HYGIÈNE GÉNÉRALE ET PALUDISME
La prophylaxie du paludisme demande une hygiène spéciale qui consiste en :
1’ Lutte antiparasitaire par la stérilisation des réservoirs de virus ;
2° Lutte contre le moustique, et moyens de protection contre la piqûre des insectes. Mais la lutte contre l’hématozoaire et contre l’insecte vecteur est le plus souvent inopérante, et l’infestation est à peu près fatale.
Mais avec la grande ressource de la quinine, l’hygiène générale permet la résistance victorieuse de l'organisme.
Hygiène alimentaire. —- Nous avons vu l’importance du rôle de l’alimentation, de l’eau en particulier, nous n'y reviendrons pas.
Alcool. — L'alcoolisme aigu, l'alcoolisme chronique ont, nous l'avons vu une action favorisante sur le paludisme.
Mais il n’en est je crois pas de même de l’alcool, pris à dose modérée, ou même à dose assez forle (à condition qu'il soit bien toléré), J’ai remarqué que les individus qui absorbaiïent une notable quantité
d'alcool et qui n'étaient pas porteurs de lésions dûes à l’éthylisme, semblaient résister mieux que d’autres à l'infection. Je citerai le cas de l’adjudant L... (V. page 25) qui, grand buveur, a été le seul dans les compagnies où j'ai passé à ne pas manifester d’accidents paludiques.
Hygiène corporelle. — Les gens sales sont exposés à toutes les maladies, et le paludismeny fait pas exception. J'ai remarqué que tous ceux qui n'étaient pas soucieux de leur hygiène corporelle étaient les premiers atteints. Cela se comprend facilement, si l’on admet le rôle des affections gastrointestinales et des infections dûes aux effractions cutanées, qui ne peuvent qu'être favorisées par la malpropreté.
Hygiène de l'habitation. — Les règles concernant l'hygiène de l’habitation en pays palustre, sont suffisamment précises pour que nous n’ayions rien à y ajouter.
Ayant vu la question en militaire, je m’étendrai un peu plus longuement sur la question du campement.
Le vieil adage militaire : « mieux vaut un mauvais cantonnement ‘qu'un bon campement », garde toute sa valeur. Nous avons vérifié bien souvent sa justesse : Lorsque des unités trouvaient des maisons dans un village, la totalité du contingent ne pouvait en général pas y loger, et une partie s’établissait sous la tente à proximité. Les accès étaient toujours plus fréquents et plus précoces pour cette partie,
gate Vo
Les conducteurs qui, à cause de leurs chevaux
campaient toujours, élaient le plus souvent atteints :.
En juillet 19:16, un détachement d’automobilistes qui legeait dans des maisons près de notre compagnie, était peu atteint, tandis que la compagnie était ." décimée.
Le campement était d'autant plus mauvais qu'il était fait avec moins de soins. Les campements de fortune, établis n'importe où et sans soin ont toujours été désastreux.
Les diverses parties d’un campement n'étaient d’ailleurs pas également sujettes à la maladie. A la
. Compagnie 0/5, eampée près du village de Sendel, les hommes couchaient sous de grandes tentes, dites « marabout ». Certaines tentes restaient indemnes, tandis que d’autres avaient beaucoup de malades. Ceci devint siévident que, dès qu’un cas de paludisme se produisait dans une tente, les hommes voulaient à tout prix changer l’emplacement de cette tente. Une histoire analogue de «tentes à paludisme », est rapportée d’un camp du Maroc (J. Herber. Le paludisme au camp de... (Pr. Medic. 19 mai 1920).
Hygiène collective. — En plus des travaux d’assèchement et de drainage, les mesures d'hygiène collective qui assurent en particulier la bonne qualité des eaux potables, l’evacuation des eaux usées et des detritus, le traitement et l'isolement des malades, empêchent l’entassement, etc..…., sont un sérieux appoint dans la lutie antipaludique.
L'hygiène des pays civilisés, sans qu’en cela soient intervenus, ni la lutte contrele moustique, ni la lutte contre l'hématozoaire, a fait disparaître le paludisme de pays où il était jadis florissant. Le champ du paludisme se restreint de plus en plus. L'on a dit : « le paludieme recule devant la civilisation », il serait, je crois, plus exact de dire : « le paludisme recule devant l'hygiène ».
Ce quine veut pas dire qu'il faille négliger tous les procédés mis en œuvre pour l’extinetion du virus, pour la lutte contre les moustiques, les moyens de protection collectifs ou individuels contre l'infestation anophélienne, la quinisation préventive. Mais ces moyens sont en bien des cas inapplicables ou insuffisants et l'hygiène générale est souvent le meilleur moyen de lutte contre la malaria.
NÉS Ces