CHAPITRE IV
JDe V Asphyxie. '
Anfe avoir examiné quelques-Muns des principaux rapporte de la chaleur, avec l'économie animée , nous passerons à un aptre < agçnt physique ;qpi n'exerce pas une moindre influence sur la vie. Je veux parler de ce fluide transparent , invjs jhle# élastique qui environne toute la surface de notre globe , • dont il forme l'atmosphère. . .
Toutes les sciences exactes opt. concouru pou» en assigner les limites sensibles, en mesurai; Fétendue, en évaluer le poids $ pour apprécier ht force de son ressort > le rapport suivant lequel 4 s'étend ou se resserre k différentes hauteurs; .L} vitesse. de ses çourans et^c.ses ondulations,, etvsqp? tout pour distinguer: 4*P>* ce monde invisible les élémens divers, qui l^^pwpo^nt et l@nr actiftn
réciproque- f ' • > , * . ( i
Il semblerait que cette multitude de connais-* sauces n'a pu être le fruit que d'une longue ^uite de siècles j l'antiquité, cepepdqntlçs ignorait presque toutes , et le plus grand npmbre de ces faits n'a été recueilli que dans ces derniers temps.
Apprécier l'influçnçe de l'atmosphère sur la vie;
i66 TROISIÈME PARTIE.
le lait ofï ils étaient plongés , et ils y demeurèrent pendant plus d'une demi-heure ; après quoi , les ayant retires les uns après les autres, je les trouvai tous trots vivons. Us commencèrent à respirer et à rendre quelque humeur par la gufeûle ; je les laissai respirer pendant une demi-heure , et epsuite on les replongea dans le lait , que l'on avait fait réchauffer pendant ce temps J je les y laissai pendant une seconde demi-heure , et les ayant ensuite retirés, il y en avait deux qui étaient vigoureux et qui ne paraissaient pas avoir souffert de la privation d'air ; mais le troisième me paraissait être lahguissant. Je ne jugeai pas à propos de le replonger une seconde fois ; je le fis porter à la pière : elle avait d'abord fait ces trois chiens dans l'eau, et ensuite elle en avait encore fait six autres. Ce petit chien , qui était |ié dans l'eau ,' qui d'abord avait passé plus d'une demi -heure dans le lait avant d'avoir rçspiré et encore une autre demi-heure après avoir respire > n?en était pas fort incommodé | car il fut bientôt rétabli sous la mère , et il vécut comme les autres. Des six qui étaient néfe dans l'air , j'en fis jeter quatre 9 de sorte qu'il n'en restait alors à la mère que deux de ces six , et celui qui était né dans l'eau. Je continuai ces épreuves, sur les deux autres qui étaient dans le lait ; je les laissai respirer une seconde fois pendant une heure environ ; ensuite je les fis mettre de nouveau dans le lait chaud > où ils se trouvèrent plongés pour la troisième fois. Je ne
CSAHTftE XV. rf>7
ponient ; par l'habitude de suspendre Laur lies-
»tion , la faculté de résister beaucoup plus long*
bps à k privation d'air* Peur m' assurer du fait*
à submergé une poule d'eau : au bout d'environ
fois minâtes , elle n'avait plus ni sentiment ni
mouvement. D'autres oiseau* , à la vérité , pé~
Èsent pkis tôt, d'autres peut-être survivront plus
bug-temps ; maïs on toit par cet exempte corn*,
*ùn l'habitude qui, en général, mpdifie si pui$gam-4
«art l'économie . la sert peu dans cette occasion.:
l'espoir de modifier les animaux de manière ^
br faire supporter beaucoup plus long-tenaps la
Ration d'air , conduisit Buffon à faire une dé-
°werte très-importante relativement aux jeunes
animaux. Voici le fait tel qu'il le rapporte.
* J'avais pris la précaution de mettre ,ijne groçsfl tienne de JT espèce de$. pjijs gt^nds lévriers d^pfc ^baquet tenqM d'eau chaude ; et l'ayant jtfcp ^ de façon qufc tes ppr£ie?de derrière jUpnipaijHft ^ l'eau , elle mit bas trçis chiens dans lettft **> et c&tptftits ônhmux sfttpUvèrçnt, ^u soiAiif fleurs e&veloppes, dans un liquide auspi çbw4 ^ eekû ,d!oùt ils sortaiept. 0* a>da Ja P$rcv **» V accoudaient ; oln accommoda c£,on lava ^ <*«e ea* les pçtite obtena; Snsuiiç cm Jes fi* l*5^ dans un plus petit taquet rempli de lafy ***4| sans leur donner lô temps do aspirer. Jq
* & mettre dans du Jait au lieu de les laisser 7* l'eau # afin qu'il* passent prendre 4e la nour- Wl**, $'ik $p avaient besoin. On les retint dana
170 tttoisiàirc tà&m.
U fit ces recherches principalement sur des lapins y et reconnut que, lorsqu'il les privait de la respiration en les plongeant $ous l'eau , la durée moyenne de leur vie était de près d'une demiheure f ou plus exactement de vingt-huit minutes. Cependant cette faculté de résister long-temps à la privation d'air diminue rapidement avec les progrès de VAge. Legallois a observé qu'au bout des cinq premiers jours les jeunes lapins plongés sous l'eau ne vivent plus que seize minutes. Après le même espace de temps, ils sont réduits à cinq minutes et'démie ; et lorsqu'ils sont Agés de quinze jours y ils ont alors atteint la limite que les animaux À sang chaud adultes ne peuyent guère dépasser, lorsqu'ils sont soustraits à l'action de l'air.
D'après les résultats de ces expériences , on sefait porté à croire que la durée de la vie des mammifères nouveau nés est d'environ une demi— heure : c'est l'impression qui reste après la lecture de l'pwrage de Legallois; et cependant un fiât qu'il y aconsigné nes'accorde pa$ aveccettemesure j il m'était échappé lorsque je répétai ces expériences sur différentes espèces de mfammtferes nouveau nés , et je fus fort surpris de voir1 que le cochon d'Inde à sa naissance , lorsqu'on l'asphyxiait dans l'eau, ne vivait que trois ou quatre minutes de plus que l'adulte ; je voyais ici que l'âge n'avait qu'une faible influence Sur la durée de l'asphyxie. Je trouvai d'autres espèces où sa
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était aussi très-oewte. Ces différences me' paraissant un phénomène très r remanquable f je m'attachai partioukèreaLent à en dfcoonyrir larai* ion (i).
Les recherches sur les animaux à qang froid m'avaient fait connaître la grande influence que la température exerce sur ee mode d'existences Ayant ensuite reconnu que les animaux à sang cknd présentaient entre eux des différences mar-t qoées dans la production de la cfraleair , j ai pensé qu'il devait en résulter des modifications de leur économie , analogues à celles que la températurf extérieure produit sm* les animaux à sang froid* >
Comparons donc entre elles les espèces dont neuf Tenon» de parler , et nous Terrons que ce rapport te vérifie. D'une part , les cbiens>|e8 chats et les lapins nouveau nés se comportent de la même nanière dans l'asphyrïe. Dans cet état, ils don* tient tons des signés de vie pendant une demi* heure et quelquefois au-delà : or y ce sont précif «émeut les espèces chez lesquelles nous arrons oh* serré une si faible production de chaleur. Koiif mous semarqué précédemment qu'ils se rapprochaient à cet égard des reptiles et des poissons i bous voyons ici qu'ils leur ressemblent de même dans la faculté de soutenir long-temps la priva* t*on d air , ce qui suppose une liaison intime entra ces deux phénomènes. D'autre part , les cochons
10 V°jc* lab. 47.
d'Inde mut dans Ip classe de ceux qui produisent le plus de chaleur à leur naissance : aussi tien aije jamais tu qui vécussent plus dé sept minutes en les plongeant sous l'eau , et souvent n'atteignent-ils pas cette limite*
Nous verrons knieux la connexion de lot. chaleur animale et de ce mode de vitalité en suivant les modifications de l'une et de l'antre dans les progrès du premier âge.
Nous avons vu, d'après le tableau de Legallois, qu'au bout du cinquième jour , la durée de l'asphyxie est réduite à moitié : or, cette réduction correspond à une élévation sensible de leur température. U eh est de même après le second intervalle de cinq jours ; la chaleur s'est beaucoup accrue , et la fatuité de vivre, suis respirer est considérablement diminuée. En dernier lieu, lorsqu'ils sont parvenus au quinzième jour , époque oii ils ont ordinairement une température à-peuprès semblable à . celle des adultes , ils diffèrent peu de ces derniers pour la durée de L'asphyxie.
Les petites différences qui subsistent alors ne méritent plus d'être suivies à eette époque: Quoique légères, elles n'en sont pas moins réelles , et correspondent encore à des différences dans la production de chaleur. Toutefois-, il est des limites où ces rapports cessent; où des différences assez, marquées dans la production de chaleur n'en ont plus de correspondantes dans la durée de la > ie
, CHAPITRE IV. JjS
lorsque la respiration est suspendue rces jeunes animaux ne tardent pas à y arriver.
De plus, pi Ton examine les premiers jours de la vie f on verra de nouvelles preuves de cette connexion. Au lieu de passer rapidement du premier au cinquième jour , suivons la marche des phénomènes dans cet intervalle.
Lorsqu'on prive les jeunes animaux du contact de l'air, soit au moment de leur naissance, soit à une époque quelconque de la journée, on n'observe guère de différence dans la durée de la vie ; il en est de même le second jour et souvent le troisième.
Quelle que soit la révolution que l'exercice de la respiration amène pendant cet espace de temps, la durée de l'asphyxie reste à-peu-près la. même; ensuite elle commence à diminuer et décroît rapidement. Or , la condition dont ce phénomène dépend, nous la retrouvons dans ceux de la chaleur animale. J'en ai précédemment exposé la marche, etT on peut se rappeler que le premier et le second jour elle ne prend pas d'accroissement trèssensible. À cette uniformité, au moins apparente, correspond l'égalité dans la durée de l'asphyxie; mais la chaleur se développe bientôt d'une manière marquée : c'est à cette époque que la tic commence à 6'abréger par la privation d'air.
Ou voit, que la division que j'ai étahlie entre les jeune» mammifères ppur U prodùctioi* de chaleur; leur est applicable pour la durée de la vie lorsqu'ils sont privés de la respiration» Cette durée a
tf4 TRowîÈiit rifcîia.
son maximum dans le groupe de tnammifères qtfî produisent le moins de ehaleur à leur naissance , et son minimum dané celui eifc Us en produisent le plus.
J'ai fait des recherches semblable* sur des oiseaux.
J'ai exposé séparément à l'action dé l'air de jeunes moineaux pour comparer leur refroidissement. L'air était à i6° ail mois de mat ; un d'eux qui , dans une demi-heure , s'était refroidi de 35* à 1 9V fut réchauffé ensuite, et lorsqu'il eut repris sa chaleur première, je le plongeai sous l'eau : il y vécut huit minutes : or, les adultes , sous l'eau , ne rivent qu'une minute et quelques secondes. Un autre, dont la température n'avait baissé qu'à 26* , fut réchauffé ensuite et plongé pareillement dans l'eau ; il donna des signes de vie pendant quatre minutes seulement. D'autres «enfin , perdant peu de leur chaleur par l'exposition à l'air, différèrent également peu des adultes dans la duréede la vie dans la condition que je viens d'indiquer. Ces faitssuffisent pour établit la dépendance «qui existe entre la chaleur animale et la faculté de vivre sans le contact de l'air; mais il est un terme oh ce rapport cesse : les animaux y arrivent assez promptement. Les accroissemens de la chaleur qui surviennent ensuite n'ont plus d'influence sur la durifo de la vie dans l'asphyxie.
fcHÀMTM IV» ly5
$ Ier. Influence de la température extérieure.
Dans les expériences précédentes nous n ayons pas parlé de la température de l'eau, dans laquelle la submersion avait lieu. Cette condition influe puissamment sur les vertébrés à sang froid. En sera-t-il de même dea animaux à sang chaud?
Nous allons étudier les effets de la température entre o° et 4o° centigrades ,. échelle la plus en rap? port avec l'économie animale.
/ai soumis de jeunes chats à des expériences comparatives ; j'ai eu soin de les choisir , autant que possible , de même âge, de manière à ce qui les différences n'altérassent pas les résultats : ils s'avaient qu'un ou deux jours. Bans de l'eau refroidie à zéro , ils cessèrent de donner des signes de sensibilité et de se mouvoir après 4' 33", terme moyen de neuf expériences. À une température de io° , la durée de la vie s'étendit à io' 23". À ao% elle s'accrut considérablement, et, l'uh dans l'autre , ces jeunes animaux vécurent 5$' 45" ; & 5o*, une marche inverse commença, à avoir lieu x la durée fut sensiblement moindre ; ils né vécu-* reut que 29' . Enfin & 4°° > e^e &* réduite à i ô' 27 "•
C'est donc à 20% le milieu de cette échelle, que la vie se prolonge le plus , lorsqu'on à supprimé la respiration de ces* aniiùaux par la submersion dans l'eau. Il y a cependant une latitude de io°. au-dessus de ce terme où les différences sont peu
^7$ TROISIEME PARTH.
marquées. Le décroissement est sensiblement té même de 3o° à 4°° q*e de ao° à io°. A i^rà^ c$s anima ui nouveau nés ne vivent guère plus longtemps que les adultes* ' .
Remarquons d'abord que le degré le pins jâvo* rable po ur prolonger ce mode d'existence peut, avec raison, être co nsidéré comme une température froide. Un bain à ce degré, qui équivaut à 160 de Réaùmur , produit ordinairement sur notre corps une sensation très-vive de froid ; mais en faisant abstraction de nos sensations, puisqu'il ne s'agit pas encore de F homme , cette dénomination de froid n'en est pas moins exacte, puisqu'elle se rapporte h un terme qui est de 20° au-dessous de la température moyenne des animaux à sang chaud» Quoi qu'il en soit de cette expression , l'élévation de la température extérieure au-dessus de ce degré produit ici un effet délétère; il en est de même de l'abaissement : ainsi des températures opposées amènent des résultats analogues , mais dans des proportions différentes. 11 faut une étendue de ao° à 4°° pou? obtenir les mêmes etkis que de 200 à io°. On voit donc qu'à partir du terme le plus favorable à la vie, la température ascendante est moins nuisible que la température Contraire (1).
Des expériences semblables, faites sur de jeunes
chiens, etc., de même Âge, confirment cette eau—
(1) Foyc% ub. 48 et 4g.
CTUHTM IT. lyn
clusion. Cette influence de la température extérieure n'est pas bornée à cet âge; elle s'étend à toutes les époques; et quoique, chez les mammifères adultes 9 et plus encore chez les oiseaux , la ?ie soit tellement liée à Faction de l'air que , lorsqu'on intercepte ce fluide, elle est si courte qu'elle laisse peu de champ à l'observation , cette action, cependant, est encore sensible (i).
On voit par cet ensemble de faits relatifs aux animaux 1 sang chaud que la durée de la vie, lorsqu'où supprime le contact de l'air , dépend de deux conditions principales qui se rapportent à la chaleur : d'une part , les diverses mesures dans lesquelles se développe la chaleur chez les individus, et de l'autre, le degré de la température extérieure. La première de ces conditions est propre aux animaux , elle leur est donnée par la nature ; la seconde vient do dehors.
(i) Foycz tab. 5o.
lyft TftOIttèMK PiRTHC.