‹ De l'Industrie mulassière en PoitouChapitre 10 sur 41 · HYGIÈNE DES POULINIÈRES · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DES POULINIÈRES

anti-physiologique disparaît de .jour en jour, grâce aux conseils donnés par les vétérinaires. 11 est un autre préjugé contre lequel les vétérinaires obtiennent moins de succès, et qui n'en n'est pas moins très préjudiciable aux intérêts du producteur; c'est la soustraction du premier lait de la mère, qu'on ne laisse pas tcler au poulain, parce que dit-on, il est très-échauffant. On tarit entièrement la mamelle, et ce n'est que lorsque le lait sort très-blanc, que le nouveau-né peut s'en nourrir. Espérons que, grâce aux conseils des praticiens, ce préjugé ira trouver les autres que la science a détruits, et que le cultivateur comprendra que la nature n'a rien lait d'inutile. Le premier lait, gluant, poisseux, qui s'échappe des mamelles et qu'on appelle colostrum, a une mission à remplir, celle de purger les jeunes animaux, d'exciter les forces expulsives des intestins à chasser le méconium, celle matière noire et jaunâtre qui s'est accumulée dans les organes digestifs du poulain pendant la vie inlrà utérine. 11 n'est pas douteux que la privation de ce premier lait purgatif est la cause des coliques opiniâtres, souvent mortelles qui affectent les poulains après leur naissance.

Nous venons de montrer surabondamment (pie les poulinières du Poitou reçoivent une assez maigre nourriture. Cependant, il faut bien le dire, depuis une dixaine d'années un progrès sensible se manifeste dans la réglementation de L'hygiène des animaux qui peuplent les fermes du Poitou. Tous les éleveurs ne tarderont pas à comprendre (pie les avortements,que les mortalités et les maladies diminueront quand ils auront fait assez de prairies artificielles pour entretenir toujours dans un bon état, qu'elles soient pleines,

nourrices ou vides, les juments dont ils veulent remplir leurs écuries. Oh ! non ce n'est pas assez pour les bêtes en état de gestation, d'avoir de la paille et des balles dans le râtelier et la mangeoire ; ce n'est pas assez non plus pour des nourrices, d'être bien nourries pendant un mois ou deux, et d'aller ensuite disputer aux chaumes les quelques plantes qui y sont mêlées, ou de lécher la terre des communaux en trop nombreuse compagnie !

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