‹ De l'Infectiosité et de la Contagiosité de l'Amygdalite AiguëChapitre 20 sur 57 · Sendtner, Munich Medical Wochen · texte numérisé non relu

Sendtner, Munich Medical Wochen

. Jaccoud, 189r. Cl. médicales.

, Barton. Journal de médecine et Chirurgie pratique, 180r.

Sen LU

. Monod et Malgaigne. Repue de chirurgie, 1894, n° 2,

infections par streptocoques où on lit ces lignes : « L’infection septicémique engendrée par le streptocoque peut se montrer comme complication d’une affection locale habituellement curable à laquelle elle donne une allure grave et qu’elle conduit à une issue fatale. Parmi ces portes d'entrée, l’amygdalite aiguë est à signaler en bien des cas. »

Lermoyez (1) a relaté, à la Société médicale des hôpitaux, l'observation d'un jeune homme qui présenta une amygdalite qui fut très Iongue à guérir et où l’agent pathogène était le coli-baciile.

Telles sont les grandes lignes des recherches bactériologiques faites sur cette question.

C. — Des différentes localisations des germes pathogènes dans l’amygdalite aiguë.

L’amygdale étant enflammée par le fait d'une atteinte microbienne, en quel endroit de l'organisme a-t-on trouvé les microbes pathogènes ? On les a rencontrés dans les différentes régions que nous allons signaler.

a). Surface de l’amygdale. — II était naturel, en présence de l'amygdale enflammée, de rechercher les microbes coupables dans les cryptes de la glande. En effet, les conditions de chaleur, d'humidité, que l’on note au fond des lacunes amygdaliennes, devaient transformer ces cavités en des sortes de nids microbiens, foyers d'infection. En fait c'est là

1, Lermoyez. Soc, méd. hôpilaux, 22 juin 1894.

ditdif past

— 4) — que Fraenkel a trouvé le streptocoque, le staphylocoque pyogene aureus, le staphylocoque pyogene albus ; Gabbi y relève le pneumocoque. Nous avons vu que Kurtz avait noté le streptocoque dans l’enduit muqueux de ces lacunes.

b). Tissu amygdalien. — Les follicules de l’amygdale enflammée ont révélé le streptocoque à Sendtner et le pneumocoque à Gabbi.

c). Les observations de Bouchard y décèlent le streptocoque, ainsi que celles de Sendtner ; Cornil y trouve le pneumocoque.

d). Epanchement des séreuses. — Hanot a décrit la pleurésie purulente à streptocoque ayant pour porte d'entrée l’amygdale enflammée,

e). Urine. — Kannenberg et Bouchard y trouvent des éléments bacillaires.

f). Sang. — Fraenkel et Furbinger y trouvent des microbes pathogènes.

Cet exposé résumé nous montre que la barrière épithéliale étant forcée, les agents bactériens peuvent se disséminer dans. tout l’organisme. Hâtonsnous d’ajouter que, sans pénétrer dans Le tissu amygdalien enflammé, les microbes peuvent produire dañs l'organisme des accidents septiques par l’intermédiaire des poisons solubles. C’est ainsi, sans doute, que s'explique le caractère négatif des recherches bactériologiques de Ssifert (1) et de Sokolowski et Dimochowski (2).

Seifert. Wiener med. Woch., 1886, n. 40.

2. Sokolowski et Dimochowski. Deuf. Arch. [.'Klin. med., 1892.

D. — Des microbes pathogènes de l'amygdalite

aiguë.

Les développements qui précèdent nous montrent que l’amygdalite aiguë n'est pas produite par un ‘seul et même agent microbien, mais qu'elle peut être engendrée par plusieurs espèces de microbes pathogènes que nous avons vu exister dans la salive à l’état sain.

Quels sont donc ces microbes? Nous avons :

a) Le streptocoque. — Son intervention a été établie par les recherches de Fraenkel, de Kurth, de Diétrich, de Sendtner, de Hanot, de Legendre {r) et Paul Claisse.

L'amygdalite due au streptocoque peut revêtir deux aspects : La variété folliculaire (Stendner, Kurth) et la variété purulente (Stendner, Bouchard, Fraenkel).

b). Le pneumocogque. — Son rôle est établi par les recherches de Bobone (2), de Gabbi, de Netter, de Jaccoud, de Rendu, de Barton.

Le pneumocoque peut d’ailleurs engendrer les diverses variétés morphologiques de l’amygdalite aiguë : soit la forme érythémateuse (Rendu) ; soit

la forme folliculaire (Gabbi) ; soit la forme pulta- /

1. Legendre et Paul Claisse, Société médicale des hôpitaux, 1892.

Bobone. Bulletin des Maladies de la bouche et du nez, juillet 1888.

RASE cée Ou pseudo-membraneuse (Jaccoud), Barton; soit la forme suppurée (Cornil).

c). Le staphylocoque. — Son action est démontrée par Fraenkel, Furbinger et Dietrich.

d). Le bactérium coli. — Il n’a été noté qu’une fois par Lermoyez. Il déterminerait l'éclosion d’une amygdalite tendant à la chronicité et caractérisée par sa résistance à tous les moyens de traitement usuel.

Tels sont les microbes qui peuvent déterminer l'amygdalite aiguë.

E. — Défense de l'amygdale contre l'infection.

En présence des notions précédentes une question se pose : L’amygdale par sa situation au fond de la bouche est en contact constant avec des microbes pathogènes, de plus le courant respiratoire et l'alimentation amènent aisément sur la muqueuse les germes pathogènes du dehors.

Dans ces corditions comment l’amygdale peutelle résister aux assauts de ces agents nocifs?

Cette défense de l’amygdale contre les microorganismes a été exposée dans tous ses détails, dans divers travaux récents auxquels nous renvoyons : Jeanselme (1), dans une Revue générale sur l’amygdale, Romane (2), dans une Etude physio-

= x, Jeanselme. Gazette des hôpitaux, 25 janvier 1890. 2. Romane. Thèse de Paris, 1891-1892, n. 350.

pee

logique et bactériologique de l'amygdale, Ruault (1), dans le Trailé de médecine.

Voici les points essentiels de cette question.

Le tissu adénoïde qui constitue la glande amygdalienne est le siège d’une phagocytose active. On connaît le rôle de la phagocytose, depuis les belles recherches de Metchnikoff sur ce sujet : Les phagocytes déversés en quantité énorme par les lymphatiques sous le revêtement épithélial s’opposent, en les détruisant, à la pénétration des microbes dans les couches sous-jacentes.

Cette fonction est plus ou moi:s active suivant la vigueur de l'organisme, suivant le nombre de microbes à détruire, etc., etc. Tant qu'elle atteint son but, l’amygdale est préservée, l’inflammation commence quand les phagocytes deviennent impuissants. Il est vrai que la barrière épithéliale forcée, les sécrétions microbiennes absorbées par les voies sanguines ou lymphatiques, ont le pouvoir, par suite de la chimiotaxie positive, de renforcer les réserves leucocytaires. Aussi l'organisme n'abandonne pas la lutte. L'abcès amygdalren, l’abcès ganglionnaire correspondant, sont autant de preuves dans les cas sérieux de cette défense ultime des phagocytes contre l’ennemi microbien.

Page 1