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1° Un aplatissement très accusé du nez, toutefois nous ne pou-
vons pas affirmer que cette déformation soit le résultat de violences exercées pendant la vie, elle a pu être occasionnée par la pression des bottes de foin sous lesquelles le cadavre a été enfoui;
2° Un sillon profond entourant complètement la région cervicale; plus large en avant, plus étroit sur les côtés, ses deux extrémités s’entre-croisent en arrière sur la ligne médiane. Le fond du sillon est blanchâtre, les bords sont rouges, surtout à la partie postérieure du cou.
Nous avons disséqué soigneusement ce sillon, mais nous n’avons trouvé aucune ecchymose, aucune extravasation sanguine, ni dans le tissu cellulaire sous-cutané, ni même dans les parties profondes.
Pas d’autres traces de violences sur le corps.
Ouverture du thorax. — Les poumons sont complètement dilatés, ils ont une coloration rosée; nous remarquons à la surface, principalement au niveau du bord postérieur, un certain nombre de petites taches d’un rouge foncé, nettement circonserites, ayant de 1 à 2 millimètres de diamètre; ces petites taches fecchymoses sous-pleurales) s’observent presque constamment dans le cas d’infanticide par suffocation ou par strangulation,
Les poumons, en même temps que le cœur et le thymus, sont extraits de la poitrine et toute cette masse jetée dans un vase rempli d’eau, surnage parfaitement.
Nous remarquons, sur le bord antérieur du poumon gauche, une petite plaque d’emphysème due à la rupture d’un certain nombre de vésicules pulmonaires,
Chaque poumon examiné séparément crépite dans toute son étendue, à la coupe il laisse écouler une assez grande quantité d’un liquide spumeux, et chaque fragment pressé entre les doigts et plongé dans l’eau continue à surnager. |
A la face antérieure du cœwr, nous notons plusieurs ecchymoses sous- péricardiques.
Les cavités de l’organe renferment un peu de sang liquide.
Le péricarde contient une petite quantité de sérosité.
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Ouverture de l'abdomen. — L'estomac renferme un liquide peu abondant, d’un blanc jaunâtre au milieu duquel nous voyons quelques bulles gazeuses. | Ù Le gros intestin est rempli de méconium.
La vessie est vide,
-Les reins et la rate sont normaux.
Crâne et centres nerveux. — Les os du crâne ne sont pas fracturés, mais au-dessous du cuir chevelu, au niveau du bord antérieur du pariétal droit, existe un épanchement assez étendu
de sang coagulé, Rien à signaler du côté des centres nerveux.
Conclusions :
1° L'enfant est né viable; il est né à terme;
2° Ila respiré ;
3° La mort est due à la strangulation opérée à l’aide d’un lien fortement serré autour du cou. |
N, B. — Lafille F... au cours de l’instruction avoua qu’elle avait tué son enfant, en lui serrant le cou avec le cordon d’un tablier. à
OBsERVATION VIII (Inédite).
(Due à l’obligeance de M. le professeur Lacassagne.) Dans cette affaire (mars 1894) la fille F... disait qu’elle était accouchée debout, que l’enfant étaittombé à plat ventreetque c'était ainsi qu’il s'était étouffé. Sur la réquisition de M. Vial, juge d’instruction, M. le professeur Lacassagne fut chargé de l’autopsie et fournit le rapport suivant :
Enfant du sexe masculin pesant 2 kg. 710 et ayant une longueur de 48 cm, 1/2, le diamètre bi-pariétal mesure 9 centimètres, l’occipito-mentonnier 10 em. 1/2, l'occipito-frontal 9 cm. 7. La largeur des épaules est de 14 centimètres.
Les cheveux sont rares, les oreilles un peu violacées ; les yeux
clos, sur les cConjonctives supérieures on trouve quelques taches
noirâtres. Rien au nez. Les lèvres sont desséchées, surtout la supérieure.
Vers la partie moyenne du cou deux raies rougeâtres de 2 centimètres de long séparées par une distance de 4 millimètres,
En arrière et à droite, sur le trapèze à 4 centimètres au-dessous et au dehors de l'oreille droite, deux excoriations l’une plus marquée que l’autre. La première en forme de croissant est longue de 5 milimètres, l’autre de 3 milimètres.
La première a tous les caractères de l’empreinte d’un ongle, Dw même côté sur le sterno-cleido-mastoïdien deux petites excoriations très superficielles à 2 centimètres de l'insertion sternale.
Dans les muscles sterno-thyroïdien et hyoïdien de droite et de gauche il y a des ecchymoses très nettes, de même au-devant du corps thyroïde.
En pressant sur la poitrine, on voit sortir par la narine gauche une écume blanche et fine.
Le diaphragme à gauche remonte à la cinquième côte, on trouve à gauche vers la onzième côte sur la paroi postérieure du thorax quelques taches de Tardieu,
Sur le ventricule droit, au-dessous de la coronaire deux petites taches de Tardieu punctiformes.
Dans le cœur il y a du sang très liquide d’aspect asphyxique, principalement dans le ventricule droit.
On enlève les poumons, le cœur, le thymus et la trachée qui surnagent dans l’eau. Sur le poumon d’un rose saumoné dont la couleur claire est marquée surtout en haut et sur les bords se trouvent quelques taches de Tardieu, principalement à la face antérieure du poumon droit. On sépare des poumons le thymus et le cœur; remis dans l’eau, les poumons surnagent parfaitement.
Lorsque la trachée est ouverte, on constate qu’elle est rouge en
haut et lorsqu'on presse sur les poumons, on fait sortir beaucoup de mousse, À la loupe on voit de l’air d'infiltration. Les poumons coupés en petite masse surnagent. L’estomac contient environ une cuillerée de mucus blanchâtre avec un peu d’air,
Rien à l’œsophage, rien dans le ere la base de la langue est.
congestionnée. 3
En arrière de la bosse pariétale droite, il y a une ecchymose épicranienne large comme une pièce de 50 centimes avec un peu d’œdème, une ecchymose grande comme une lentille à la bosse occipitale du côté gauche,
Le foie qui pèse 125 grammes est très ne et laisse s'écouler beaucoup de sang. La rate pèse 10 grammes.
Pas d’hémorragie. méningée, le cerveau est également très congestionné, Rien d’anormal dans le cänal rachidien.
Le point d’ossification de Beclard existe dans les deux fémurs, il est petit; les quatre points du sternum existent également. Les cloisons alvéolaires du maxillaire inférieur sont complètes.
Conclusions : 1° L'enfant que nous avons eu à examiner est né à terme, bien constitué et viable ;
2° Cet enfant a vécu et largement respiré;
3° L'enfant a succombé à deux causes de mort distinctes; d’après ce qu'a démontré l’autopsie, il y a eu strangulation et suffocation.
La première est certainement criminelle ainsi que le prouvent les traces d'ongles et les ecchymoses dans les muscles profonds du cou.
La main a été portée sur le cou, et il n’est pas possible d’invoquer l’action de cette main-pour dégager la tête se présentant à la vulve, La région du cow a été violemment serrée et il y a ew strangulation criminelle capable à elle seule de détérminer la mort. ,
La suffocation peut ne pas laisser de traces extérieures et est prouvée surtout par l’état des poumons, l'existence de taches de Tardieu. Nous laissons à l’enquête le soin de vérifier l'exactitude du récit de la fille F., en ajoutant que dans ce cas la suffocation
pourrait être accidentelle, mais qu'il n’en reste pas moins établi que l'enfant a succombé aux suites de la strangulation.
N. B. — La fille F, fut condamnée à deux ans de prison,
OBSERVATION IX (inédite)
(Due à l’obligeance de M. le D' Paul Hervé).
Le 15 février 1892 j'ai procédé à l’amphithéâtre de l'hôpital du Mans à l’autopsie d’un enfant nouveau-né issu de la fille D., accusée d'infanticide. |
Enfant du sexe masculin, le corps a 48 centimètres de longueur et pèse 2 kg, 170; les ongles aux mains et aux pieds atteignent l'extrémité des doigts et des orteils ; les testicules sont descendus dans les bourses; il n’y a pas de putréfaction, la rigidité cadavérique existe.
Le point d’ossification de l'extrémité inférieure du fémur n’est pas encore apparent, mais le bord supérieur du maxiliaire inférieur présente de chaque côté de la ligne médiane quatre alvéoles dentaires complètement cicisonnées.
La face est légèrement colorée, les lèvres présentent une teinte noirâtre, cyanosée.
Le cordon n’a pas été rompu, il a été coupé à 33 centimètres, la surface de section est absolument nette, il ne porte aucune trace de ligature.
J’ai constaté des traces de violence dans les régions suivantes :
1° Au niveau de la narine gauche, petite excoriation parcheminée ;
2° Au niveau du bord inférieur du maxillaire inférieur, à gau= che de la ligne médiane, ecchymose au-dessous de laquelle, dans le tissu cellulaire sous-cutané, se voit une extravasation sanguine assez étendue;
3° À la partie antérieure du cou, en avant du larynx, trois ecchymoses violacées ; en tendant un peu la peau, j'ai pu constater
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au centre de ces ecchymoses wne dépression en forme de sillon curviligne à concavité regardant en haut, cette dépression a évidemment été produite par les ongles ; en disséquant cette région, j'ai constaté au -dessous de l’aponévrose superficielle des extravasations sanguines très manifestes.
4° Enfin, à la partie supérieure de la poitrine, du côté gauche, au-dessous de la clavicule, on voit deux légères excoriations épi-
dermiques.
Ouverture du Thoraæ. — Les poumons, d'une coloration rosée, sont complètement dilatés par l'air, on distingue à leur surface particulièrement au niveau de la base et du bord postérieur
quelques ecchymoses sous-pleurales.
Détachés en masse avec le cœur et plongés dans un vase rempli
d’eau, ils surnagent.
Séparés du cœur et du thymus, coupés en petits morceaux, for
tement comprimés sous l’eau, ils continuent à surnager. Le cœur, bien conformé, ne contient pas de sang, Rien à signaler du côté de la trachée et du larynx.
Examen de la cavité abdominale. — L'estomac non une
petite quantité de mucus aéré.
Le rectum est vide, mais le côlon descendant et l’S iliaque sont
remplis de méconium.
Les autres organes ne présentent rien de particulier à signaler.
Cräne et centres nerveux. — Sous le cuir chevelu, dans la région pariétale gauche, épanchement de sang coagulé. Pas de fracture du crâne. À la surface du cerveau, suf'usion sanguine assez abondante.
. Conclusions. — 1° Cet enfant est né viable, mais il n’est pas
né tout à fait à terme, ainsi que le prouve l'absence du point osseux épiphysaire de l'extrémité inférieure du fémur ; il est né à la fin du huitième mois ou au commencement du neuvième.
2° Il a vécu, il a respiré complètement.
Il est mort peu de temps après sa naissance,
Lit.
NT es © 4o Sa mort doit être attribuée à l’axphyxie déterminée par l'application de la main sur la face et surtout par une forte pression des doigts au-devant du cou.
AN. B. — Au cours de l'instruction la fille D, avoua avoir fortement comprimé le cou de son enfant powr l’empôcher de crier ; elle fut acquittée cependant, le défenseur ayant eu assez d’habileté pour faire admettre au jury qu'il y avait eu simplement une pres- Sion malheureusement trop forte au-devant du coù, mais que jamais la mère n'avait eu l'intention bien ferme de tuer son enfant.
OBSERVATION X (Tardieu, — Inf, obs. XXVIII résumée.)
Strangulation et suffocation.
Enfant du sexe féminin à terme. Nez aplati, empreinte de pression de chaque côté du nez. Au cou, peau très rouge, chagrinée, De chaque côté du larynx, ecchymoses en forme d’ongle, trois à gauche, une à droite, tournées en dedans. Infiltration sous-jacente. La mère prétend avoir été obligée de sortir l'enfant par le cou. Le siège et la forme des traces de violence sont en opposition formelle avec cette allégation.