‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 97 sur 206 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

'Application momentanée du Froid.

Je sappose que le refroidissement ne soit pas de nature à mettre la vie en danger, et qu'il soit de courte durée; pour donner de la précision aux idées , le refroidissement consistera dans un abaissement de la température du corps. Lorsque ensuite elle est rétablie , il s'agit de savoir si tout l'effet du refroidissement est passé , s'il n'en reste pas quelques traces dans l'économie.

Quoique les animaux préalablement refroidis aient repris leur température , il ne s'ensuit pas qu'ils aient la même faculté de produire de la char leur. C'est ce que nous avons soigneusement distiugué dans le cours de cet ouvrage : nous allons en faire une nouvelle application,

Après le retour à leur température primitive f si cette faculté n'a éprouvé aucun changement, il faudra, en répétant le refroidissement, à-peu-près le même temps pour les ramener au point de départ. Mais j'ai observé, en refroidissant et en réchauffant successivement les mêmes individus , que le temps qu'exige le rétablissement de la température initiale devient plus long par la répétition du refroi*dissement. Leur faculté de produire de la chaleur

a donc diminué; car, lorsqu'on les réchauffe M ]eur température s'élève en partie par la chaleur qu'ils reçoivent du dehors, en partie par celle qu'ils produisent- Or, comme celle-là est constante dans les diverses expériences, la lenteur avec laquelle leur température s'élève dépend de ce qu'ils développent alors moins de chaleur.

Ainsi , lorsqu'on a été exposé à un degré de froid au-dessous de celui qui convient à l'économie, quoique la température du corps ait repris son premier degré après l'application de la chaleur extérieure, il n'en subsiste pas moins pour un temps une diminution dans la faculté de produire de la chaleur j et plus on est exposé à l'action répétée de cette cause, pourvu que les intervalles ne soient pas trop longs , plus cet effet augmente.

Sans la connaissance des faits que nous avons exposés sur la chaleur animale, on serait tenté d'attribuer, comme on lfa fait jusqu'à présent, la continuation du sentiment de froid , long-temps après la cessation de la cause , uniquement à la durée naturelle de toute sensation forte. Mais il y a plus que la persistance d'une impression vive , plus qu'une simple affection du système nerveux ; il y a altération de fonction , il y a une diminution dans la production de chaleur ; et la sensation de froid persiste, parce que le foyer que nous avons en nous-mêmes ne fournit plus aussi abondamment aux besoins de 1 économie.

Un hiver rigoureux que la Seine était prise, un

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j€ane homme voulut la traverser; la glace trop faible céda sous ses pieds , il tomba dans l'eau ; mais, vigoureux et adroit , il s'en tira heureusement. Sa santé n'en souffrit pas ; mais pendant trois jours , il eut une sensation continuelle de froid. C'est un fait analogue à ceux que j'ai rapportés dans les expériences précédentes : un refroidissement vif a agi sur la faculté de produire la chaleur en la diminuant sensiblement , pendant un espace de temps assez long , après l'application du refroidissement. Et alofs même que la chaleur sensible est parfaitement rétablie, après un pareil froid extérieur, tout lf effet n'en est pas détruit. La faculté de produire la chaleur n'a pas repris toute sa force) car on ne saurait, quelque temps après, s'exposer sans inconvénient à un degré de froid qu'on supportait auparavant sans malaise.

QUATRIÈME PAKTIE.

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