‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 140 sur 226 · Esprit des lois, liv. XXIII, ch. ii · texte numérisé non relu

Esprit des lois, liv. XXIII, ch. ii

4. (f Fortes, dit Horace, creantur fortihus et bonis; » (Odes, liv. IV, IV, vers 29.) et la Sagesse : « O combien est belle la race chaste ! » IV, 1 .

dans les excitations désordonnées trahit sa faiblesse par des produits débiles; que les téméraires abus qui faussent et profanent la loi providentielle de la reproduction retombent cruellement sur leurs auteurs, et préparent aux générations innocentes un affreux héritage de maux corporels et moraux*. Or, un tel danger placé aux sources de la vie ne pouvait échapper à l'œil attentif du christianisme, qui, dans son amour de l'homme, a voulu resserrer par la réforme du mal moral l'empire du mal physique. C'est pourquoi il a institué le mariage en un sacrement, pour mieux contenir, pour mieux ramener aux fins légitimes de Dieu cette force aveugle qui sème les générations. 11 a sanctifié par la prière et la consécration le lit des époux, et leur a ouvert une communication spirituelle avec le ciel alors que la terre semble le plus les subjuguer. Que le monde d'Épicure obéisse à la Vénus génitrice chantée

1. M. de Maistre, Soirées de Saint-Pétersbourg, t. I, p. 6o et 61.

dans les vers voluptueux de Lucrèce^!!! Le monde chrétien, plus chaste, a arraché la couronne à cette reine de la chair; c'est elle qui obéit à une raison divine dont elle n'est que l'instrumenté En vain le matérialisme païen l'avait déifiée comme l'âme de l'univers. Elle n'est plus désormais (si je puis ainsi parler) que l'âme des sens, Vdme inférieure^ , et ses désirs charnels sont gOLivernés par la modération réfléchie des désirs de l'esprit*.

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