Livre IIL Le gascon dans la langue
française.
Tel est le plan de notre travail. A ce travail , d'ailleurs, ni l'attrait ni Tutilité ne peuvent faire défaut. N'est-il pas intéressant d'étudier ce que devient à un moment donné la langue française sous l'influence passagère d'un dialecte ; comment elle reçut d'abord une foule d'expressions et de tournures étrangères ; par quel travail elle les élimina bientôt, poussant même à l'excès, jusqu'à l'appauvrissement, son amour de la pure diction ? D'autre part, cette étude fera mieux connaître nos grands écrivains gascons, en montrant, d'une feiçon plus complète qu'on ne l'a fait, ce qu'on peut appeler la couleur gasconne de leurs écrits. Dans leurs thèses sur Henri IV, sur du Bartas, sur Montaigne, MM. E. Jung, Pellissier, Voizard ont eu à s occuper de gasconismes ; mais combien de tours, purement et franchement gascons,
ont échappé à ces critiques, qui, avec tout leur mérite, avaient le tort en cette rencontre de no pas connaître le gascon ! Cette étude ne sera pas inutile, si elle éclaire d*un nouveau rayon l'histoire de la langue et de la littérature françaises.