AUTRES METHODES
A côté de cette grande méthode des émissions sanguines, vient se placer une série de moyens qui, tous, ont paru agir dans quelques cas que nous signalerons à mesure, mais qui, pris isolément, n'ont pas une action suffisante ou assez nettement déterminée pour que l'on puisse s'en rapporter à eux seuls comme agents de traitement. Quelques-uns, pourtant, sont plus importants que les autres, et méritent que nous nous y arrêtions quelques instants ; mais, encore une fois, ils ont toujours été associés à d'autres modes de traitement. Nous ne pouvons donc pas, pour eux, donner des tables de comparaison.
En première ligne, il faut citer les purgatifs.
L'idée -d'agir sur le tube intestinal, d'y produire une dérivation active, vigoureuse, devait tout naturellement se présenter à l'esprit des praticiens, et tous l'ont acceptée sans aucune arrière-pensée. Les sécrétions intestinales, dit M. Bailly, qui résume la question dans un court article (Nouv. Dict.de Méd. et Chir.prat.), deviennent, dans certaines conditions, supplémentaires de celles de la peau et des reins, et par la voie de l'intestin peuvent s'échapper des produits de dénutrition dont l'élimination est habituellement dévolue aux glandes rénales et cutanées et qui se trouvent accidentellement retenues dans le sang par l'action insuffisante de ces dernières. Tout agent qui tendra donc à exciter, à augmenter la sécrétion intes-
tinale en produisant, pour ainsi dire, une saignée séreuse, tendra à augmenter l'élimination de ces produits et, en même temps, à désemplir le système vasculaire cérébral ou médullaire. A ce point de vue, les purgatifs salins sont indiqués. Mais les sulfates de soude, de potasse de magnésie, etc., que nous voyons employés dans quelquesunes de nos observations, ont un grand inconvénient dans ce cas, c'est qu'ils ont besoin d'être dissous dans une certaine quantité de liquide ; et les malades atteints d'accès éclamptiques, présentent une notable difficulté dans la déglutition; on les a donc employés en injections rectales, mais l'effet n'étant pas suffisant, on a eu recours aux purgatifs drastiques.
Deux surtout parmi eux ont eu la préférence des médecins, l'une, l'huile de croton, mais elle a l'inconvénient de déterminer des vomissements, d'être difficilement tolérée, et ici encore, l'âcreté du médicament, son action irritante forcent à le dissimuler dans une potion gommeuse. On retombe donc dans l'inconvénient des purgatifs salins.
Il n'en est plus de même d'un autre médicament qui, par son petit volume, présente au médecin une facilité de maniement qui a ici de grands avantages, nous voulons parler du calomel et du jalap. C'est , en effet, à ces agents employés, soit isolément, soit, le plus ordinairement, associés l'un à l'autre, que l'on doit avoir recours, et M. Dubois leur reconnaissait une influence notable. Dans quelques cas, dit-il, ils ont paru aider puissamment les autres méthodes de traitement en produisant une diarrhée bilieuse, abondante, qui se prolonge souvent pendant vingt-quatre heures et est suivie quelquefois d'une rémission dans les phénomènes
convulsifs. On voit dans nos tableaux un certain nombre de cas où cette amélioration a été constatée. On peut du reste les associer à des lavements purgatifs : séné, sulfate de soude, et l'on obtiendra ainsi des résultats quelquefois très-évidents. A côté des purgatifs, viennent se placer les vomitifs, Fipécacuanha et Fémétique, mais ils sont aujourd'hui complètement rejetés par les accoucheurs. Indépendemment de la pléthore cérébrale qu'ils déterminent au moment de l'effort du vomissement , ils ont encore un inconvénient plus sérieux, c'est que, dans les efforts de vomissements, les matières rejetées peuvent pénétrer dans les voies aériennes, et amener la suffocation pendant l'accès et le coma. Quelle que soit donc l'autorité de Hohl qui croit qu'une forte dose d'ipécacuanha est très-utile (lorsque l'attaque a été précédée d'indigestion), nous ne croyons pas qu'il faille avoir recours à ce médicament, autrement qu'à toutes petites doses et encore pas employé seul, mais comme sudorifîque.
Mais doit-il en être de même de Yémétique à dose vomitive ? Oui ; il a les mêmes inconvénients que Fipécacuanha sans en avoir les avantages.
Le fait déjà signalé anciennement par Mauriceau a été de nouveau mis en relief par Kilian, et Braun constate qu'il n'a jamais obtenu de bons effets de son usage à petites doses. Mais il est encore d'autres moyens d'emploi de l'émétique et il a donné, ainsi employé, d'assez bons résultats pour que nous les consignions ici.
Tarnier, clans un cas grave, assure en avoir retiré un excellent effet, mais en même temps, il reconnaît que l'action salutaire de l'émétique n'est pas constante, et cet aveu, dit Bailly, doit laisser subsister des doutes sur l'efficacité réelle du médicament dans un cas particulier où
sans cloute d'autres moyens de traitement avaient été employés.
Legroux (Union mêd., 1853) donnelTémétique à dose rasorienne, et obtient les résultats suivants :
2 observations, 2 guérisons. Dans l'une des observavations, il y a eu à la fois saignée et émétique. Dans la deuxième, le tartre stibié a été employé seul, il est difficile déjuger de l'influence d'un traitement d'après aussi peu d'éléments. Voici, du reste, l'analyse du mémoire de M. Legroux avec les deux observations résumées.
Après avoir rappelé l'observation de Sabatier, publiée dans Y Union médicale du 14 mai 1853, Legroux avance que, si l'on cherche dans les éléments pathogéniques de cette affection, des sources d'indication, peut-être peut-on arriver à formuler la thérapeutique d'une manière un peu différente.
Obs. I. — Eclampsie albuminurique pendant la grossesse, traitée et guérie par la médication stibiée.
Louise Petit, âgée de 25 ans, domestique, entrée à l'hôpital Beaujon le 26 septembre 185-2 (lit 317).
Pas de maladie grave ; fréquents maux de tête.
Le 26 septembre. Céphalalgie violente, délire, convulsions violentes avec perte de connaissance.
Le 27. Larges ecchymoses à la face, tuméfaction des lèvres et de la langue; yeux hagards; perte de connaissance ; œdème des membres inférieurs et du bras du côté droit; urines albumineuses. — Dix accès convulsifs depuis la veille; fièvre. — Saignée de 3 palettes. — Potion avec 0,30 cent, de tartre stibié, et 30 gr. de sirop d'ipéca, à prendre par cuillerées d'heure en heure. — Vomissements, selles abondantes. Plus d'attaques.
Le 28. Mieux notable, moins d'oedème des membres inférieur:;. — Fièvre moindre. — Potion stibiée.
Le 29. Retour de l'intelligence; pas de souvenir de ce qui s'est passé depuis la première attaque; moins d'albumine dans l'urine ; potion stibiée.
Charpentier. 7
Le 30. Mieux continu. Pas de potion.
Le 2 et le 3 octobre. Malgré l'amélioration croissante, l'efface ment des ecchymoses et de l'œdème, la cessation de la fièvre, la potion stibiée est redonnée afin d'éviter le retour des accidents ; achever la guérison de l'albuminurie, et combattre un certain degré d'étourdissement et de pesanteur de tête.
La potion est suspendue le 4. — Reprise le 5. — Plus d'étourdissements.
Le 6. Suspension. — Reprise le 7. — Le 8, suppression. — Le 9, reprise malgré l'état satisfaisant.— Le 10, douleurs de reins, accouchement régulier, enfant vivant, robuste, bien constitué.
Le 12. Plaque érysipélateuse au coude droit. — Large vésicatoire.
Le 14. Erysipèle arrêté.
Le 21. Rétablissement complet. Plus d'albumine.
Le 6 novembre. La malade sort en parfaite santé.
Hé flexions. — Aucun doute sur la maladie. Encéphalopathie albuminurique chez une femme arrivée au terme de la grossesse.
Deux moyens sont dirigés contre cette affection :
La saignée s'adressait à la contagion cérébrale et avait pour but de prévenir les suites fâcheuses des nombreuses contusions dont la tête était le siège.
L'émétique ensuite ; ce médicament était destiné à combattre l'albuminurie dans sa cause et ses effets.
L'action déplétive de la saignée est avantageuse pour diminuer la congestion cérébrale, mais elle est insuffisante dans la plupart des cas de cette nature; elle n'empêche ni les accès convulsifs; ni une terminaison fatale, si l'art n'intervient pour opérer l'accouchement. Son insuffisance est manifeste dans l'observation de M. Sabatier. Dans l'observation I, la saignée n'a e*u qu'une part inappréciable et confondue dans les effets du tartre stibié. L'action de ce médicament n'est pas équivoque, car c'est
au moment que les évacuations s'établissent que les accidents cérébraux se calment; c'est sous l'influence de cette médication, continuée pendant plusieurs jours, que l'on voit l'œdème s'effacer, l'albumine disparaître, la santé se rétablir, sans que la grossesse soit entravée dans sa marche. L'accouchement, en effet, a eu lieu spontanément, à terme, et après un jour de calme laissé par la suspension du médicament.
L'idée d'opposer cette médication à l'éclampsie albuminurique a été suggérée à Legroux par les bons effets obtenus dans plusieurs cas d'albuminurie aiguë ; d'abord chez un adulte atteint de pneumonie et d'albuminurie, guéri par le tartre stibié à 0 gr. 30 centigr. par jour, de cette double affection.
Les principaux éléments de l'albuminurie sont :
1° Une lésion rénale, congestive ou inflammatoire, sur laquelle la thérapeutique peut avoir prise, à la suite de cette lésion, des altérations rénales qui paraissent au-dessus des ressources de l'art. La période congestive paraît durer tant que les urines sont rougeâtres, et cela peut s'observer pendant plusieurs mois, surtout pendant la grossesse;
2° Une diminution de l'albumine du sérum du sang ;
3° Une tendance à la diminution des globules, constante et très-notable après deux mois.
4° Une diminution notable de la densité du sérum, à cause de la diminution d'albumine ;
5° Une hydropisie générale, comme conséquence des faits précédents.
Des phénomènes encéphalopathiques se montrent dans le cours de cette affection; des symptômes amaurotiques,
des accidents apoplectiques et des attaques d'éclampsie, communes chez les femmes enceintes.
Rilliet prétend que i'hydrencéphalie serait la cause de l'éclampsie qui survient dans la Ve période de l'albuminurie hydropique aiguë, et avec les auteurs anglais, cet auteur pense que, dans la forme chronique, les accidents cérébraux (état comateux, ataxie terminale), sont sous la dépendance d'une altération profonde des humeurs et très-probablement de l'intoxication.
D'après Legroux l'invasion brusque des accidents n'est pas en rapport avec la marche ordinairement progressive de la diffusion séreuse. — En admettant la seconde version les phénomènes encéphalopathiques devraient aussi avoir une marche graduelle, comme l'altération du sang dont ils seraient l'effet. — On conçoit aussi difficilement dans ce cas la forme hémiplégique des accidents.
Quoi qu'il en soit de la doctrine de Rilliet, il est trèsprobable que la congestion séreuse est l'élément principal de l'encéphalopathie à l'état aigu. — On peut admettre sans difficulté l'action délétère sur le cerveau, du sang altéré dans sa composition, dans les cas d'albuminurie chronique.
Cette double théorie conduit à une thérapeutique analogue dans l'un et l'autre cas.
Partant de ce point de vue que, dans la période aiguë de l'albuminurie, les globules de sang n'ont pas encore subi de diminution, qu'il existe une congestion rénale, MM. Becquerel et Rodier conseillent l'emploi des émissions sanguines assez libéralement pratiquées. — Mais quelle est la limite de la période aiguë? D'après les recherches de Becquerel et Rodier elle devrait s'arrêter
à vingt jours, car après, la tendance à la diminution des globules se manifeste.
Aussi faut-il se tenir dans une grande réserve sur l'usage des saignées dans des cas où l'élément globulaire du sang va bientôt subir une diminution sous l'influence de la maladie, réserve commandée en outre par la difficulté avec laquelle cet élément se répare après les grandes déperditions sanguines. Les indications pour la saignée doivent être déduites des conditions générales de l'individu, de l'ensemble des phénomènes circulatoires, de l'ancienneté de la maladie et de la coloration rouge de l'urine. Mais, soit qu'il y ait indication pour là saignée ou contreindication à cause de l'état anémique du sujet, on trouve dans les éléments de la maladie albuminurique des sources nouvelles d'indications thérapeutiques.
La première est déduite de la prédominance hydroémique. On peut la formuler ainsi : Eliminer la sérosité surabondante.
On a plusieurs voies pour cette élimination. La surface cutanée, l'appareil urinaire, la muqueuse digestive, le tissu cellulaire par ponction directe.
L'action des bains de vapeurs sèches ou humides est trop lente pour qu'il soit permis de compter sur eux dans l'encéphalopathip qui peut avoir des suites si promptement funestes.
Les mouchetures ne sont qu'un moyen du moment, urgentiori occurrens, ce n'est qu'un palliatif.
Utile parfois dans les hydropisies qui ne réclament pas de secours immédiats, la médication diurétique est incertaine, impuissante quand il s'agit de complications graves et menaçantes, Et dans l'espèce les diurétiques ne peuvent-
ils pas exercer, par une diurèse abondante, une action fâcheuse sur les reins malades ?
Reste comme moyen d'élimination l'appareil digestif. Il répond sûrement, fidèlement, promptement à notre appel. En faisant pleuvoir la sérosité dans sa cavité, on décongestionne les organes qui en sont encombrés.
De tous les agents employés pour exciter les sécrétions gastro-intestinales, il n'en est aucun qui puisse marcher de pair avec l'émétique.
Ses effets hydragogues sont constants.
Il a en outre une action contro-stimulante, qui peut avantageusement remplacer la saignée.
Il faut aussi tenir compte de l'activité imprimée à la circulation capillaire par les efforts de vomissements, et de l'état sudoral qui succède souvent à ces efforts.
Enfin, cette médication n'enlève pas l'élément le plus lentement réparable du sang, les globules.
Les purgatifs ont un effet trop lent et n'ont pas l'effet contrp-stimulant de l'émétique.
Enfin l'émétique fait disparaître aussi bien l'albuminurie récente que l'ancienne.
Telle est la médication stibiée appliquée à l'albuminurie en généraL Revenons au cas spécial d'encéphalopathie albuminurique.
En présence d'accidents qui peuvent être rapidement mortels, que faUt-il faire?
S'il y a des signes de pléthore et congestion sanguine, saigner.
S'il y a infiltration générale on pourra faire des piqûres. La saignée serait inutile, nuisible peut-être si l'on avait affaire à une malade anémique.
Que ces moyens aient été ou non jugés nécessaires, il faut immédiatement recourir au tartre stibié.
Dose : de 0,15 à 0,30 centigr. de tartre stibié dans une potion de 4 25 gr. associé au sirop d'ipéca. On donne la potion par cuillerées à bouche d'heure en heure.
Le médicament est continué jusqu'à ce que les accidents soient calmés. On le suspend et reprend ultérieurement de manière à entretenir l'effet hydragogue, sans fatiguer les malades.
Le tartre stibié n'a pas entravé par les efforts de vomissements, dans le cas précédent, la marche de la grossesse; le ferait-il, il remplirait une indication qui paraît être une nécessité de circonstance.
Obs. II. — Ghioro-anémie ; éclampsie suivie d'hémiplégie, quinze jours après un accouchement ; albuminurie sans hydropisie ; traitement par le tartre stibié ; guérison rapide.
Fous (Marguerite), âgée de 19 ans, entrée à l'hôpital Beaujon le 17 juin 1853.
Chîoro-anémie profonde. Accouchement heureux à la fin du mois de mai.
Le 11 juin, sans cause connue, perte complète de connaissance avec convulsions. L'attaque a duré une demi-heure et a laissé une hémiplégie gauche sans altération de la sensibilité.
Le 12. Nouvelle attaque, ainsi que les jours suivants.
Le 17. Entrée à l'hôpital. On constate : Pâleur anémique, faiblesse extrême, céphalalgie intense, intelligence saine, hémiplégie gauche, paupière supérieure gauche paralysée, pupilles dilatées, vue trouble, pouls petit 80, peau froide, toux fréquente, urine trèsalbumineuse, diagnostic, apoplexie séreuse albuminurique avec attaque d'éclampsie.
Traitements 0,10 cent, tartre stibié et 30 gr. sirop d'ipéca, par cuillerées d'heure en heure, vomissements abondants.
Le 18. Faciès meilleur, parole plus libre, retour de la chaleur aux extrémités, urines peut-être un peu moins albumineuses. Même traitement.
Le 19. Peu de vomissements, mouvements du bras plus libres, moins de céphalalgie, diminution de l'albumine. Même traitement.
Le 21 . Evacuations abondantes par haut et par bas, paralysie disparue, les urines contiennent à peine des traces d'albumine, chaleur normale, teinte rosée des lèvres et des joues.
Jusqu'au 23, mieux continu, plus d'albumine. Suspension du tartre stibié.
Le 24. Reprise de la potion, vue un peu trouble.
Le 25. Suspension, la malade peut être considérée comme guérie.
Enfin il est une méthode que l'on pourrait appeler méthode mixte, et qui montre les bons résultats que l'on peut obtenir de l'émétique associé à la saignée et au calomel.
Préconisée surtout par Gollins : voici la formule qu'en donne Wieger (Mém. Gaz. médic. de Strasb. 1855.)
L'émétique ^donné à doses réfractées est associé à la saignée, à l'opium et au calomel.
Eau de pouliot. 250 grammes.
Tartre stibié. 0,40 grammes.
Teinture d'opium. 30 gouttes.
Sirop simple. 10 grammes.
La saignée est modérée.
Voici les résultats obtenus par Collins : sur 30 éclamptiques, 5 morts. Et la mort de 4 des femmes peut être mise sur le compte de la méthode employée pour délivrer la femme (perforation du crâne, crochets) ; trois ruptures de l'utérus furent constatées à l'autopsie.
Lever [Guys. hosp. rep. 1845), sur 14 cas, a eu 2 morts.
Johnson. Même proportion dans les succès, chiffre non indiqué.
R. Johns (Dublin med. J, of Med. science, 1849) rapporte 9 cas d'éclampsie traités par cette méthode, 7 fois
elle survint pendant un travail de vingt-cinq heures de durée en moyenne, 3 fois les enfants furent extraits par les instruments, 2 fois l'éclampsie survint après l'accouchement, aucune des femmes ne succomba aux convulsions, 6 eurent des complications puerpérales auxquelles 2 succombèrent. En raison de la fréquence de ces complications puerpérales, Johns veut que l'on se hâte de donner le calomel à doses réfractées afin de les prévenir s'il est possible.
En somme 53 femmes, ainsi traitées donnent 9 morts soit 18 p. 100. Il est difficile d'obtenir un plus beau résultat.
Purgatifs* — Calomit, jalap, séné, sulfate de soude. (Obser.)
Les accès sont survenus:
AVANT L
PRO- DROMES
E TRAVAIL
PAS DE PRODROMES
AVANT
APRÈS
ce tu
Calomel.
Supp. huile de croton.
Supp. h. de crot., cal.
Huile de croton.
Idem.
H. de crot., calom. jalap.
Maternité. — Traitement par purgatifs.
N°5 d'ordre.
Purgatif.
Lav. purgatif
Lav. purgatif
Cal. jal., lat. purg
Calom. jalap
Jalap, lat. purg. . . .
Lav. purg
Cal. jalap
Cal., jalap
Cal. jal
Cal. jal., lav
Cal. jal
Cal. jal
Cal. jal
Lav. purg
-Cal jal
Lav. purg
Cal. purg
Lav. purg
Lav. purg
Lav. purg
Lav. purg
Cal. jal
Cal. jalap, lav. purg
Cal. jal
Cal. jal
Cal. jal
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Cal. jal., lav. salé .
Guérison.
Mort .
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sort inconnu.
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Observations.
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REVULSIFS.
MEDICATIONS DIVERSES.
A côté des purgatifs, viennent prendre place, comme moyens adjuvants les révulsifs : sinapismes, vésicatoires. Vivement recommandés par Velpeau Prestat, ils sont aujourd'hui presque complètement abandonnés et P. Dubois qui les avait longtemps employés, y avait même renoncé dans les dernières années de sa pratique, les jugeant ainsi pour le moins inutiles. M. Bailly va plus loin et résume ainsi leurs contre-indications : « Je pense qu'ils ne sont pas sans inconvénients dans une affection où le système nerveux est si puissamment surexcité que l'irritation légère produite par le palper, l'auscultation, le simple contact du doigt, sur les muqueuses vulvaires et vaginales suffit pour provoquer de nouveaux accès. A ces inconvénients s'ajoute le danger de produire des eschares ; l'infiltration séreuse en affaiblissant la vitalité des tissus, les prédispose au sphacèle et trop souvent l'oubli des sinapismes causé par le trouble des assistants et l'insensibilité des malades, a donné lieu à des gangrènes étendues et profondes qui ont entraîné la mort.
Braun attache une certaine valeur à l'application des ventouses Junod à l'aide desquelles Gazeaux a obtenu dans quelques cas des résultats favorables. Il considère ce procédé comme beaucoup plus rationnel que celui qui consiste à user à profusion des saignées générales, parce
qu'alors le sang n'est soustrait que temporairement à la circulation, et que la production d'un œdème transitoire des extrémités peut débarrasser le sang pour quelque temps d'une certaine quantité de sérum morbide et altéré.
Dans un cas cité par Denmann, l'accès a cédé à des aspersions d'eau froide sur la poitrine, et ce moyen a suffi pour empêcher leur reproduction (voir obs. 235). C'est un moyen très-inoffensif et surtout trop peu actif pour qu'on y attache la moindre importance. Il n'en est pas tout à fait de même du froid qui a été employé de différentes façons. Récamier, Booth J. G. M. Ch. 1853, l'ont employé à l'état d'affusions froides, et en ont retiré quelques avantages. M. Lachapelle recommande vivement les applications de compresses glacées et mieux de glace sur la tête. C'est surtout dans le cas de coma profond qui dénote une forte congestion cérébrale ou une suffusion séreuse dans les ventricules du cerveau, que ce mode de traitement semble indiqué. Les résultats signalés dans nos observations sont bien peu probants, ce moyen en tous cas n'est qu'un palliatif.
Un médicament sur la valeur duquel on n'est pas d'accord, c'est l'opium tandis que Gazeauxet la majorité des accoucheurs en France repoussent son emploi, en se basant sur l'action congestive de ce médicament; il n'en est pas de même en Allemagne et en Angleterre : il est recommandé chaudement par BraunKiwisch, Scanzoni, Kilian, Wieger, Hohl, Feist, Crede et autres, et on doit, dit Braun, prescrire l'usage à l'intérieur de 1 à 6 grains d'opium et d'un quart de grain à un grain d'acétate de morphine à prendre en six heures, ainsi que l'usage simultané de 20 à 30 gouttes de teinture anodine, en lavement
— 10UJ surtout, dans les cas où le chloroforme et les acides n'agissent pas assez promptement, ou d'une manière assez permanente et quand les accès éclamptiques se continuent encore pendant les couches.
Le mode d'administration a encore été modifié dans ces dernières années, et on trouvera dans nos tableaux cinq faits, dans lesquels il a été administré par la méthode des injections hypodermiques. Sur ces cinq faits quatre fois les accès ont été modifiés d'une façon avantageuse, une fois au contraire ils n'ont pas été enrayés et la maladie a continué sa marche croissante.
D'autres enfin l'ont associé à l'ipéca sous forme de poudre de Dower. (Voir obs. 251.)
Les bains ont été employés, soit à l'état de bains de vapeur, soit surtout à l'état de bains simples, courts ou prolongés associés ou non aux lotions et aux applications froides sur la tête. Nous les trouvons dans nos observations associés à tous les traitements et leur action est plus que douteuse, outre que leur application est bien difficile chez des malades plongées dans un coma aussi profond que l'est celui des éclamptiques.
Vient ensuite toute la série des médicaments internes, en premier lieu les antispasmodiques, l'éther que nous retrouverons avec bien plus de valeur dans les ânesthésiques, puis le camphre, la véleriane, l'assa-fœtida: leur action est plus que problématique. Il en est de même du bromure de potassium, du cyanure de zinc, de l'acétate de cuivre, de la teinture de castoréum, de l'ammoniaque, de la noix vomique» On trouvera dans nos observations, un ou deux exemples de l'emploi de ces diverses médications. Il est impossible actuellement de
juger de leur valeur qui nous paraît tout au moins douteuse.
Nous renvoyons encore à nos tableaux, mais il est un médicament sur lequel nous devons un peu plus insister, ne fût-ce qu'à cause du nom de l'homme qui s'en est fait le promoteur.
Adoptant au point de vue chimique les opinions de Frerichs sur la théorie de l'éclampsie et considérant cette dernière, comme le résultat de l'altération du sang par le carbonate d'ammoniaque produit par la décomposition de l'urée, Braun conseille dans l'intervalle des accès de procéder au traitement direct de l'urémie, en administrant soit l'acide benzoïque à la dose de 5 à 10 grains, soit le jus de citron, soit une solution d'acide tartrique dans de l'eau glacée, par cuillerée à bouche jusqu'à ce qu'on obtienne une copieuse diurèse, qui en général ne tarde pas à apparaître; il est d'accord en cela avec Harrie, Bestchler, Wieger et autres, et quelques cas de succès semblent ne pas devoir faire négliger ce moyen. Braun associe du reste à l'acide benzoïque, la teinture de castoréum, le musc qui peut, dit-il, rendre service après l'abus de la saignée.
Ce dernier médicament a été employé avec un certain avantage dans quelques cas, et M. Danyau l'a employé dans plusieurs cas.
Faut-il maintenant parler du nitre, du valérianate de quinine, de la liqueur d'Hoffmann? Bornons-nous à les citer.
Disons enfin que, dans une observation nous trouvons indiqué un moyen que Trousseau avait signalé comme pouvant donner certains résultats dans les convulsions des enfants. Nous voulons parler de la compression des
carotides qui a été dans ce cas employée plus de 150 fois pendant la durée de la maladie.
Enfin la scarification de l'œdème, qui se trouve signalée une fois et qui a paru calmer l'intensité des accès.
Nous nous bornons à placer à la suite de ce chapitre, des tableaux, où l'on trouvera relatées quelques observations se rapportant à ces diverses médications. On pourra ainsi se rendre compte des effets produits.
Mévtsësif's.— Vésicatoires, sinapismes froids. (Observ.)
Les accès sont survenus :
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