‹ De l'industrie françoiseChapitre 56 sur 138 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

par les progrès du luxe , offrent chez elles la consommation la plus étendue et la plus variée.

La France et l'Angleterre avoient en 1789, des possessions dans l'Inde , l'Afrique et les Antilles qui leur fournissoient un excédant de denrées coloniales dont elles approvisionnt)ient l'Europe ; et leur industrie , qui s'exerçoit sur la plupart de ces produits et sur ceux de leur propre sol , avoit rendu les autres nations tributaires pour tous les objets de fabrication.

A cette époque , l'industrie angloise avoit de l'avantage sur celle de la France, nonseulement par l'étendue de ses produits , mais par la quantité et le bas prix du plus grand nombre : la petite draperie fine et légère étoit supérieure à la nôtre , la fabrication même d'une partie de ces tissus nous étoit encore inconnue ; les étoffes et la bonneterie ae coton y ainsi que les toiles peintes, formoient déjà, pour l'Angleterre, un immense commerce , lorsque nous en étions encore à des essais dans ce genre ; la quincaillerie et les travaux sur le fer et l'acier y étoient parvenus à un tel degré de perfection, que nous étions bien loin de pouvoir leur

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compai^er nos produits ; la poterie angloise ne trouvoit nulle part de la concurrence ; les cristaux se distinguoient de ceux de France, de Saxe et de Hongrie, par l'éclat des couleurs, la beauté des formes, le fini de la taille , et la pureté des fonds ; les cuirs apprêtés étoient préférés et recherchés de tous les consommateurs.

Si, à ces avantages qui résultent delà supériorité des produits, on ajoute le bas prix auquel on les livroit au commerce , on sera peu étonné qu'à cette époque l'industrie angloise ait attiré à elle la consommation de presque toute l'Europe.

Plusieurs causes ont successivement concouru à élever l'Angleterre à ce haut degré de prospérité; nous nous bornerons à rapporter ici les principales.

i^. Le système suivi par l'Angleterre , depuis plus d'un siècle , de n'admettre dans sa consommation que les produits de ses fabriques, de repousser ceux d'une industrie étrangère par des prohibitions ou par des droits équivalents , de restreindre , par les taxes énormes imposées à l'entrée, la consommation des objets que le sol et l'industrie ne peuvent pas produire, tels qu©

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