‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 77 sur 226 · Gibbon, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Gibbon, t. VIII, p

en cela le respect dû à de grands génies; mais son but fut bon et louable. Il voulut affranchir la jurisprudence du sixième siècle d'une tutelle rétrograde. Chrétien et homme de son époque, il osa trancher dans le vif les racines d'un passé aristocratique et païen. Alors s'assoupit sur presque tous les points le long antagonisme qui avait partagé la jurisprudence.

De mémorables témoignages signalent cette conclusion. Ainsi, par exemple, l'égalité s'empare des personnes et des choses; elle efface les différences entre tous les affranchis, et nivelle les rangs libres en même temps qu'elle améliore le sort des esclaves ; elle ne fait plus de distinction entre la parenté masculine {agnatid) et la parenté par les femmes {cognatio), ce qui amène la dissolution de la famille romaine. Elle met sur le même pied les choses mancipi et les choses nec mancipi^ ce qui est la dissolution de la propriété romaine. Par là cessent les différences entre la propriété civile et la propriété naturelle; entre l'usucapion, cette

patronne de l'Italie, et la prescription, cette patronne du genre humain * . Les idées de Constantin sur les pécules sont généralisées, et les droits des fils de famille sont augmentés par ce moyen ^ Les filles et les petits-enfants sont égalés aux enfants pour les conditions de l'exhérédation^ La puissance qui seule avait été la base de la substitution exemplaire cède la place aux liens du sang et de l'affection*. Les fictions disparaissent. L'émancipation cesse de rompre le nœud de la famille ; et la famille civile se confond, sous ce nouveau point de vue, avec la famille naturelle. L'équité enlève à l'adoption les droits exagérés qu'elle empruntait du droit civil ; elle ne rend plus l'adopté étranger à ses propres parents et ne confère plus à l'adoptant tous les droits de la

1. L. unie., C. de usucap, transf. L. ult., C. de prœscript. long. temp.

2. Voyez infra le chapitre de la puissance paternelle. Tnst. de M'dit. test.^ § 6.

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