‹ De l'influence des excitations cutanées sur la circulation et la calorificationChapitre 46 sur 65 · APPLICATION SUR LA PEAU DE VESSIES DE GLACE · texte numérisé non relu

APPLICATION SUR LA PEAU DE VESSIES DE GLACE

La vessie de glace a été employée surtout comme agent de réfrigération locale, et plutôt comme antiphlogistique que comme moyen antipyrétique. Toutefois Riegel, professeur à Wûrzbourg, a institué, chez les fiévreux, des expériences qui tendent à démontrer que l'application prolongée, sur une vaste étendue de la peau, de vessies de glace peut, non-seulement abaisser notablement la température fébrile, mais encore la maintenir à un niveau plus bas pendant un temps très-long, contrairement à ce qui a lieu pour les bains froids.

Dans le tableau suivant, se trouvent consignés les résultats comparatifs obtenus chez un malade atteint de fièvre typhoïde, le deuxième et le troisième jour du traitement. Le deuxième jour, Riegel mit en usage la médication par les bains froids, telle qu'elle a été formulée plus haut. Le troisième jour, les bains furent supprimés. On appliqua sur la poitrine et Tabdomen du malade deux vessies de glace, renouvelées de temps à autre.

II» Jour. — Bains à i2o,5 toutes

m» Jour. — Detix vessies de

les deux hevtes, austitât qne ia

glace, appliquées tune sur la poitnaef l'autre sur V abdomen^

températurt ûxiUaères'éiè^e mu-

dessus de 39»5.

de 8 /i. au matin à^h, du icir.

Heures. Temp. rectale. Tcmp. axillaire.

Heures. Temp. rectale. Temp. axillaire.

Tcmp. moyenne : 3So,69 39o,18

Temp. moyenne : 31o,34 37o,49

En faisant la moyenne des résultats obtenus dans les diverses expériences continuées par Riegel chez le même malade, on arrive aux chiflFres suivants :

Bains à 18o.75 toutes les deux

Deux vessies de glace^ appliquées \

heures ,

aussitôt que la tem-

sur le thorax et sur

l abdomen 1

pérature

axillaire

dépasse

pendant toute la durée de Cex' |

périence.

Moyenne

Moyenne

Moyenne

Moyenne

delà

delà

de la

delà

température

température

température

température

I" exp.

recule.

axillaire.

l'o exp.

recule.

axillaire.

Il* -

lie -

IIIo -

IIIo —

jyo —

IVo —

Vo -

ye —

VIO -

VIO -.

VIIo —

vile —

IXo —

Les résultats obtenus par Riegel, àTaidede Tapplication prolongée de vessies de glace, méritent d'être

contrôlés. Si l'efficacité de |cette médication est telle que semblent l'établir les chiffres cités plus haut, le médecin aurait à sa disposition un moyen presque infaillible de ramener, chez les fiévreux, la température à son degré normal.

Disons, en passant, que Leube en se servant, comme moyen de réfrigération, de petits matelas en caoutchouc remplis d^in .mélange réfrigérant, a obtenu, chez des fiévreux, un abaissement de 1** à 2° de la température rectale, tandis que la température axillaire ne s'abaissait que de 0%5.

5*» Clystères froids

L'emploi des lavements froids dans le traitement des fièvres a été tout particulièrement préconisé par Foltz(deLyoD). Ce médecin prétend avoir constaté sur lui-même et sur des malades de sa clientèle que des lavements d'eau glacée abaissent la température interne, ralentissent le pouls, et exercent sur le système nerveux une action sédative très-prononcée. D'après Foltz, sous l'influence de 8 lavements d'un litre chacun et avec de Teau à 8% administrés à des intervalles de 5 à 10 minutes, le pouls s'est ralenti une fois de 20 pulsations (de 65 à 46), une autre fois de près de 30 pulsations (de 80 à 52), en même temps que la température mesurée dans la bouche s'abaissaitde37%3à 35%2. C'est sur ces faits observés chez l'homme sain que Foltz a fondé une nouvelle méthode de traitement de la fièvre typhoïde. Cette méthode consiste à administrer, toutes les deux ou quatre heures, un lavement avec de l'eau à 10*» ou IS"*. Quand l'intensité de la fièvre le réclame, les lavements sont même administrés coup sur coup. Foltz ne rejette pas d'ail-

leurs d'une façon absolue l'emploi des bains froids (20°-25°), des compresses froides, des manuluves, des médicaments antipyrétiques, tels que la digitale et le sulfate de quinine.

Chez 27 malades, atteints de fièvre typhoïde et traités par cette méthode, le nombre des lavements administrés à chacun a varié de 30 à 300. Sur ces 27 malades, un seul a succombé.

Brand a vérifié Texactitude des assertions de Follz en ce qui touche Taction antipyrétique des lavements froids'; mais il a constaté, d'autre part, que cette action est faible (abaissement de température de 0%2 à 0%5) et de courte durée.

Au bout d'une heure environ, la température remonte à sa hauteur primitive. De plus, sous Tinfluence des lavements glacés, les malades sont souvent pris de frissons, et Brand se demande quelle influence cette médication exerce chez les typhiques sur la marche des ulcérations intestinales.

Selon Liebermeister, les lavements froids déterminent chez les fiévreux un abaissement de température proportionnel à la déperdition de chaleur qui en résulte pour Torganisme. En effet dans le cas présenljf cette déperdition n'est pas accompagnée d'une augmentation correspondante de la calorification. Il y aurait donc lieu de faire prendre aux fiévreux le plus de lavements froids possible, en tant que cela ne les incommodera pas.

Dans une intéressante étude sur Tutilit^ comparée des bains et des lavements froids dans le traitement de la fièvre typhoïde, M. Prosper Boyer affirme, en se fondant sur les résultats obtenus dans le service du docteur Barrallier (de Toulon), que le lavement froid oflFre tous les avantages de la médication réfrigérante : diminution de la température, ralentissement du pouls,

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girérison rapide, convalescence courte et sans complication. c( Nous croyons, ajoute-t-il, que ce mode de traitement doit être préféré aux bains froids, qui sans être un procédé barbare, comme Tout prétendu certains médecins, est une médication qui cause aux malades de Thorreuret deTaversion et quelquefois amène plus de complications que ne l'a prétendu M. Brand. »

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