on
1G50 3nm
9 avril 29 mai
6 déc,
2Gji.il
;j.i juin.
20 net.
30 nov.
(î déc.
nnSKKVATIONS
Itililln.t enn-i. 1er. idiote, épilepli']ue. maladies di
Pas d infiltration.
Hydro amnios depuis le 24 nov., cystite, hématurie, œdème du bas-ventre et des jambes.
Infiltration générale.
H'ilèuic Fi-lampsie 10 h. après l'accouchement. Ecchymose de l;, paupière supérieure.
Albuminurie. Pas d œdème.
Pin dYi'i'è ne aux malléoles. Urines rares. Albuminurie.
Infiltrée depuis 5 jours. Iujuctiun surierticïelle du cerveau [Gangrène utérine.
Paa d œdème Albuminurie. Incisions sur 1 orifice. Acct trop nombreux pour être comptés.
Infiltration complète des membres inférieurs. Urines légèrement albumineuses.
Urine essayée par la chaleur et l'acide nitrique ne rei [fermait pas d'albumin
Urines albumineuses.
Bassin vicié. Pas d'albumine dans l'urine Léger œden des jambes
2 Miatj. d'eelampsie au mois d'avant, ni œdème ni alb Œdème de la jambe droite.
Infiltration des jambes.
2550 Urines très-foncées, albumineuses, pas d'CDdè
Œdème des jambes. Albuminurie.
2100 Albuminurie.
te consid. remontant jusqu'à la paroi abdominale. Œdème des jambes. Albuminurie. Pneumonie double In- Albumînurie. Infiltration. [fection purulente.
2 acres un mois après 1 accouchement, précédés de céphalalgie et de troubles dans la vue Albuminurie sans œdème. Tuberculeuse.
Hémorrhagie proven. de la section de l'artère linguale. A l'autopsie, hémoirhagie cérébrale.
Accès après l'accouchement.
Infiltration, emploi du chloroforme depuis 10 h. du mat. le 27. Il détermine des \<>missemenU.
Œdème Pasd'alb. si ce n'est après les attoq, et en p» tïte quantité. Epileptique. Gangrené utérine. Iuiu- ■ un> | • même congestionnés.
Œdème de la jambe droite. Albuminurie.
Œdème. Albuminurie.
Peu d'œdème. Albuminurie. Part sans êtreaci mais l'enfant mort.
Innés très-foncées. Albuminurie. Œ 'ème généralisé. Hémorrhagie cérébrale. Reins altérés. Poumons congés!. 2<V70 Albuminur 2685 ïufiltration.
1000 Intiltratiou Albumin
Albuminurie.
Albuminurie. Douleur épigastriuue, troubles dans U céphalalgie, hémorrhagie par l'oreille.
lî>50 Albuminurie.
ÎCÏSO Itai'hiijqm* Albuminurie.
1750 Albuminurie.
2480 Enfant né vivant, a vécu 4 jours.
Céphalalgie Infiltration. Albuminurie
Pas d'il : ; : ilion, ni d'albumine dans l'urine.
H\. h ... . , iv. 1 uni .i ie. Albumine dans l'urine
\]|. ..1 i e. Œdcuie généralisé.
. . . . Albuminurie.
1710 Infiltration, albuminurie (accès convulsifs incomplets
, . . .1 [très rapproches et qu'on ne peut compter).
. . , .: Infiltration. Enfant mort 15 (. âpre- sa naissance
l'accès; si l'œdème des poumons commence à se manifester et si enfin il n'y aucune trace d'anémie, de chlorose et de faiblesse; il peut arriver même alors, dans quelquesuns de ces cas particuliers, qu'on observe après une saignée la cessation des accès ou une durée plus longue des intervalles qui les séparent.
Etudions maintenant nos observations, et voyons si nous pouvons y trouver la confirmation de ces opinions.
M. le Dr de Soyre a bien voulu me communiquer un tableau statistique de tous les cas d'éclampsie recueillis à la Clinique depuis 1834 jusqu'à 1871. Etudions d'abord ce tableau, nous prendrons ensuite les observations recueillies par nous dans les auteurs, et nous publierons in extenso les observations recueillies par nous à la Clinique pendant notre clinicat. (Obs. 103 à 113.)
Voir le tableau général ci- contre :
Ce premier tableau va nous fournir des renseignements sérieux pour les besoins de notre cause, nous le subdiviserons en plusieurs autres, comme il suit:
1° Un tableau indiquant l'époque de la grossesse à laquelle sont apparus les accès.
2° Un deuxième, comprenant les accès et qui permet de voir de suite que les accès par leur nombre même ont une influence considérable sur le pronostic.
3° Enfin, un tableau indiquant le nombre des saignées et les résultats obtenus.
Femmes éclamptiques avant terme. Primipares.
5 mois. Obs. 48, 68 2
Total 60
Femmes éclamptiques à terme. Primipares.
Obs. 12, 15, 16, 22, 25, 27, 30, 31, 34, 36, 37, 38, 39, 40, 43, 46, 49, 51, 53, 59, 62, 65, 67, 71, 75, 77, 83, 84, 87, 88, 95, 97, 100, 102, 116, 118, 121, 122, 123, 127, 129, 130, 133 43
Femmes éclamptiques avant terme. Multipares.
6 mois. Obs. 115
Femmes éclamptiques à terme.
Obs. 8, 20, 27, 82, 83, 87, 98, 133, 54, 69 10
Voir le tableau de la Clinique, accès, page 17.
Nombre des accès : de 1 à 10.
Obs. 3, 10, 12, 16, 23, 26, 32, 33,36, 40,42, 44, 45, 48, 50, 52, 53,
Total • 45
Guéries : Obs. 106, 111, 119. 122, 129, 130, 133, 3, 10, 12, 16, 32, 33, 40, 42, 50,' 53, 57, 60, 62, 65, 71, 72, 81,
Mortes : Obs. 23. 26, 36, 48, 63, 64, 80, 95, 100, 107, 123, 11 Inconnues . 3
tToal égal 45
De 10 «20
Obs. 2, 5, 9, II, 15, 25, 32, 48, 50, 55, 57, 59, 68, 70, 74,
Total 31
Guéries : Obs. 5, 9, 11, 32, 50, 55, 57, 68, 75, 89, 91, 94, 97,
Mortes : Obs. 2, 15, 25, 48, 59, 70, 74, 77, 84, 85, 113, 124,
Total égal 31
De 21 à m
Obs. 17, 19, 21, 27, 29, 30, 62, 69, 76, 79, 83, 92, 93, 102, 103, 104, 108, 109, 112, 113, 117, 120, 125, 126.
Total 24
Guéries : 17, 19. 21, 29, 62, 83, 109, 112, 117, 120, 125, 126. 12 Mortes : 27, 30, 69, 76, 79, 92, 94, 102, 103, 104, 108, 113 . 12
Total égal 24
De 60 à ÎOO.
Obs. 47, 86.
L'une, 95 accès sort inconnu.
L'autre, 160 idem.
Donc proportion :
De 1 à 10, mortalité — — 1/4
De 10 à 20 ^ = 1/3
De 20 à 50 ^— 1/2
Les accès ont donc, par leur nombre, une énorme influence.
Femmes ayant subi une seule saignée de 500 à 600 gr., et une application de sangsues de 12 à 40.
Obs. 2, 4, 6, 8, 21, 27, 48, 58, 60, 61 , 64, 65, 81, 106 14
Chez l'une on associa les ventouses Junod; chez une autre association de chloroforme.
Guéries : 8. — Mortes : 6.
Femmes ayant subi une seule saignée de 150 à 500 gr.
Obs. 14, 24, 31, 32, 35, 47, 49, 50, 55, 59, 62, 63, 66, 68, 71. 75, 79, 84, 85, 86, 87, 89, 92, 94, 95, [96, 100, 104, 107 ^ 113, 114, 115, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 128, 130, 131, 132, 123 44
Chez 4 on a associé le calomel.
Guéries : 26. — Mortes : 18.
Femmes ayant subi plusieurs saignées de 700 à 1 ,500 gr.
Obs. 10, 29, 39, 41, 77, 98, 102, 103, 110, 111, 116, 117, 124,
Chez l'une, 1500 gr. calomel, mort; chez l'autre, 900 gr. calomel.
Guéries : 7. — Mortes : 7.
Femmes ayant subi plusieurs saignées (600 à 1500 gr.), et plusieurs applications de sangsues (10 à 40).
Obs. 19, 20, 34, 76, 91, 93, 108, 109, 112, 125 10
Guéries : 4. — Mortes : 6.
Chez 2 on a associé le calomel. — 1 morte, 1 guérie. Chez 3 on a associé le chloroforme. — 3 mortes.
Total général 81
Résumé :
„ , „n ( Guéries. ... 34
remmes, une seule saignée 08 ! „ .
° ( Mortes .... 24
Femmes ayant subi plusieurs saignées, j Guéries. ... 11
et de nombreuses sangsues 24 ( Mortes .... 13
Que voyons nous en effet dans ce tableau.
14 femmes ont été soumises à une saignée de 500 à 600 grammes et à une seule application de sangsues au nombre de 12 à 40. De ces 1 i femmes 8 ont guéri, 6 sont mortes, ce qui nous donne pour le chiffre de la mortalité 6/14 = 43 %
44 femmes ont été soumises à une seule saignée qui a varié de 150 à 500 grammes. De ces 44 femmes
26 ont guéri, 18 sont mortes, ce qui nous donne pour
le chiffre de la mortalité 1 8/44 =40, 9%
•1-4 femmes ont été soumises à plusieurs saignées variant de 700 à 1,500 grammes ; 7 ont guéri, 7 sont
mortes 7/14 = 50%
10 femmes ont subi plusieurs saignées de 600 à 1 ,500 grammes et plusieurs applications de sangsues. Le nombre des sangsues a varié de 10 à 40 en une ou plusieurs applications. De ces femmes 4 ont guéri, 6 sont mortes, ce qui nous donne pour la
mortalité 66/10 = 60 %
Et si nous réunissons en deux les
Femmes ayant subi une seule saignée avec ou sans
sangsues 58
Guéries 34
Mortes 24 24/58=41,3%
Femmes ayant subi plusieurs saignées avec
ou sans application de sangsues 24
Guéries 11
Mortes 13 13/24 = 54 %
La conclusion à tirer serait en faveur des saignées modérées et le problème semble résolu, mais cependant il n'est pas à beaucoup près aussi simple, car, si l'on veut bien se reporter aux numéros des observations, on voit qu'ils correspondent précisément aux cas les plus graves, c'est-à-dire à ceux où les accès ont été le plus fréquents.
On pourra objecter d'un autre côté que c'est précisément parce que la saignée a échoué que les accès sont devenus si fréquents, ou bien même que c'est sous influence de ces saignées répétées et chacune des opinions pourra ainsi trouver sa raison d'être suivant les auteurs. Ceci vient donc à l'appui de ce que nous avons dit et prouve combien la question est difficile à résoudre.
On l'a dit néanmoins, rien n'est brutal comme un chiffre
et nous ne pouvons que répéter ici et mettre en regard les chiffres ci-dessus.
Saignées modérées mortalité —M 1 ,3 0/0
Oo
Saignées abondantes et répétées id. —-54 0/0
Si maintenant nous réunissons les deux chiffres indépendamment des méthodes au point de vue de la saignée et des émissions sanguines en général, nous obtenons
mortalité -—= 45 0/0, chiffre que nous noterons avec
soin pour le comparer ensuite aux autres méthodes de traitement.
Restent dans le tableau 51 cas pour lesquels le traitement n'a pas été indiqué, où a été nul.
Avant de passer outre nous intercalons ici les dix observations recueillies par nous à la Clinique.
Obs. lre. — Eclampsie avant, pendant et après le travail. — Absence de prodromes. — Primipare. — Epilepsie habituelle, — Pas d'albumine, si ce n'est après l'accouchement et la fin des attaques et encore en petite quantité. — Gangrène utérine et vaginale. — Abcès du carpe et de l'articulation astragalo-calcanéenne. — Mort.
La nommée Vargny, âgée de 20 ans, primipare, entre clans les salles de la Clinique, le 9 novembre 1867. Descendue du dortoir où elle était depuis quelques jours, cette femme est venue à la visite pour montrer l'infiltration considérable dont ses jambes sont le siège et réclamer un lit dans le service de M. le professeur Depaul. Des renseignements certains nous ont appris que cette femme est épileptique depuis son enfance, et qu'elle est sujette à de fréquentes attaques; mais nous n'avons pu nous informer de l'influence de la grossesse sur cette maladie habituelle. Couchée au n° 15, cette femme est soumise à notre examen; et bien qu'elle accuse du malaise et quelques douleurs, le volume de son ventre et l'état du col encore long et fermé, indiquent qu'elle n'est pas en travail et que sa grossesse ne date guère que de huit mois à huit mois et demi.
Ses urines, traitées par la chaleur et l'acide nitrique, ne donnent pas de précipité d'albumine. La période prodromique a fait complètement défaut; les attaques ont débuté vers cinq heures du soir, et se sont succédé au nombre de 44, depuis le 9 novembre à cinq heures du soir jusqu'au lendemain 10, vers la même heure. Trois abondantes saignées ont été pratiquées.
lre attaque à o h. 1/4.
Après cette troisième attaque, une saignée de 500 grammes est pratiquée.
4e attaque à 6 h. 1/4.
oe — à 6 h. 50 m.
Deuxième saignée de 500 grammes après cette septième attaque. 8e attaque à 10 h. 11e attaque à Jl h.
10e à io h. 40 m. 13e — à 11 h. 1/2.
Troisième saignée de 600 grammes après cette treizième attaque. 14e attaque à 11 h. 55 m. 23e attaque à 3 h. 25 m.
Vers onze heures de la nuit, le travail se déclara, les douleurs devinrent plus fréquentes et plus fortes, et par le toucher on constata une dilatation comme une pièce de 20 centimes, et une présentation céphalique. L'auscultation révéla un ralenlissement notable dans les battements du cœur fœtal.
32e attaque à 6 h. 25 m. 36« attaque à 7 h. 45 m.
10 novembre. Ce matin, au moment de la visite, les attaques s'étaient succédé jusqu'à la 38e, et le travail avait suffisamment progressé pour que la tête fût arrivée à la vulve. L'auscultation ayant alors fait constater la mort de l'enfant, et le travail se ralentissant un peu, M. Depaul fit une application directe de forceps, après avoir préalablement pratiqué un débridement au côté gauche du périnée, pour faciliter l'expulsion de la tête. Dans ces conditions, un enfant mort du sexe masculin et pesant 3,153 grammes est facilement extrait. Après une délivrance naturelle, les attaques reparurent au nombre de 6, à des intervalles plus éloignés que celles qui avaient précédé l'accouchement.
39e attaque à 8 h. -40 m. -42e attaque à midi et 1/2.
40e — à 9 h. 43e — à midi 55 m.
41e — à 10 h. 1/2. 44e — à 5 h. 1/2 soir.
Vers cinq heures et demie du soir eut lieu la cessation des attaques, et, pendant leur durée, outre les saignées, il fut prescrit un lavement purgatif au séné et au. sulfate de soude (15 gr.), et une potion antispasmodique au sirop d'éther (15 gr.). Les urines, examinées à divers moments de la journée, n'ont présenté qu'un léger trouble et pas de précipité appréciable. Le soir, vers six heures, la malade paraît plongée dans un coma moins profond et commence à être impressionnée par les bruits extérieurs. On dirait qu'elle veut parler, mais elle ne peut articuler des paroles intelligibles. Miction facile, pas d'albumine dans les urines. Le pouls, qui était ce matin fréquent, plein, résistant, est ce soir petit et très fréquent, au point d'être difficile à compter.
Le 11. Ce matin, mieux très-sensible. L'œdème de la face a diminué, la physionomie est meilleure, le regard moins -égaré se fixe avec plus d'attention sur les objets. Bien que la malade ne réponde que par signes aux questions qu'on lui pose, elle a pris facilement le bouillon qui lui a été présenté, et la difficulté de la parole doit être attribuée au gonflement de la langue et non à une para-
lysie. La rétraction de l'utérus est normale; la peau modérément chaude, le pouls à 136. Une quantité considérable d'urines, essayées aux réactifs, n'a donné aucun précipité d'albumine. — Bouillon, potion avec 20 gouttes d'éther.
Le .12 Amélioration très-notable dans l'état général de la malade, qui paraît comprendre toutes les questions qu'on lui adresse, mais ne peut encore répondre que par signes. Ventre souple, mou, indolore. Pouls à 120. Le cathétérisme donne une grande quantité d'urine où l'acide nitrique produit un léger trouble floconneux formé par des traces d'albumine. (Bouillon, lait, même potion éthérée.) Le soir, pouls à 116, bonne température de la peau. Miction encore impossible sans l'emploi de la sonde. Pas de précipité dans les urines, essayées par l'acide et la chaleur. La petite incision périnéale est en voie de cicatrisation. Le retour des facultés intellectuelles s'accentue davantage, mais la parole est encore impossible , La malade demande par des signes qu'on lui donne le bassin.
Le 13. Ce matin, la malade a recouvré l'usage de la parole; elle accuse un peu de céphalalgie frontale, de la douleur au fond de la gorge, et répond nettement à certaines questions. La mémoire est pourtant encore confuse ; elle ne se souvient pas qu'elle était au dortoir et ne sait pas ce qui s'est passé depuis son accouchement, dont elle ignore la date. Ventre sensible à la pression, utérus volumineux et douloureux. Peau très-chaude; pouls à 120. Les urines, traitées par l'acide et la chaleur, présentent un léger trouble. — Cataplasmes laudanisés; bouillons, lait, potion éthérée; gargarisme astringent.
Le 14. Au moment de la visite, la malade attire l'attention sur le poignet de sa main gauche et vers son épaule droite, où elle dit éprouver des douleurs assez vives, ainsi qu'au cou-de-pied droit, au genou gauche et dans l'articulation coxo-fémorale du même côté. Toutes ces parties sont le siège de douleurs, de gonflement et de rougeur peu accusés, si ce n'est au poignet où se dessine, au niveau du carpe, une petite tumeur rouge très-appréciable. Il semble qu'un abcès tende à se former en ce dernier point. Absence de frissons; pouls à 132. Ventre ballonné et toujours un peu douloureux. (Au point de vue de l'éclampsie, l'état de la malade est aussi satisfaisant que possible; mais les douleurs de ventre, une Charpentier. \\
grande sensibilité utérine, la persistance d'un pouls fort et fréquent, des douleurs articulaires, viennent compliquer l'état primitif et faire craindre la production d'abcès métastatiques en même temps qu'une phlegmasie du côté de la matrice.) — Potion avec alcoolature d'aconit, 2 grammes. 3 pilules (sulfate de quinine, 0,20, extrait thébaïque, 1 centigr.). Frictions mercurielles, cataplasmes laudanisés; bouillons, lait.
Les 15 et 16. Tous les signes de l'éclampsie ont disparu, mais l'état général de la malade est très-peu satisfaisant, eu égard aux complications qui sont survenues. Pouls variant de 110 à 140, peau très-chaude, langue sèche et chargée. Délire violent et continu. Le poignet est rouge, douloureux, sans augmentation notable de volume depuis hier. Le pied droit présente, au niveau de la malléole interne, une tumeur rouge analogue à celle du poignet gauche. Douleurs assez vives sur le trajet de la veine fémorale gauche. (-4 pilules de sulfate de quinine; même potion; lavement laudanisé.) Le 16, dans la soirée, survient un frisson qui dure au moins une heure. Pouls à 136. Pas de vomissements. Selles involontaires.
Le 17. État aussi peu satisfaisant que celui de la veille. Le délire persiste. La figure est altérée, pâle, fort amaigrie, oomme tous les autres points du corps. La diarrhée devient plus abondante. Le ventre, neu ballonné, est moins douloureux et même indolore sur plusieurs points. Expulsion dans la journée de quelques caillots anciens en voie de putréfaction. L'introduction de la main dans le vagin ramène encore un gros caillot à demi putréfié. Le col est dur, granuleux, fermé. Le pouls est ce matin à 120, le soir à 124. La fluctuation étant devenue évidente au poignet, la tumeur qu'il présente est ponctionnée, et on en retire environ un demi-verre de pus de bonne nature. — Mêmes pilules de quinine et potion avec 2 gr. 50 alcoolature d'aconit; potages.
Le 18. L'état de la malade s'est considérablement aggravé. Sa figure est terreuse, ictérique. La respiration est difficile, suspirieuse. Absence de toux. Pouls à 124. Peau très-chaude et sèche. Langue rouge et recouverte d'un enduit bilieux. Presque toutes les articulations sont douloureuses, mais surtout celle du cou-de-pied, où existe un empâtement œdémateux autour de la malléole interne.
Au niveau de la racine des deux cuisses on sent, par la pression, deux cordons durs, noueux, sur le trajet des veines fémorales. Le ventre est très-peu douloureux. (Eau vineuse, bouillon; même traitement.) Le soir, un nouveau frisson aussi violent que le premier est survenu, et la malade a succombé quelques minutes après, vers quatre heures.
Autopsie. Pas de péritonite. Absence de pus dans les veines, les lymphatiques du bassin, et les ligaments larges. L'utérus a le volume d'une orange, et présente une gangrène étendue à toute sa face interne, surtout vers son fond. Cette gangrène s'étend aussi jusqu'au vagin et à la vulve, qui sont livides, noirâtres, et présentent des détritus à odeur gangreneuse. Pus dans l'articulation astragalo-calcanéenne du pied droit; pus clans les gaines des muscles extenseurs des doigts au niveau du carpe. Rien dans les articulations voisines. Congestion pulmonaire gauche. Absence de pus dans le foie, le cœur et les poumons. Cerveau sain. État normal des reins, qui ne présentent pas même de congestion (1).
Obs. "2. — Eclampsie à six mois et demi de grossesse. — Début de.s attaques avant le travail. — Guérison de l'éclampsie et mort consécutive aux progrès d'une phthisie. — Multipare. — Enfant mort.
Imbert (Sophie), âgée de 30 ans, couchée au no 7, est entrée dans les salles de la Clinique, dans la soirée du 25 novembre 1867. Cette femme fut apportée sur un brancard par des voisins qui, l'ayant entendue se plaindre, pénétrèrent dans sa chambre et la trouvèrent étendue par terre sans connaissance. Les personnes qui l'ont amenée à la Clinique ont dit qu'elle avait eu neuf attaques très-rapprochées pendant le trajet.
A son arrivée à l'hôpital vers huit heures du soir, le pouls était petit, dépressible, l'utérus avait le développement d'une grossesse d'environ sept mois. Par le toucher, on trouvait les caractères d'un col de multipare encore assez long et non dilaté. Le travail n'avail pas encore commencé. Les battements du cœur fœtul, faibles et lointains, étaient difficilement entendus. La malade était plongée dans le coma. OEdème peu considérable des extrémités intérieures. L'urine, obtenue avec la sonde, est trouble, rougi vitre, et, traiter par l'acide azotique et par la chaleur, elle donne un abondant précipité d'albumine. La faiblesse de la malade, la petitesse de son
pouls, font hésiter avant de la soumettre au traitement antiphlogistique. Une saignée de 500 grammes est pourtant pratiquée peu de temps après son arrivée à l'hôpital. (Tilleul, potion gommeuse avec 20 gouttes d'éther; bouillons et lait.) Les attaques reparaissent et continuent pendant toute la nuit dans l'ordre suivant :
10e attaque à 9 heures du soir. 16e attaque à minuit.
11e — à 9 h. 15 m. — 17e — à 1 h. 10 m. du m.
A partir de la 16e elles commencent à se distancer davantage jusqu'à la 21e qui a été la dernière à 6 heures 52 minutes du matin le 26 novembre. Le même jour, vers 2 heures du matin, quatre heures avant la cessation complète des attaques, la poche des eaux se rompit spontanément, et la dilatation du col s'opéra assez vite pour que l'expulsion du fœtus eût lieu spontanément quelques instants après la dernière attaque. Un enfant mort, du sexe féminin, naquit par le siège en position sacro-iliaque gauche antérieure. L'accouchement se termina spontanément, et la délivrance fut naturelle. A la visite du 26 au matin, la malade est encore sans connaissance, bien que les attaques aient cessé depuis deux heures. Pouls très-faible et fréquent. Elle reste calme dans son lit, se remue peu et pourtant se débat dès qu'on lui présente à boire. Son ventre est souple, indolore ; l'utérus est bien revenu sur lui-même. Les pupilles sont mobiles et contractiles, la face décolorée, le regard égaré. M. Depaul sonde la femme, et' retire des urines foncées et chargées d'albumine. Elle n'urine pas seule et n'a pas de garde-robes depuis son accouchement. (Potion éthérée, tilleul orangé, deux lavements, bouillon.) Le cadavre de l'enfant, à en juger par son volume, serait celui d'un fœtus de 6 à 6 mois et demi.
Le 27 novembre au matin, pas de nouvelles attaques. L'état général s'est notablement amélioré, le faciès est bon, moins altéré. Le pouls est à 92, toujours très-petit et dépressible. Les urines sont plus claires, contiennent bien moins d'albumine, quoiqu'elles donnent encore un précipité très-appréciable. Elle est restée jusqu'à hier soir sans connaissance, mais ce matin l'intelligence est plus lucide; elle dit exactement son nom, son adresse, son âge; mais elle ne sait pas où elle se trouve et ignore son accouchement. Elle
tousse beaucoup, expectore d'abondants crachats muco-purulents. Elle ne se rappelle pas qu'elle était enceinte, dit pourtant qu'elle a déjà eu deux enfants, et elle est en effet à sa troisième grossesse. — Paquet de 1 décigramme de poudre de scammonée et de jalap; potion avec 20 gouttes d'éther ; 3 bouillons, lait; cataplasmes.
Le 28. La malade tousse beaucoup, et, en l'auscultant, on reconnaît, au sommet du poumon droit, l'existence d'une caverne, gargouillements, râles caverneux. Le pouls reste petit et misérable, la peau modérément chaude, moite. L'urine retirée récemment avec la sonde contient encore de l'albumine, mais bien moins que les jours précédents. Réponses nettes; l'intelligence paraît être revenue à l'état normal. Utérus indolore, écoulement lochial normal. Toux persistante et plus pénible, expectoration purulente. — Infusion de violeltes; 20 gr. d'huile de ricin, 30 gr. de sirop diacode; potages.
Le 29-30. Aux visites, l'état général est satisfaisant, le mieux continue; pouls à 92 ; rétraction normale de la matrice. Les urines contiennent encore de l'albumine. La malade répond à toutes les questions comme si elle n'avait jamais été éclamptique.
3 décembre. A la visite, la malade se plaint d'une grande dyspnée; les symptômes thoraciques se sont aggravés et compliqués d'une bronchite. Encore un peu d'albumine dans l'urine. — Potion avec 10 centigr. kermès; I pilule d'extrait thébaïque de 2 centigr. ; 2 bouillons. Vésicatoire sur le côté droit de la poitrine.
Les -4, 5, 6. Complètement guérie de son éclampsie, cette femme se disposait à quitter l'hôpital sept à huit jours après son accouchement, lorsque les progrès de la tuberculose l'obligèrent à y rester jusqu'au moment où elle succomba le 6 dans l'après-midi. Depuis deux ou trois jours, sa dyspnée était devenue si grande qu'elle ne pouvait plus rester couchée; elle était épuisée et profondément cachectique; tous les symptômes locaux et généraux de la phthisie arrivée à une période avancée s'étaient manifestés chez elle.
Obs. 3. — Eclampsie pendant le travail. — Deux attaques. — Multipare. — Guôrison. — Cessation des attaques après l'accouchement t'ait avec le forceps. — Albuminurie.
Ernestine Périnet, femme Bouillette, âgée de 3i ans, multipare, entre dans les salles de. la Clinique après une première attaque d'éclampsie survenue chez elle, et qui fut suivie d'une seconde au
moment, de son entrée à l'hôpital. Couchée au n° 12, le Ojanvier 1868, cette femme présente à notre observation les phénomènes suivants : OEdème peu considérable des extrémités inférieures, plus marqué aux cuisses. La ligure pâle, légèrement infiltrée, exprime plutôt de la stupeur que du vrai coma. L'intelligence est cependant trèsobtuse, la sensibilité seulement émoussée. Elle ne répond que par quelques mots mal articulés, inintelligibles. L'examen des urines décèle une grande quantité d'albumine. D'après le volume du ventre, cette femme paraît être enceinte de huit mois environ.
L'auscultation fait entendre les battements du cœur de l'enfant en arrière et à droite. Par le toucher, on constate une dilatation à peu près complète, la rupture de la poche des eaux et une présentation du sommet en seconde position (0. I. D. P.). Absence de renseignements sur les antécédents et les prodromes des attataques.
A la visite, M. Depaul trouvant la malade dans cet état, fait une application de forceps et extrait facilement un enfant vivant qui se présentait en seconde position du sommet.
La délivrance fut naturelle, et depuis ce moment les attaques ne se reproduisirent pas.
Le 10 janvier, la malade a repris connaissance, mais elle ne se rappelle ni son nom, ni sa demeure, et ignore tout ce qui s'est passé depuis son accouchement. Elle se plaint assez souvent d'une vive céphalalgie frontale et de troubles de la vue. N'ayant pas uriné depuis son accouchement, elle est sondée, et on retire une quantité notable d'urines très-colorées etalbumineuses. Pouls petit, faible et fréquent, à 104. (Tilleul, potion éthérée, 2 bouillons.) Le soir, même état général. L'intelligence est encore altérée. La malade ne répond pas, ne reconnaît pas la salle où elle est et les personnes qui l'entourent. Le ventre est un peu sensible, quoique l'utérus soit bien revenu sur lui-même.
Le 11 et le 12. L'intelligence est plus lucide, la sensibilité est redevenue normale. La malade accuse de la céphalalgie, des douleurs abdominales, se rappelle son nom, mais pas la rue ni le numéro de sa demeure. Elle n'urine pas seule. On pratique le cathétérisme, qui donne une certaine quantité d'urines plus claires, plus limpides que celles de la veille et ne contenant plus d'albumine. Pouls fort et fréquent, à 108 pulsations. L'utérus est devenu trèsdouloureux, surtout à la pression. (15 sangsues sur le ventre, frictions avec la pommade belladonée, cataplasme laudanisé; julep
diacode, tilleul, bouillons.) Le soir, pouls à 120, peau Lrès-chaude couverte de sueur. Absence de frissons, de vomissements et de diarrhée.
Le 13 et le 14. La mémoire n'est pas encore complètement revenue. Miction devenue facile, urines non albumineuses. Le ventre n'est pas ballonné, mais toujours sensible et douloureux. Pouls à 108. Pas de vomissements ni de diarrhée. Toux très -fréquente, pénible, et signes de bronchite à l'auscultation. Expectoration abondante, muqueuse, surtout pendant la nuit. Réapparition d'une névralgie faciale qui existait déjà deux ou trois jours avant l'accouchement. Sensibilité vive au côté droit du ventre, où existe un empâtement dans la fosse iliaque. — Cataplasmes laudanisés; potion antispasmodique, tilleul, bouillons.
Les 15, 16, 17. La malade a complètement recouvré l'usage de ses facultés intellectuelles. Elle accuse moins de céphalalgie, des douleurs moins vives au côté droit du ventre, Digestion lente, pénible; selles diarrhéiques. Pouls apyrétique. Etat général satisfaisant. Elle se plaint pourtant de difficultés dans la miction, et l'examen des parties génitales en donne la raison en faisant constater à la partie inférieure de la vulve une petite eschare en voie d'élimination. — Potion antispasmodique; infusion de violette ; cataplasmes. 1 degré d'aliments.
Du 18 au 25, époque de sa sortie de l'hôpital, cette femme n'a plus offert de troubles relatifs à l'éclampsie, et le traitement auquel elle a été soumise a été dirigé contre des accidents indépendants de l'état primitif; tels sont la toux quinteuse de sa bronchite, une diarrhée abondante et' continue pendant cinq àsixjours, une angine avec exsudât pultacé sur les piliers du voile du palais et les amygdales. (Cataplasmes et lavements laudanisés; diascordium, 1 gr. ; décoction blanche; gargarisme au chlorate de potasse.) Elle quitte l'hôpital le 25 janvier dans un état satisfaisant, mais considérablement affaiblie, et sujette même à quelques défaillances sans autres accidents nerveux.
Ob. 4. — Eclampsie à six mois de grossesse. — Travail non déterminé par les attaques. — L'enfant est expulsé seize jours après la guérison de l'éclampsie. — Accouchement exempt de cdnvulsions. — Primipare. — Albuminurie.
Le 19 janvier 1868, une sage-femme de la ville amène à l'hôpital des Cliniques, une femme privée de connaissance, et nous dit qu'elle
l'a trouvée chez elle au milieu d'une attaque d'éclampsie, mais qu'elle ignore si elle en avait eu d'autres avant son arrivée. Les renseignements sur les antécédents de cette femme, et sur la période prodromique de l'éclampsie n'ont pu être recueillis auprès de cette sage femme, ni du mari de la malade d'origine allemande, parlant très-mal le français. Nous &vons appris pourtant que cette femme bien que délicate,jouissait d'une bonne santé, qu'elle se nommait Kauntz, femme Tascher, était âgée de 21 ans et primipare. Couchée au n° 46, la malade a été examinée par Mme Fouré, la sage-femme en chef de la Clinique, qui a constaté, par le toucher, l'absence de travail, et un col de primipare ayant toute sa longueur et fermé. Le volume du ventre, et l'élévation de l'utérus à deux travers de doigt au-dessus de l'ombilic, indiquent bien aussi que la grossesse est loin d'être à terme et ne doit guère dater que de six mois. La femme est sondée, et l'urine que l'on retire, essayée par la chaleur et l'acide nitrique, présente un abondant précipité d'albumine. Deux heures après son entrée à l'hôpital, la malade, toujours sans connaissance, est prise d'une nouvelle attaque à neuf heures et demie du soir, et une abondante saignée de 600 grammes lui est immédiatement pratiquée. Après cette saignée survinrent encore deux autres attaques moins violentes, et séparées par d'assez longs intervalles. Mode de succession de ces attaques, et heures précises de leur apparition : lre attaque chez elle vers 4 heures du soir, la seule qu'ait pu constater la sage-femme qui fut appelée ;
2e attaque à la Clinique à 9 heures 1/2 du soir. 3e attaque à la Clinique à 10 heures 25 m. du soir. 4e attaque à la Clinique à 3 heures -40 m. du matin.
Depuis ce moment-là les attaques ont disparu; il n'a pas été pratiqué de nouvelle saignée, mais douze sangsues ont été placées derrière les oreilles après la troisième attaque.
Le 20. Au moment de la visite du 20 janvier, la malade a repris connaissance et répond aux questions qui lui sont adressées ; elle dit qu'elle est Allemande, se rappelle son nom et ses occupations habituelles. Il lui est impossible de donner des renseignements sur son habitation, de se souvenir de son nom et du numéro de la rue. Elle accuse une céphalalgie frontale assez vive. Elle n'est pas accouchée, et aucune modification ne s'est produite du côté du col. Les jambes sont légèrement infiltrées au niveau des malléoles, l'œdème est peu appréciable ailleurs. Les urines obtenues par le cathétérisme, donnent aux réactifs une grande proportion d'albu-
mine. (Tilleul, potion antispasmodique avec 25 gouttes d'éther, un lavement salé.) Mme Fouré nous dit que la dernière attaque, qui a eu lieu à trois heures du matin, a duré quatre à cinq minutes et qu'elle a été assez violente pour exiger le secours de plusieurs élèves afin de maintenir la femme dans son lit. Le soir, même état satisfaisant. Le pouls est plutôt lent que vif, à 00. Absence de douleurs et de contractions utérines. Questionnée sur les mouvements de son enfant, la malade affirme ne plus les sentir depuis quelques heures. L'auscultation confirme en effet cette assertion, et fait constater sûrement l'absence des battements du cœur fœtal qui avaient été nettement entendus avant la cessation des attaques.
Les 21, 22. La malade continue à aller aussi bien que possible. Sa physionomie est bonne, sa mémoire un peu revenue lui permet de donner des renseignements exacts sur sa demeure. Absence de fièvre, pouls à 60. Céphalalgie persistante et toujours aussi intense. Rien du côté de la vue. Miction facile et urines moins albumineuses. L'œdème peu prononcé qui existait a complètement disparu. (Tilleul, même potion éthérée, potage, bouillon.) A la visite du 22 au matin, l'amélioration de la veille persiste, absence complète de tout mouvement fébrile, et de toute douleur si ce n'est de la douleur frontale. M. le professeur Depaul. et un bon nombre d'élèves constatent l'absence des battements du cœur fœtal. Il est donc à peu près certain que l'enfant a cessé de vivre, et que sa mort doit être attribuée aux convulsions, puisque avant les attaques, la mère le sentait très-bien remuer et elle ne le sent plus depuis. Il n'y a pas le moindre commencement de travail, le col est fermé et encore long.
Les 23, 24, 25. Etat très-satisfaisant. Encore un peu de céphalalgie, mais pas de douleurs de ventre, pas de contractions utérines. La femme urine seule, et depuis hier ses urines ne contiennent plus trase d'albumine. Elle accuse quelques «bourdonnements d'oreille, et dit ne rien éprouver du côté de la vue. Elle se plaint d'être constipée. Apyrexie. — Lavement; tilleul orangé.
Le 28, 29, 30. Pendant ces trois jours rien de nouveau, l'état général de la malade est toujours aussi satisfaisant. Elle ne se plaint que d'un peu de céphalalgie moins vive que par le passe. Absence de tout phénomène dénotant un commencement de travail. M. Depaul attire notre attention sur la tolérance complète de l'utérus qui ne se contracte nullement, bien qu'il contienne un enfant mort. — Le 30 au matin, en auscultant de nouveau l'abdomen de cette femme, on constata de légères Contractions indolores, accusées par le durcisse-
ment de la matrice reconnu au palper abdominal. Ces petites contractions ne furent que passagères et n'amenèrent point un commencement de travail. Le 1er et le 2 février, la femme Kauntz continue d'aller très-bien, et demande son exeat le 3 février. Cette femme quitta l'hôpital dans la journée en promettant de revenir au moment où elle éprouverait les premières douleurs de l'accouchement.
Elle ne tint pas sa promesse, et M. Depaul, désireux de savoir ce qui lui était arrivé depuis sa sortie de l'hôpital, pria son chef de clinique, le Dr Charpentier, d'aller à son domicile pour prendre des renseignements sur la terminaison de sa grossesse. M. Charpentier a trouvé cette femme pleine de santé, et accouchée d'un enfant mort, deux jours après sa sortie de l'hôpital, le 5 février à deux heures du matin. Son accouchement avait été naturel, rapide, et exempt de convulsions.
Obs. 5. — Eclampsie à six mois de grossesse. — Mort. — Enfant vivant. — Autopsie. — Hémorrhagie cérébrale. — Maladie de Bright. — Primipare. — Albuminurie. — Accouchement pendant une attaque.
Femme Petit (Adèle).
Au n° Il des salles de la Clinique, est couchée une femme âgée de 34 ans, primipare, qui fut apportée le 20 mars 1868, par une sage-femme de la ville, chez qui elle était venue des environs de Paris, pour se faire soigner probablement. Il fut impossible d'obtenir des renseignements, et nous apprîmes seulement qu'un médecin appelé chez la sage-femme et présent à une attaque, conseilla de l'envoyer immédiatement à la Clinique. A peine était-elle arrivée dans les salles d'accouchements, qu'elle fut prise d'une nouvelle attaque d'éclampsie très-violente et caractérisée par ses deux périodes. La sage-femme en chef pratiqua alors une saignée du bras, de 500 grammes. La saignée était à peine terminée, et l'attaque durait encore lorsque la femme accoucha d'un enfant vivant, très-petit, pesant 1,510 grammes, et âgé de 6 mois à 6 mois 4/2. C'était la première attaque depuis son entrée, et la seconde qui lui succéda après un intervalle de trois heures, fut la dernière et se produisit vers minuit 1/2. Cette nouvelle attaque fut aussi violente que la première, et la perte de connaissance et le coma qui persistèrent entre les deux crises, prirent un caractère encore plus fâcheux et durèrent jusqu'à la mort. La rupture spontanée des membranes s'était effectuée à neuf heures et demie du soir, la dilatation du col était à peu près complète à neuf heures trois quarts, et un quart d'heure après, vers la fin de la première attaque eut lieu l'expul-
sion spontanée de l'enfant, vivace bien que petit et né avant terme. Les urines contiennent une quantité notable cTabumine et présentent une coloration rouge très-accentuée, due probablement à la présence d'une certaine quantité de sang.
A la visite du 21 janvier, la malade est sans connaissance et plongée dans le coma le plus profond depuis sa deuxième et derniers attaque de la veille. La respiration est stertoreuse, bruyante, comme embarrassée par des mucosités bronchiques. Elle fait entendre un ronflement analogue à celui des personnes qui sont dans le coma de l'apoplexie ou de l'ivresse. Résolution complète de tous les membres qui retombent comme des masses inertes dès que l'effort qui les avait soulevés interrompt son action. Petitesse et fréquence extrêmes du pouls, qui disparait sous la pression du doigt qui l'explore. En écartant les paupières on constate que les yeux sont fortement convulsés en strabisme divergent et que les pupilles sont légèrement et inégalement contractées. Infiltration considérable aux membres inférieurs, la face et les membres supérieurs sont également œdématiés mais dans des proportions moindres. M. le professeur Depaul sonde la malade, et l'urine qu'il obtient est d'un rouge très-foncé plus que celle de la veille, et doit contenir une notable proportion de sang. Les réactifs ordinaires y démontrent la présence d'une grande quantité d'albumine se coagulant en masse comme du caséum. (i paquets de jalap et de calomel aa 1 décig. pour chaque paquet; potion antispasmodique, 25 gouttes d'éther.) Le soir, la malade était agonisante, sa peau était couverte d'une sueur visqueuse, son pouls excessivement fréquent et filiforme. Elle n'a pas repris connaissance, le coma et la résolution musculaire persistent. Elle ne peut plus avaler depuis ce matin La respiration, toujours stertoreuse, est entrecoupée, haletante, encore plus gênée que ce matin. Elle succombe vers dix heures du soir. M. le professeur Depaul nous parla de cette malade à sa clinique du 21, et nous dit qu'il portait le pronostic le plus grave, bien qu'elle n'eût eu que deux attaques, à cause de la résolution complète des membres, de la persistance du coma et de la présence du sang dans les urines, indice presque toujours certain de lésions graves de l'appareil urinaire. Vingt-cinq heures s'écoulèrent depuis le moment de l'entrée de cette malade h l'hôpital, jusqu'à sa mort, et pendant tout ce temps elle demeura plongée clans le coma profond qui succède aux violentes attaques d'éclampsie.
Autopsie. — La cavité de l'utérus, son corps et son col sont par-
faitement intacts. Quelques débris de membranes dans la cavité du corps.
Le cerveau est fortement congestionné à l'extérieur. Une double hémorrhagie cérébrale siège dans les ventricules latéraux. L'hémorrhagie est plus considérable au côté gauche que celle du côté droit. Un gros caillot occupe le centre de chaque ventricule.
Les reins sont décolorés, jaunâtres, profondément altérés et présentent les lésions de la maladie de Bright, arrivée à sa deuxième période.
Les poumons sont congestionnés et présentent même une hépatisation rouge. Tubercules en voie de ramollissement disséminés dans le poumon droit.
L'examen des reins au microscope a montré une destruction assez avancée des canalicules et une transformation graisseuse des éléments du tissu rénal. Le cerveau a présenté, lui aussi, sur quelques points, des traces de dégénérescence graisseuse du tissu nerveux.
Obs. 6. — Eclampsie à huit mois de grossesse avant le début du travail. — Accouchement spontané très-rapide. — Mort de l'enfant. — Continuation des attaques après l'accouchement. — Guérison. - Primipare. - Albuminurie.
La nommée Taburet, âgée de 26 ans, couchée au n° 15 des salles de la Clinique, a été conduite dans le service par une sage-femme qui avait assisté à plusieurs attaques d'éclampsie qu'elle avait eues chez elles. Un parent de l'éclamptique, venu à l'hôpital avec lasagefemme, nous dit que la femme Taburet jouit d'une santé habituellement bonne, qu'elle est primipare, non mariée et enceinte de huit mois environ. Il ajoute qu'elle n'était pas malade pendant la journée qui a précédé son entrée dans le service, qu'elle a soupe hier soir comme d'habitude, et que ce n'est que vers dix ou onze heures de la nuit qu'elle s'est sentie indisposée et a été prise de vomissements bilieux. Il ne put nous dire si elle avait souffert de la tête, si elle avait accusé des troubles de la vue ou de l'audition. Ce matin elle s'est levée remise de son indisposition de la veille, et tandis qu'elle montait chez sa blanchisseuse, elle s'est sentie défaillir et est tombée sans connaissance, en proie à une violente attaque. Relevée dans cet état, et couchée dans cette maison jusqu'au moment où les parents et une sage-femme ont été appelés, la malade a été prise de quatorze attaques très-rapprochées. La sage-femme ne se rend
auprès d'elle que vers une heure de l'après-midi, et nous dit avoir été témoin de quatre attaques d'éclampsie bien caractérisées, dans la maison où s'était produite la première, et de deux autres qui eurent lieu pendant le trajet fait de cette habitation à l'hôpital des Cliniques. Au moment de son entrée, la malade avait donc été atteinte de vingt attaques, et aucun traitement n'avait été institué. Peu de temps après son arrivée, elle fut prise d'une nouvelle attaque, qui se présenta avec tous les caractères de l'éclampsie, fut violente et laissa la malade dans un état d'agitation assez grande, avec perte de connaissance et congestion vive à la face. Une saignée de 500 grammes fut immédiatement pratiquée vers quatre heures et demie. Examinée après cette première attaque, à l'hôpital, le toucher constate l'absence de dilatation du col, dont la portion vaginale conserve encore sa longueur et présente l'orifice externe fermé. Parle volume du ventre et le niveau atteint par le col de l'utérus, on juge que la grossesse date à peu près de huit mois. On sonde la malade, et l'urine obtenue donne aux réactifs un abondant précipité d'albumine. Une heure après survinrent de nouvelles attaques se succédant clans l'ordre suivant :
21e attaque
27e attaque à 10 h. 20.
Seconde saignée, 500 gr.
28e attaque à minuit 3/4.
Accouchement spontané deux
heures après.
à 10 h. moins
Vers dix heures et demie, après la 27e attaque, une seconde saignée du bras de 500 grammes fut pratiquée et suivie de la suspension des accès pendant deux heures et demie. Le 30 au soir, le col était encore long, fermé, mais vers neuf heures des contractions se manifestèrent, et par le Loucher on ramenait quelques glaires sanguinolentes. La dilatation commençait à se faire, le col s'effaça complètement dans l'espace de cinq heures, et l'accouchement se fit spontanément vers deux heures du matin. Une enfant mort-née, mais non macérée, fut rapidement expulsée. La délivrance fut naturelle. Nous regrettons que l'agitation continuelle dans laquelle se trouvait la femme avant l'accouchement ne nous ait pas permis d'ausculter le cœur de l'enfant pour savoir si nous devions attribuer aux convulsions la cause de sa mort.
Après l'accouchement, les attaques ont reparu et se sont ainsi succédé jusqu'à 8 heures du matin au nombre de 0 :
Le 3i.
29e attaque à â heures du m. 32e attaque à 7 h. AO m. du m.
Peu après cette 34e attaque, au moment de la visite, la malade est sans connaissance et reste calme et tranquille dans son lit. Elle respire largement, facilement, ouvre les yeux quand on lui parle, mais ne répond pas aux questions qui lui sont adressées. Résolution musculaire complète sans paralysies. Le pouls est fort, résistant et fréquent, à 140. L'urine retirée avec la sonde est moins albumineuse. Rien de fâcheux du côté de l'utérus. — Potion éthérée; tilleul orangé. Recommandation d'appliquer 12 sangsues derrière les apophyses mastoïcles, si les attaques reparaissent.
Quelques heures après la visite, vers le milieu de la journée, de nouvelles attaques surviennent au nombre de 4 seulement :
35e attaque à midi 5 minutes, 36e — à midi 35 minutes, 37e — à 3 heures -45 minutes, 38e — à 4 heures 5 minutes.
Peu d'instants après cette 38e attaque, qui fut la dernière, 12 sangsues furent appliquées derrière les oreilles et parurent soulager beaucoup la malade. Vers 5 heures du soir, même état que ce matin, sans connaissance; la face est congestionnée. La figure conserve encore les traces de déviations dues aux contractures de ses petits muscles, le regard est fixe, peu intelligent,, Le ventre est souple, indolore. Respiration calme, non stertoreuse. Pouls à 120.
1er avril. Au moment de la visite, l'état général cle la malade est satisfaisant; bonne température de la peau, apyrexie, pouls à 76. La lèvre inférieure est tuméfiée par suite d'ecchymoses et cle légères morsures produites clans le cours clés attaques. La langue, légèrement mordue, est aussi un peu gonflée. La connaissance est revenue, mais l'intelligence est encore peu lucide. Elle commence pourtant à parler, ouvre les yeux quand on la questionne et répond par monosyllabes. Elle se rappelle son nom et ne peut indiquer sa demeure. Elle se plaint de céphalalgie et de douleurs aux parties génitales au moment de l'introduction de la sonde. On retire une quantité notable d'urines, sans albumine, peu foncées, à odeur ammoniacale. Pouls à 100 pulsations.
Le 2. Au moment de la visite, l'état de la malade s'est encore amélioré, sa peau est fraîche, son pouls normal, à 88. Elle répond
bien quoique un peu lentement. Elle ne se rappelle pas quand elle est accouchée et clans quelles conditions elle a été amenée à l'hôpital. Elle dit qu'elle ne souffre nulle part, si ce n'est de la tête. Sa langue est large, humide, naturelle. Absence complète d'albumine dans l'urine. — Potion antispasmodique, tilleul, bouillons.
Les 3, -4, 5, 6. Pendant ces quatre, jours, l'amélioration persiste et les facultés intellectuelles reviennent peu à peu à leur état normal. Apyrexie complète, le pouls varie de 80 à 92. La montée du lait se produit, les seins deviennent gros, distendus, durs et douloureux. La malade répond actuellement avec exactitude à toutes les questions sur son âge, sa profession, le numéro de son habitation, l'époque de sa grossesse, la dernière apparition de ses règles. Le ventre est souple, un peu sensible en un point limité au niveau de la matrice. Absence de vomissements, miction facile, selles régulières.Dansla journée du 6,janvier le ventre étaitdevenuplus douloureux et il y avait un peu de fièvre, pouls à 124. L'utérus est encore volumineux et un peu sensible, pas de frissons ni vomissements. (Julep diacodé, tilleul; frictions, cataplasmes sur le ventre; bouillons.) Le soir, la maïade était bien, tout mouvement fébrile avait disparu; peu de chaleur à la peau, pouls à 92, langue naturelle. L'utérus offre une rétraction normale, le ventre n'est plus douloureux. Les seins sont redevenus souples, mous et indolores. Absence d'albumine dans les urines.
Du 7 au 13, jour où elle sort de l'hôpital en parfaite santé, la malade n'a présenté rien de nouveau; sa convalescence s'est établie dans les meilleures conditions. Absence de fièvre, pouls de 70 à 80, 90 pulsations. Ventre indolore, utérus bien revenu sur lui-même et insensible à la pression. Le jour de sa sortie de l'hôpital, huit jours après son accouchement, sa mémoire est encore imparfaite et l'empêche de répondre nettement à certaines questions. (Vin de quinquina; 2 portions.) Elle sort de la Clinique le 13 avril en parfaite santé.
Obs. T. — Eclampsie à sept mois de grossesse. — Attaques avant, pendant et après le travail. — Accouchement spontané durant une attaque. — Primipare. — Albuminurie. — Infiltration peu prononcée. — ■ Mort. — Autopsie.
Henriette Delécluze, âgée de 21 ans, entre à la Clinique le 24 juillet 1K68, vers six heures et demie du soir. Douée d'une bonne constitution, cette femme n'a éprouvé, depuis qu'elle ('sl enceinte,
que les accidents sympathiques peu sérieux de la grossesse. Pendant les six jours qui ont précédé son entrée à l'hôpital, elle se plaignait de douleurs de tête et de troubles de la vue qui ont persisté jusqu'à la veille même de son entrée, où elle fut prise d'une espèce d'accès de folie qui la fit sortir brusquement de sa demeure et obligea ses parents à courir après elle pour l'obliger à rentrer. Ramenée de force dans sa chambre, elle est prise d'une première attaque d'éclampsie vers une heure et demie, et depuis ce moment-là jusqu'à six heures du soir où elle est apportée à la Clinique, quatre attaques aussi violentes que la première se succédèrent à des intervalles trèsrapprochés. La mère de la dame, sage -femme, ancienne élève de l'hôpital, et qui a l'habitude de voir des éclamptiques, nous a donné les renseignements suivants sur la maladie de sa fille. Elle nous dit qu'elle a été témoin de la première attaque et qu'elle a pu constater tous les phénomènes prodromiques ordinaires qui existaient d'ailleurs quoique moins accentués, quatre ou cinq jours avant leur début. Ces attaques ont été, nous dit-elle, très-complètes, violentes et assez rapprochées. Elle ajoute que sa fille était depuis quelque temps en proie à de violents chagrins, et péniblement préoccupée par sa grossesse qu'elle aurait voulu cacher. Elle nous dit enfin que deux "jours avant la première attaque, sa fille ayant été froidement accueillie par ses parents, retourna dans sa chambre, fondit en larmes et accusa une céphalalgie subite des plus intenses. Depuis ce moment les maux de tête persistèrent et les attaques se produisirent probablement sous l'influence de toutes ces émotions morales. Au* moment de son entrée, cette femme est sans connaissance, plongée dans le coma, sa figure est pâle, légèrement bouffie, l'infiltration de ses membres peu prononcée. Ses urines, essayées par les réactifs ordinaires, présentent un abondant, précipité d'albumine. Par le toucher on constate que le col est encore long, fermé, et une présentation du sommet: l'auscultation fait entendre distinctement les battements du cœur fœtal. Le volume du ventre et l'époque des dernières règles indiquent une grossesse de sept mois. Une agitation assez grande succède à cette période de coma, et deux heures après l'arrivée de la malade, surviennent de nouvelles attaques :
6e attaque, à 8 heures 20 soir. 9e attaque, à 10 heures 1/2.
— à 9 — 50 — 11e — à minuit 50 min.
Après la sixième attaque, qui fut très-violente, on pratiqua une
saignée de 500 grammes et un lavement purgatif fut également administré. Après la dixième, nouvelle saignée de 500 grammes, les attaques se rapprochent et n'ont rien perdu de leur violence. Vers minuit et demi les battements du cœur fœtal deviennent trèsirréguliers, faibles, très-violents et finissent par ne plus se faire entendre. Le toucher, pratiqué de nouveau, fait constater un commencement d'effacement du col, une dilatation encore incomplète et l'engagement de la tête.
12e attaque, à 2 h. 1/4 matin. 14e attaque, à 3 heures 25. 13e à 2 h. 4/2. 15e — à 6 — matin.
Vers quatre heures et demie du matin, la dilatation du col était à peu près complète, l'orifice externe ouvert, et la poche des eaux se rompit dans l'intervalle de deux attaques. Deux heures après on s'aperçut que la malade paraissait avoir des contractions et qu'elle faisait entendre quelques grognements ; on l'examina et on vit le périnée bomber et l'accouchement se produire spontanément au milieu d'une attaque à six heures du matin. La sage-femme reçut un garçon mort-né, violacé, non macéré, pesant 2;685 gr.; immédiatement après son accouchement, la malade fut prise d'une défaillance telle, que Ton crut qu'elle allait mourir ; elle sortit peu à peu de cet état, sous l'influence de quelques excitants, et le pouls et la respiration qui s'étaient notablement troublés revinrent à leur type normal. La délivrance fut naturelle.
Le 25. A la visite du matin, deux heures après son accouchement, la malade présente, à première vue, tous les signes d'une éclampsié à la période de coma. Résolution musculaire complète, décubitus dorsal, pâleur du visage, respiration stertoreuse un peu bruyante. Peau chaude; pouls petit, filiforme, difficile à compter. Perte complète de connaissance, sensibilité émoussée, ne répondant que par quelques grognements sourds aux divers modes d'excitation qu'on emploie. La lèvre inférieure est ecchymosée, gonflée, la langue mordue et très-tuméfiée remplit toute la bouche, écarte un peu les dents. Les yeux restent fermés, les pupilles sont notablement dilatées et se contractent faiblement sous l'influence d'une vive lumière. L'abolition à peu près complète des facultés intellectuelles etsensoriales, durent depuis le début des attaques, c'est-àdire depuis vingt heures. Quantité énorme d'albumine dans les urines, infiltration légère des extrémités inférieures. Pouls A 144. — Lait, bouillons, tilleul, orange, potion avec 25 gouttes d'éther.
Jusque vers 3 heures de l'après-midi, la malade reste calme. Charpentier. 4
plongée dans le coma, mais à ce moment de nouvelles attaques ont lieu et se succèdent jusqu'à la trente-neuvième qui fut la dernière et précéda la mort de quelques heures.
16e attaque à 3 heures du soir. 28e attaque à 10 h. 15 du soir.
24« à 8 h. 30 — 36e — à 1 h. 15 du mat.
Après la seizième attaque on applique dix sangsues derrière les oreilles, et on donne du calomel et dujalap à 0,50. Vers minuit les attaques ont redoublé de violence et se succédaient avec une telle rapidité que les accès présentaient une espèce d'enchevêtrement, la dernière période de l'un empiétant sur la première de celui qui suivait. Le coma a persisté, le pouls s'est un peu relevé, mais la connaissance n'est pas revenue. La malade s'éteint peu à peu vers six heures du matin, cinq heures après la dernière attaque, présentant encore quelques mouvements convulsifs surtout dans les muscles de la face.
Uautopsie faite le 27 au matin par M. le Dr Charpentier , n'a pas révélé de lésions capables d'expliquer cette mort rapide. Le cerveau n'offre qu'une légère congestion à la surface des méninges. Absence de ramollissement et d'épanchement. Les reins peu congestionnés présentent une légère décoloration anémique de la substance corticale. L'utérus est parfaitement sain, pas de traces de phlébite. Rien de spécial au cœur ni au péricarde. Congestion vive des deux poumons, qui sont gorgés de sang et comme hépatisés par places. Légère congestion du foie.
Remarque. — Comment expliquer la mort de l'enfant durant les convulsions, alors que les battements de son cœur avaient été perçus très-nettement avant le début des attaques ou même un certain temps après leur apparition. Est-ce comme on l'a dit par une cause purement mécanique, c'est-à-dire par la pression exercée de toute
part par l'utérus convulsé qu'il convient d'expliquer ces cas de mort (dont je rapporte deux observations).
Dans la plupart des cas je ne crois pas qu'il soit exact d'admettre cette explication, et m'appuyant de l'autorité de M. le professeur Depaul, je pense que c'est par un mécanisme bien plus physiologique qu'il faut expliquer la mort de l'enfant. Dans l'attaque éclamptique, en effet, la circulation et la respiration de la mère se troublent jusqu'au point de se suspendre momentanément, et, dès lors, pendant un certain temps, il n'arrive plus dans la matrice et par elle au fœtus qu'un sang peu ou point hématose, et c'est dans cette circonstance, me semble-t-il, que doit être recherchée la cause de la mort de l'enfant qui naît le plus souvent violacé, congestionné.
Obs. 7. — Eclampsie au sixième mois de la grossesse. — Attaques avant et pendant le travail. — Primipare. — Albuminurie. — Guérison. — Accouchement spontané après la rupture artificielle des membranes. — Enfant mort-né. — Mère épileptique.
Le 6 février 4869, vers quatre heures du soir, la nommée Delamme (Emma), âgée de 19 ans, primipare, est apportée sans connaissance, sur un brancard, dans les salles de la Clinique. Avant son entrée à l'hôpital, la malade avait eu huit attaques d'éclampsie chez une sage-femme dont elle était venue réclamer les soins. Les renseignements tournis par cette sage-femme sur les antécédents de notre malade sont à peu près nuls; elle nous a dit seulement que, lorsqu'elle s'était présentée chez elle., les prodromes de l'éclampsie étaient évidents, qu'elle avait eu huit attaques en sa présence, et qu'elle ne leur avait opposé aucun traitement actif, si ce n'est l'application de compresses d'eau froide sur le front et de sinapismes sur les extrémités inférieures. Ces moyens, toujours insufiisants en pareil cas, n'arrêtèrent pas l'éclampsie clans sa marche, et la sage-femme, voyant les attaquas persister, se décida à envoyer la malade à. la Clinique. Quelques instants après son arrivée dans le service, où elle est couchée au n° 6, la malade esi prise d'une violente attaque en présence de M. Charpentier. Cette attaque fut violente et caractérisée par tous les signes de l'éclampsie. On profita du coma qui lui succéda pour examiner la femme H pratiquer une abondante saignée de 600 grammes. Le volume peu considérable du ventre, le niveau atteint par le fond de l'utérus, indiquaient une grossesse datant a peu près de cinq à six mois.
Par le toucher, on constatait les caractères d'un col de primipare incomplètement dilaté. Après cette première saignée, la malade resta calme pendant une heure environ, et, vers six heures, de nouvelles attaques survinrent au nombre de seize et dans l'ordre suivant :
9e attaque à 5 heures du soir. 17e attaque à 10 h. 35 du soir.
lie
matin.
Après la quatorzième attaque, vers huit heures, une seconde saignée de 500 grammes est pratiquée, et, bien que les attaques persistent jusqu a deux heures du matin, leur violence est moindre, et les intervalles qui les séparent sont plus longs. Il est bon de remarquer que le pouls de cette femme, qui était faible et petit au moment de son entrée, s'est relevé et est devenu un peu plus fort et plus large après la première saignée. Le dimanche 7 février, à la visite du matin, la malade n'a pas eu d'attaques depuis deux heures du matin, mais elle est dans un état de demi-coma et de prostration résultant de la succession des nombreux accès convulsifs qui ont duré toute la nuit avec des degrés divers d'intensité. Sa bouche entr'ouverte permet de constater la tuméfaction d3 la langue, mordue sur plusieurs points. Les yeux, à demi fermés, sont encore par moment agités de petits mouvements convulsifs, les pupilles sont dilatées, contractiles. Les bras relevés sur la tête, les jambes légèrement fléchies; pas de résolution musculaire bien appréciable. Perte de connaissance, sensibilité à peu près intacte. Respiration libre et facile. La figure est pâle, le pouls assez fort et de fréquence normale. M. le professeur Depaul, ne pouvant rompre facilement les membranes à cause de l'absence de contractions, recommande à son chef de clinique d'opérer cette rupture dès qu'elle sera possible, prescrit une potion antispasmodique et recommande une application de sangsues, si les attaques se produisaient dans la journée.
Vers neuf heures et demie du matin, peu de temps après la visite, M. le Dr Charpentier rompt la poche des eaux et constate les progrès de la dilatation. La malade se débat et présente un peu d'agitation sous l'influence du toucher, mais elle n'a pas d'attaques
dans la journée et accouche spontanément vers trois heures et demie du soir, d'un enfant mort-né du sexe féminin, pesant 1,000 grammes. La délivrance fut naturelle. Le soir, la malade est calme, sans nouvelles attaques. L'infiltration des membres inférieurs est peu considérable ; absence d'oedème à la face et au bras. Les urines, retirées par le cathétérisme, sont jumenteuses5 fortement chargées d'urates et présentent un abondant précipité d'albumine. — Tilleul, potion éthérée.
Le 8. La malade recouvre connaissance vers six heures du matin et prononce ces premières paroles : « Il fait jour. » Dès ce moment, la lucidité de son intelligence revient peu à peu, et les réponses qu'elle fait à certaines questions indiquent le retour graduel des facultés intellectuelles. Sa figure est calme, et, malgré cela, sa physionomie est encore empreinte d'un peu de stupeur. Son regard est encore un peu égaré et ne se fixe pas avec intelligence sur les objets. Elle ne se rappelle pas qu'elle est accouchée, ne reconnaît pas la salle où elle se trouve, se souvient de son nom et pas de son adresse. Le pouls est calme, normal. Le ventre souple, indolore à la pression. L'utérus normalement contracté. Elle accuse une céphalalgie frontale très- vive, qui a persisté toute la nuit, et quelques troubles de la vue qui lui font dire qu'elle ne voit pas nettement. (Potion gomm. avec 20 gouttes d'éther, tilleul orangé, bouillon, lait). Les urines sont beaucoup moins foncées que celles d'hier, bhn moins chargées de sels et offrent une quantité moindre d'albumine.
Les 9 et 10. Pendant ces jours, l'état général de la malade continue à s'améliorer. Le retour des facultés intellectuelles et sensoriales s'accentue davantage. Les réponses sont plus précises et plus exactes. Elle se souvient de la rue et du numéro de son habitation, mais elle ignore encore son accouchement et tout ce qui s'est passé depuis son entrée à l'hôpital. Pas de fièvre. Céphalalgie persistante. Diminution dans les troubles de la vue. Le ventre est légèrement douloureux à la pression. Elle se plaint de douleurs à la langue, qui a été mordue pendant les attaques. Les seins sont gonflés, durs et douloureux. Miction facile. Les urines sont claires et ne donnent qu'un précipité d'albumine très-peu abondant. — Potion éthérée, tilleul ; ouate sur les seins).
Les 11, 12, 13. L'amélioration persiste. Le faciès de la malade est excellent, elle accueille ceux qui lui parlent par des sourires, répond nettement aux questions qu'on lui adresse. Elle ignore tou-
jours pourtant quel jour elle est accouchée et les conditions dans lesquelles elle se trouvait au moment de son entrée. Pouls un peu vif, plus fréquent. Les urines n'offrent plus du tout d'albumine mais sont encore chargées de sels. Elle accuse toujours de la céphalalgie, des douleurs aux seins et à la langue. Les troubles de la vue ont complètement disparu. Bonne température de la peau. Pouls de 80 à 90. Rien de fâcheux du côté de la matrice. — Cataplasmes de fécule arrosés d'huile de camomille pour les seins, lavement guimauve, bouillons, lait.
Le 13 au matin, état général aussi satisfaisant que possible. Absence d'albumine dans les urines. Persistance de la céphalalgie et des douleurs aux seins qui sont durs, douloureux et gonflés. Anamnésie persistante sur l'époque de son accouchement et les circonstances qui ont accompagné son entrée à l'hôpital. — Chiendent avec sirop de groseille, 30 grammes, huile de ricin, bouillon aux herbes.
Du 14 au 18, jour de sa sortie de l'hôpital, la malade a toujours été de mieux en mieux, et lorsqu'elle a demandé l'exeat, saguérison était complète et son état général excellent.
Obs. 8. — Laçons (femme Tison), 18 ans, primipare, amenée le 8 mars à la Clinique, avec une perte de connaissance presque complète, suite d'attaques d'éclampsie.
Depuis quand le travail est-il commencé? On ne peut le préciser. La femme ayant été prise des premières douleurs chez elle ainsi que de son premier accès d'éclampsie.
Rupture des membranes le 9, à trois heures un quart du matin. — Terminaison, quatre heures cinq minutes.
Garçon, 2,360 gr. — Cordon, 38, OIGA.
8 mars. Première attaque d'éclampsie- chez elle à huit heures du soir. — Quatre autres attaques de huit heures du matin à huit heures du soir. — Sixième attaque à son arrivée à l'hôpital à neuf heures du soir.
Etat à son arrivée :
Perte de connaissance incomplète. Pas de stertor. Elle est agitée. Cris. Peu d'infiltration des membres inférieurs et de la face. Quantité énorme d'albumine dans l'urine. Col ouvert f2 francs). Membranes intactes. Tête en OIGA. — Une première saignée avait été faite en ville. — Deuxième saignée, de 500 grammes, à l'hôpital avant purgatif. — A partir de ce moment la malade n'a plus d'at-
taques ; elle reste dans son lit comme une masse, ne sortant du coma que quand on la touche ou l'agace.
La connaissance parfaite ne revient que le 10. — L'albumine ne disparaît que le 11. — Péritonite puerpérale débutant le 11. — 20 sangsues, onguent napolitain, julep, aconit.
Guérison le 20.
Obs.9. — Louise Surat, 20 ans. primipare à huit mois de grossesse, infiltrée. Entrée le 22 juillet. Elle était au dortoir depuis plusieurs jours quand le 27 au soir, céphalalgie, douleur épigastrique, urine albumineuse; on veut pratiquer une saignée, mais la malade venant de manger on est obligé de différer. Deux heures après, vomissement et selle. La malade paraissant soulagée on résolut d'attendre jusqu'au lendemain.
28 juillet dans la nuit.
A 4 h. 1/4, 1er accès. — Saignée d'au moins 600 gr.
Le 28, à neuf heures et demi, deuxième saignée de 500 gr., à la tin de la saignée, au moment du pansement :
11 h. 55, 11e. 4 h. 3/4, 19fi.
Midi 25, 12e. 5 h. 50, 20p.
Midi 50, 13e. 6 h. 35, 2) e.
Les accès sont séparés par des intervalles de coma très-prononcé, auquel succède une agitation très-vive suivie d'un nouvel accès.
Le 28, à neuf heures, après le septième accès, col un peu ouvert effacé, début du travail.
Rupture des membranes le 28, à une heure trois quarts. — Terminaison, deux heures quarante.
Fille, 2,300 gr, — Gordon, 41 cent. — l circul.
L'enfant est, né mort et a succombé pendant les accès, les battements du cœur avaient disparu ce matin.
Elle a encore eu sept accès après son accouchement. Coma trèsprofond. Stertor sans agitation. Pouls à 152, très-petit, très-serré.
Les 29 et 30. Le coma persiste. — Vésicatoire, julep éther, cataplasmes sinapisés, bouillon. — Urine albumineuse. Au terme de la journée, encore quelques mouvements convulsifs dans les yeux.
Le 31. Même coma. — Calomel, jalap. — La malade meurt à une heure.
Autopsie. — Congestion généralisée, hyperémie pulmonaire cérébrale-rénale. Pas d'hémorrhagie nulle part.
En dehors de l'influence générale de la saignée sur les accès pris dans leur totalité , il est bon d'examiner l'intluence qu'a la saignée sur un accès pris isolément.
D'abord, le plus habituellement, le pouls éprouve des modifications notables. C'est ainsi qu'on le voit se relever, devenir moins fréquent plus perceptible au doigt, et c'est là un des premiers et des plus évidents effets de la saignée. Mais il en est un autre qu'il est important de constater, quoiqu'il ne soit pas constant : c'est que la saignée amène presque toujours un certain éloignement des accès; cela est évident pour quelques-unes de nos observations personnelles.
Ainsi, prenons la première observation, femme Var-
SnY :
2e accès, 5 h. Jj2.
3e accès, 5 h. 40 (Intervalle, 10 minutes).
On la saigne. La 4e attaque ne survient qu'à 6 h. 1|4 ;
c'est-à-dire 35 minutes après.
6e accès, 7 h. 10.
7° accès, 8 h. 25 (Intervalle, 1 h. 25.)
On la saigne de nouveau. — 500 gr. — La 8e attaque ne
survient qu'à lOheures; c'est-à-dire 1 h. 35 après.
La 3e saignée échoue, il est vrai, et alors les attaques se rapprochent de plus en plus, la maladie reprenant le dessus et débordant le traitement.
Dans l'observation de la femme Tascher, nous avons noté encore, après la saignée, cette diminution et cet éloignement des attaques.
2e attaque, à 9 h. 1|2 soir. Saignée de 600 gr. 3e attaque, 10 h. 25. 55 minutes d'intervalle. 12 sangsues après cette attaque.
4 e attaque, 3 h. 40 du matin. 5 h. 20 d'intervalle. Cette attaque est la dernière.
Dans l'observation de la femme Petit :
l'e attaque constatée à la Clinique. On ne sait combien elle en a eu en ville. Saignée de 500 gr. La saignée était à peine constatée, et l'attaque durait encore, lorsque la femme accoucha d'un enfant vivant très-petit.
2e attaque, au bout de 3 heures seulement. Ce fut la dernière.
Ici, l'influence est plus douteuse. Est-ce la saignée ? Est-ce l'accouchement ?
Dans l'observation de la femme Taburet : 6e attaque, 9 h. 50.
7e attaque, intervalle 1{2 heure; saignée 500 gr. 8e attaque, minuit 3[4; intervalle, 2 h. 25.
L'accouchement se fait. Les attaques reparaissent gré cela.
18e attaque. — Sangsues. Disparition des attaques.
malgré cela
Femme Delescluze :
6e attaque, 8 h. 20. Saignée, 500 gr.; lav. purgatif. 7U — 9 heures. — cmtervalle, 40 minutes. 8- - 9 h. 50 ,Yr\ 9e — 10 h. Ij2. — Intervalle, 45 minutes. 10e — 11 h... l|4,;\-o-^Sa'ignée, 500 grammes. 11e — ^Tta44-5^<-Intervalle, Ih. 35. Puis, à partir de ce moment, les attaques se rapprochent de nouveau. Terminaison fatale. 39 attaques.
Femme Delamne :
8e attaque, en ville.
9e — Cinique. — Saignée, 600 grammes. 10e — 5 h. soir.
13e — 7 h. Ij2. — Intervalle, 15 minutes. 14e — 7 h. 45. — Saignée de 500 grammes. 15e — 8 h. 15. — Intervalle, 30 minutes.
Bien .que les attaques continuent, leur violence est moindre, leur intervalle plus long. Le pouls de la femme qui était faible et petit, au moment de son entrée, s'est relevé et est devenu plus fort et plus large à partir de la première saignée. La malade a guéri.
Il est donc certain que les saignées ont tout au moins une action relative sur les accès .
Nous faisons suivre ces observations,, qui nous sont personnelles, de toutes celles que nous avons pu nous procurer, et qui s'élèvent au chiffre de 297.
On pourra nous objecter que nos observations ont été recueillies et classées sans ordre, ni méthode. C'est une lacune, en effet, mais elle est en partie comblée, puisque
dans les tableaux qui suivent, nous avons eu le soin de les séparer par mode de traitement, et les numéros que l'on trouve dans ces tableaux permettront toujours de se reporter à l'observation. C'est une preuve qu'elles ont été recueillies sans parti pris.
. Véronése (J. C. M. Ch.). — Primipare, 4e mois de grossesse. — 2 saignées contre céphalalgie. Début travail. Forte saignée. Continuation des convulsions. Après la 5 e attaque nouvelle saigné1: de 1 kil. Col entr'ouvert. Rupture des membranes, aitaques plus fréquentes. Force/)?. Hémorrhagie formidable. Coma,
2 jours. Sinopismes, vésicatoires, glace, lavement d'assa-fœtida. Saignées générales et locales. Réaction fébrile. Nouvelle saignée, calomel, glace, nitre, quinine associé au fer. Mère guérie le 16e jour. Enfant mort.
2. Beischler. — 37 ans. 3e grossesse. 7e mois. Œdème. Céphalalgie. Saignée.
Vomissements. Convulsions. 2e saignée. Accouchement pendant le coma. Guérison de la mère. Mort de l'enfant.
4e grossesse. Grippe. Saignée. A la suite d'une colère, convulsions sopor. Ace.
3 semaines après. Mort de l'enfant.
3. Bendix (Scn. I, 2 . — 5e grossesse, à terme. Saignée, purgatif, début du travail.
Ace. spontané. Mort de la mère dans le coma. Mort de l'enfant.
4. Vines (Lancet, 1845). — 20 ans. Primipare, 8e mois. Saignée de 500 gr. Pur-
gatif. Continuation des convulsions le lendemain. Ace. spontané. 3e jour continuation des convulsions. Cathétérisme qui évacue 5 pintes d'urine ammoniacale. Guérison de la mère.
5. Dubois (Gaz. hôp., 1842). — 24 ans. Primipare à terme. 5 attaques. Saignée,
sinapismes, potion antispasmodique. En 3 jours, 25 attaquas, suivies en 2 jours de 15 attaques. Le lendemain matin, 3 attaques. Dans la journée encore une attaque. Sangsues, forceps. Prostration , coma. Encore 8 attaques suivies de mort. Mort de la mère.
6. Freund (Sch. 1, 14). — 12e grossesse. 8e mois. Céphalalgie anasarque. Saignée.
Hydrothérapie. Convulsions. 2e saignée, sangsues, résolutifs, purgatifs. Les accès continuent, 18 en tout jusqu'à l'écoulement des eaux. Seigle ergoté. Accouchement. Dernière attaque suivie de sommeil et de guérison. Ace. spontané. Guérison de la mère. Mort de l'enfant.
7 . Chaussier . — Primipare 9e mois . Pas de saignée malgré prodromes. Vésicatoires
aux jambes. 2 jours après convulsions. Potion antispasmodique. Mort de la mère.
8. Levret. -- 30 ans. Primipare. 9e mois. Début du travail. Saignée. Poudre de
Guttete. Tentative de version. Forceps. Guérison de la mère. Mort de l'enfant.
9. Malacarne J. gén., t. 59). — Convulsions. Tentative de version. Rupture de
l'utérus.
10. Bouteilloux (Thèse, 1816). — 36 ans. Primipare. 8e mois. 18 sangsues.
Arrêt des convulsions mais coma. Quelques heures après retour des convulsions. Début du travail. Arrêt, des convulsions. Réapparition des accès au bout de deux heures de calme. Cessation des convulsions. Rupture spontanée des membranes. Dilatation. Coma. Forceps. Persistance du coma. Vésicatoires, sinapïsmes, lavements émollients. Mort de la mère. Enfant vivant.
1 1. Bouteilloux (Obs. 5). — 22 ans. Primipare à terme. 2 heures après début du
travail. Saigné' copieuse; antispasmodique. Demi-heure après 2e accès suivi de plusieurs autres répétés. 2e saignée. Continuation des accès. Forceps, i heures
api es réapparition des accès, qui se continuent toute la nuit. Cessation des accès; le lendemain délire continuant pendant 21 heures. Sangsues à la vulve. Guérison de la mère. Enfant vivant.
12. Coutouly. — 22 ans. 2e grossesse. 9 mois. Début du travail. Saignée bras
qui ne produit rien. Orifice un peu dilaté. Débridement du col. Version. Accouchement de 2 jumeaux. Continuation des accès. Mort de la mère.
13. Coutouly. — Primipare à terme. Début du travail. Potion caln.ante. Saignée
de la jugulaire, bain. Travail marche à peine. Membranes rompues spontanément. Débridement du col. Coma persistant. Extraction par les pieds. Guérison de la mère. Enfant vivant.
14. Ballonii (Opéra const., LXXIII). — Bien après la délivrance. Ln malade était pour ainsi dire guérie quand surviennent les convulsions. Saignée. Cessation de la convulsion et guérison.
15. Bouteilloux. — 18 ans 6 heures après le travail. 7 accès en une heure. Large
saignée, sangsues, vésicatoires à la nuque, jambes, cuisses. Arrêt des convulsions. Persistance du coma. Guérison de la mère le 20e jour.
16. Pietra Santa. — 24 ans. Primipare. 8 mois et demi. lre attaque avant le
travail. Antispasmodiques, étlier à -l'intérieur et en inhalations. 3 accès pendant une heure. 4e accès plus fort et plus long. Bain. Nouveaux accès. Saignée 500 gr. Calomel, eau glacée sur la tôle. Lavement purgatif, sinapismes, sangsues aux oreilles. Aggravation des accès. 2e saignée, belladone sur le col. Rupture des membranes pendant laquelle la femme a un accès. Répétition des accès toute la nuit de 20 en 20 minutes. Débridement du col, version. Après l'accouchement vésicatoires derrière les oreilles et aux jambes. Frictions mercurielles abdominales. Potion musquée. Les accès ont cessé, mais le coma persiste jusqu'au lendemain. Puis elle retrouve sa connaissance pour la reperdre de nouveau et mourir le lend emain. Mort de l'enfant.
17. Mascarel. — 29 ans. Primipare à terme. Quelques heures après le travail.
lre attaque quelques heures après le début du travail, 5 attaques en tout. Dilatation du col. Forceps. Délivrâmes 6e attaque . Guérison. Pas d albumine. Enfant vivant.
18. Mascarel. — 22 ?ns. Plusieurs attaques. Saignée. 5 heures après nouvelle
attaque. Travail se fait spontanément. 6e attaque pendant l'examen. 7e attaque après l'expulsion de l'enfant. Coma cesse 6 heures après. Pas d'albumine. Enfant vivant.
19. P. Dubois (art. Gynécologie). — Primipare. 6 mois et demi. lre attaque. Pas
de travail. 2 saignées. Continuation des attaques. Accouchement spontané quelques heures après. Enfant d'environ 6 mois. Le traitement à la Clinique a été : sangsues et sinapismes, lavement purgatif, calomel, glace sur la tête. Guérison de la mère. Enfant non viable.
20. Godemer (Gaz. hôp.). — 25 ans. Primipare 5 mois et demi. Eclampsie durant depuis 5 jours. Saignée, glace, r.èsicatoire aux cuisses, 12 sangsues. Persistance des accès. Perforation des membranes avec sonde à dard. Rigidité du col. Persistance des accès. Débridement du col. Terminaison accouchement. Guérison de la mère. Enfant vivant.
21. Godemer. — 28 ans. Primipare de 6 mois. Eclampsie depuis 12 jours. Saignée
de 650 gr., sangsues aux cuisses, vésicatoires, sinapismes, glace. Même état. Perforation des membranes . Augmentation des accès. Col dur, long. Débrident mt. Guérison de la mère. Enfant vit 2 heures.
22. Godemer. — 19 ans. Primipare de 8 mois et demi. Pas de travail. Eclampsie.
Saignée, sangsues, vésicatoire, glace, sinapismes. Augmentation des accès. Perforation des membranes. Arrêt des accès pendant 24 heures, puis un accès qui détermine travail. Accouchement spontané, pt.s de nouveaux accès. Guérison de la mère. Enfant vivant.
23. Fontaine. — Voir obs. 60 de la statistique des Cliniques. Mort de la mère.