DES MINIMA
Luxembourg ....
Flandre occidentale .
— orientale .
Mars.
Février.
Mars.
Février.
Mars.
Id.
Février.
Mars.
Février.
Août.
Id.
Id.
Id.
Id.
Juillet.
Id.
Id.
La province de Luxembourg est donc incontestablement celle où l'influence des saisons se fait le plus ressentir : la mortalité du mois de mars est plus que double de celle du mois d'août. La différence est encore très-sensible en passant dans les provinces voisines de Namur, de Limbourg, de Liège et du Hainaut; dans le Brabant et les deux Flandres , l'inégalité des saisons est moins prononcée sur la mortalité ; et dans la province d'Anvers elle atteint son minimum. Le Luxembourg est la province la plus élevée du royaume , la plus exposée aux intempéries des saisons, celle dont la température est la plus froide. Au contraire, les dernières provinces sont situées plus bas et semblent avoir la température la plus égale.
D'après des observations faites au château de Rollé, dans la province de Luxembourg, par M. De Wautier fils, la température y serait inférieure à celle de Bruxelles de plus d'un degré pendant les mois d'été et de trois degrés environ pendant l'hiver \ Nous ne pou-
1 Voyez les Annales de l'Observatoire de Bruxelles, tome 1 er , 2° partie.
vons certainement pas admettre que la mortalité soit en rapport avec les degrés de froid; plusieurs climats du Nord seraient là pour détruire nos assertions, mais nous avons au moins lieu de croire que l'homme se fait à la température moyenne des climats qu'il habite , et qu'une fois habitué à cet état moyen, il souffre dans nos latitudes beaucoup plus par les excès du froid que par ceux des chaleurs.
On a pu voir que le terme maximum de la mortalité se porte assez indistinctement sur les mois de mars et de février, tandis que le minimum se présente bien décidément en août dans toute la partie orientale du royaume, et en juillet dans les provinces des Flandres et d'Anvers.
Si nous continuons l'examen des courbes qui figurent la mortalité des différentes provinces , nous trouverons particulièrement dans celle qui concerne Anvers, l'indication d'un surcroît de mortalité à la suite de l'été; surcroît qui semble dû en partie aux fièvres intermittentes qui régnent alors dans cette province '. Ce maximum secondaire est aussi très-sensible dans la Flandre orientale qui, comme l'on sait, souffre également des fièvres intermittentes dans sa partie voisine de l'Escaut. Le Brabant et le Limbourg présentent encore une mortalité sensible à la suite des chaleurs, mais ce maximum secondaire est à peine marqué dans le Luxembourg et dans les provinces de Namur et de Liège.
1 On peut consulter , au sujet des fièvres intermittentes qui désolent les bords de l'Escaut, une notice très-intéressante que M. Henri Marshall, inspecteur-général des hôpitaux de l'armée anglaise, a insérée dans le n° 133 du Journal d'Edimbourg pour la médecine et la chirurgie. Cette notice est relative à la mortalité affreuse qui dévasta les troupes anglaises qui firent , en 1809, l'expédition de l'Escaut. Cette expédition en totalité se composait de 70,000 hommes, ce qui forme, dit l'auteur, l'armée la plus considérable qui ait jamais quitté les bords de l'Angleterre. La première partie mit à la voile le 28 juillet et le reste suivit bientôt après. Le 20 août, les maladies commencèrent à se manifester parmi les troupes du sud Beveland ; le nombre des personnes atteintes s'éleva à 1,564. Le 26, le nombre des malades était de 5,000. Le 29, le quartier général retourna à Tergoes, et on laissa 16,764 hommes dans l'île de Walckeren. Le 1 er septembre le nombre des malades dans l'île de sud Beveland était de 5,000 ; le 3, il était de 8,194. Le 7 septembre, le nombre des malades de toute l'armée, en y comprenant ceux renvoyés en Angleterre, surpassait le nombre de 10,948! Pour se faire une idée de cette mortalité affreuse, on n'aura qu'à jeter les yeux sur les tableaux suivans. Le
Il est assez remarquable que la grande mortalité, à la suite de l'hiver, et le maximum secondaire qui, vers l'équinoxe d'automne, semble rompre la loi de continuité, tombent aux époques de l'année où le baromètre est le plus bas et où l'atmosphère est le plus souvent et le plus brusquement bouleversée. Quant à la direction des vents, elle ne semble pas avoir une influence bien marquée. Les quantités
premier indique la force de l'armée (l'artillerie exceptée) qui s'embarqua pour l'Escaut au mois de juillet 1809, et le nombre des décès qui survinrent depuis cette époque jusqu'au 10 janvier 1810.