CHAPITRE XII
cession que cette dernière puissance a faite au roi de Prusse et à celui des Pays-Bas, de tout ce qu'elle possédoit sur la rive gauche du Rhin , la priye aujourd'hui d'un grand nombre d'objets qu'elle fournissoit à la France, tels que bestiaux, fil, lin, charbon, tabacs , houblon , dentelles , draperie légère, etc. L'importation de ces divers articles est désormais bornée à ceux que peuvent fournir les provinces qui restent à l'Autriche , ce qui eu réduit prodigieusement la quantité à cause des distances; ainsi la plupart de ces objets doivent disparoître des états de commerce^ puisqu'ils appartiennent essentiellement au sol ou à l'industrie de la Belgique, '
D'un autre côté, l'industrie qui s'exerte sur le fer, s'est tellement améliorée en France, qu'on y compte déjà plusieurs établissemens où Ton fabrique les faux, les faucilles, les limes, l'acier cémenté et l'acier naturel au même degré de perfection qu'en Allemagne ; et il est à présumer que lorsque F nos ouvriers auront pris l'habitude de ces 'Stravaux , et que les ateliers se seront multipliés, on ne sentira plus ni le besoin ni l'avantage de se pourvoir au-delà du Rhin.
Ainsi , sous ces rapports , notre commerce a\ec l'Autriche doit diminuer ; mais le luxe qui fait partout des progrès rapides , la population qui s'accroît dans tous les états de l'Europe, augmentent sensiblement la consommation, et préparent de nouveaux moyens à la prospérité de l'industrie ; de sorte que la France pourra encore entretenir des relations très -étendues avec cette belle partie de l'Allemagae.