II. — Période moderne
L'étude moderne sur l'infectiosité des maladies. devait éclairer d’un jour nouveau ces notions confuses: L'idée épidémique s'affirme par le caractère infectieux que l'on reconnaît à l'amygdalite.
Mantle (4) décrit en 1885 une épidémie d’angine simple qui sévit à Durham: Les complications articulaires ctaient fréquentes et l’auteur insiste sur le
caractère contagieux du mal.
1. Grisolle. Traité de pathologie interne, 186$, page 280. 2, Chowel et Blache. Dictionnaire en 30 volumes.
. Bouchut. Zn leçons à l’hôfital des enfants malades, 1877.
. Mantle Association des médecins anglais de Gardif, 188$.
Dubousquet-Laborderie (1) au congrès de Nancy en 1886, rappelant les idées de Landouzy sur l’infectiosité del’amygdalite attire l'attention des praticiens sur les faits classiques de contagion laissés dans l’ombre jusqu'ici. |
Milsonneau (2) la même année cite dans sa thèse l'observation suivante due à Siredey « deux malades traités dans Le service des femmes pour affection utérine furent prises de tous les symptômes d’une amygdalite, quelques jours après l'admission dans le service d’une femme entrée avec le diagnostic d’angine simple érythémateuse. Les symptômes firent les mêmes chez les trois malades: frissons répétés, courbature générale, raideur des muscles du cou, fièvre qui a monté jusqu’à 39°, rougeur de la gorge, douleurs dans la déglutition, gonflement dans les amygdales, fluxion ganglionnaire, pas d’albuminurie dans l'urine. Notons que les malades n’ont pas quitté la salle pendant toute la durée du traitement, les symptômes généraux disparurent: la résolution des phénomènes angineux et ganglionnaires se fit au bout de quelques jours. »
Sexton (3) rapporte sept cas d’amygdalite folliculaire aiguë, et cherche à mettre hors de doute le caractère contagieux de cette angine. Fleury (4) a
1. Dubousquet-Laborderie, Congrès pour l'avancement des sciences de Nancy.
2, Milsonneau. Thèse de Paris, 1880.
3. Sexton. Cincinnat Lancet, 1886 (analyse tn maladie des oreilles).
4, Fleury, Loire Médicale, 1887, n. 7.
publié le récit de l'épidémie de Saint-Etienne en 1887; chez huit malades la contagion paraît des plus nettes, dans trois observations c’est la femme qui contagionne son mari; dans un casil s’agit d’un enfant contagionné par son père; dans un autre cas, d’un enfant infecté par son frère. En somme, la contagion est familiale. Ravers (1) expose en 1887 l’histoire d’une épidémie d’angine tonsillaire qui atteignit exclusivement des enfants sans qu’on puisse accuser la diphtérie ou une fièvre éruptive.
Rousseau (2) qui insiste dans sa thèse sur l’infectiosité du mal cite deux cas de contagion par séjour dans des chambres de malades. Pfannteil a vu se développer un certainnombre d’amygdalites dans sa clinique de Berlin. Il est à noter que la fièvre puerpérale avait frappé auparavant quelques accouchées. Fernet (4) lit à la Société des Hôpitaux en 1888 l'observation suivante: « Trois ouvriers travaillant en Angleterre, dans le même atelier, à la même table, à la fabrication de cols américains, sont pris successivement dans l’espace d’une semaine d'accidents angineux, qui furent l’origine de néphrites incurables. Ni la scarlatine ni la diphtérie ne pouvaient être invoquées. Fernet élimine également par des arguments péremptoires une intoxication par le sul-
fure de carbone.
r. Ravers. The practionner, avril 1887.