étoient les qualités que dévoient avoir les fontes, le fer et l'acier pour servir aux divers usages : la chimie a fait plus , elle nous a enseigné à donner des qualités ou à corriger des défauts pour approprier chacune de ces substances à l'emploi auquel on la destinoit.
Il y a peu d'années que l'on fabrique des faux et faucilles en France : les premiers
essais que nous avons faits ont présenté les difficultés qui accompagnent toujours Tintrodiiction d'un npuveau genre d'industrie :
il a fallu du temps pour bien combiner le fer et l'acier , pour bien déterminer la trempe , et accoutumer l'ouvrier, à em* ployer constamment le même poids de matière : les premières faux ont paru dures et difficiles à battre ; elles étoient de pesanteur inégale , et le commerce les a rejetées comme très-inférieures à celles de Styrie. Aujourd'hui cette fabrication est établie dans plusieurs de nos manufactures; les forges de Doucier dans le Jura , celles de la Hutte dans les Vosges , celles de la Moselle , et les ateliers de M. Garrigou , à Toulouse , en livrent au commerce une grande quantité, et de qualité égale à celles d'Allemagne.
Depuis longtemps nous fabriquions dans Jes forges de la Champagne, surtout à Pensey, )e$ fortes scies qu'on emploie pour vScier les pierres et les gros madriers; mais les petites scies dont l'usage est très-étendu nous étoient apportées d'Allemagne. Nous en faisons , en ce moment, une grande partie en France :
et il suffit qu'un genre d'industrie soit pra-