CHAPITRE VII. 28l
différence dans la durée de la vie ne dépend pas ici de ce que la grenouille, après avoir consommé tout l'air qui peut servir à la respiration , est en état de vivre long-temps sans exercer cette fonction. Elle y respire continuellement tant que l'air est respirable , et succombe bientôt lorsqu'il cesse de l'être. On avu, dans la première partie de cet ouvrage , que ces animaux , privés du contact de l'air en été, ne sauraient vivre plus d'une ou deux heures. La grande différence dans la durée de la Vie ne dépend pas non plus de ce que la grenouille peut tirer un plus grand parti de cet air, en le dépouillant de ses dernières particules d'oxigène. Lorsqu'on fait l'expérience comme je viens de l'indiquer , en absorbant l'acide carbonique , au fur et à mesure qu'il se forme , l'oiseau a la faculté de consommer une plus grande quantité d'oxigène. 11 en reste si peu à la fin de l'expérience, quand l'air n'est plus propre à l'entretien de la vie , que les proportions diffèrent peu dans l'un et l'autre cas. Je n'entre pas dans les détails : tout ce qui est relatif à l'analyse de l'air respiré est réservé pour un autre ouvrage.
L'énorme disproportion entre la durée de la vie du reptile et de l'oiseau , dans des quantités égales d*air, tient essentiellement à la vitesse respective avec laquelle ils consomment l'air : cela est reconnu ; mais il convient de fixer l'attention sur quelques-unes des conditions de cçtte diffé~ l'en ce,
11 en est qui sont évidentes. A ne considérer que les poumons , il est manifeste que la surface en contact avec 1 air est plus étendue chez Foiseau , non par la différence du volume de ces organes , mais parce que les cellules en sont plus multipliées. L'étendue et la fréquence des mouvemens respiratoires sont un indice qu'il entre plus d'air dans les poumons des oiseaux. Voilà des conditions qui doivent contribuer à leur donner la faculté de consumer plus d'air dans un temps donné ; de plus , on voit que leurs poumons contiennent beaucoup plus de sang. Or , c'est principalement au sang qu'on attribue la puissance d'altérer l'air* Toutes ces conditions en faveur des oiseaux se réduisent à la multiplication du contact de l'air ; elles peuvent être regardées comme des données physiques, puisqu'elles consistent dans des rapports de quantité; mais il en est sans doute d'une autre nature qui ne sont pas d'une moindre importance. Si le sang a une grande influence par sa quantité , n'en aura-t-il pas aussi par sa qualité ? 11 suffit de comparer par la simple inspection le sang de la grenouille et de l'oiseau : on reconnaît de suite que le sang du reptile est plus aqueux. De cette seule différence il doit en résulter une dans les rapports du sang avec l'air ; car personne n'est disposé à rapporter l'altération de l'air k la partie aqueuse du sang, mais à la substance animale qui le caractérise. Or , elle est en moindre proportion dans l'espèce où il y a le plus