AVANT-PROPOS
Le traitement rationnel de l’hypertrophie prostalique ou, pour mieux dire, de l’adénome de la prostate est l’ablation, opération que nous considérons comme relativement bénigne quand on cpère un sujet non infecté avec une épuration rénale salisfaisante et un bon cœur. | |
Nous en avons vu opérer un grand nombre pendant les trois années que nous avons été l’interne du docteur Rivet et nous avons pu suivre les malades pendant tout leur séjour à l'hôpital.
Les nombreuses guérisons obtenues nous ont convaincu de la bénignité relative de cette opération, aussi n'est-ce pas dans la crainte de voir opérer ces malades que nous nous sommes attaché à étudier les bienfaits du séjour prolongé de la sonde à demeure.
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Nous n'avons voulu seulement qu'altirer l'attention sur un mode de traitement qui permet d'obtenir parfois d'excellents résultats.
Il ne s'agit pas, dans ce court travail, de la mise à demeure d’une sonde pendant plus ou moins de temps, moyen banal, universellement connu et depuis longtemps employé. Nous avons en vue le séjour prolongé de la sonde à demeure, nous ne comptons pas par des jours, mais par des semaines et même par des mois.
Nous n'avons pas non plus la prétention d'avoir trouvé un moyen nouveau et inemployé.
Avant l'ère des prostatectomies la sonde à demeure étant de mise, nous ne voulons seulement que rappeler son usage à l’attenlion et montrer, par quelques exemples, tous les services qu'on peut en attendre et dans quels cas particuliers nous devons y avoir recours. #
Quels sont les proslatiques que nous devons traiter par le séjour prolongé de la sonde à demeure?
Nous avons d'abord les malades. porteurs d’un adénome typique que l’on peut facilement opérer sans leur faire courir de gros risques, mais qui refusent toute intervention.
À ce propos, nous classons grossièrement mais cliniquement les hypertrophies prostatiques en trois classes :
1° L’adénome typique ; ;
2° Le carcinome. Nous ne parlons pas des carcinomes prostatiques à marche rapide, qui le plus souvent ne sont pas susceptüibles d'une intervention chirurgicale, mais des carcinomes où la trame fibreuse est prédominante et ressemble au squirrhe du sein chez les vieilles femmes et qui tuent non par leur constitution néoplasique elle même, mais par les troubles urinaires en particulier vésicaux et leur retentissement sur les reins;
3° Entre ces deux types nets, nous intercalons toute la série des hypertrophies, même bien délimilées, non diffuses, où la pros-. tale ne présenté pas au toucher rectal la consistance élastique, mais plutôt une consistance ferme, parfois ligneuse, soit uniforme, soit avec des portions franchement adénomateuses.
Le toucher rectal montre qu'il ne s'agit pas d'un adénome vrai ni d’un carcinome non plus. Au moment de l'opéralion, on n'arrive pas à trouver un plan de clivage, on n’enlève, quand où y arrive, que quelques fragments de la tumeur. Histologiquement on trouve des régions adénomateuses à côlé de lésions qui ressemblent au carcinome; dans certains cas, ni l’une ni l’autre de ces lésions, mais un ensemble rappelant la prostalite chronique ; ‘aussi l’appellerons-nous hypertrophie type prostatite chronique.
Dans ces deux genres : carcinome et hypertrophie type prostalite chronique, l'opération ne permettant pas d’énucléer la tumeur, nous estimons que l’on doit essayer notre procédé qui nous a d’ailleurs donné quelques bons résultats.
Il est enfin impossible d'intervenir chirurgicalement chez des malades présentant un adénome lorsqu'ils sont trop obèses ou qu'ils ont de mauvais reins, un mauvais cœur ou des désordres cérébraux.
En un mot, nous pensons que si dans ces cas et peut-être dans quelques autres on essayait de placer pendant un temps assez long une sonde à demeure, on pourrait éviter une inter- vention aléatoire et rétablir le bon fonctionnement vésical. En outre, chez des gens que des mains non expérimentées ne peuvent sonder ou chez lesquels les cathétérismes quotidiens ou mieux biquotidiens n'ont pu rétablir la miction normale, nous sommes convaincu qu'elle peut nous rendre les plus grands services. FRS
Ayant décidé de soigner un-malade par ce procédé, nous devons prendre des soins particuliers pour qu'il nous donne les meilleurs résultats tout en étant aussi peu gênant que possible pour le sujet.
Il faut donc choisir une bonne sonde, la maintenir en bon état, ne laisser la même en place que le temps maximum qu'elle peut rester dans le canal sans s'encrasser ou se détériorer, la surveiller attentivement et faire des lavages vésicaux.
À ces soins locaux ajouter des soins généraux, tonifier le. cœur, les reins, choisir une alimentation convenable, faire des
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massages et des frictions pour obvier aux désordres provoqués par le décubitus dorsal prolongé.
Nous étudierons donc, en dehors de la technique sur laquelle nous nous étendrons et des différentes sondes que nous employons, comment et pourquoi la miction peut se rétablir, en dehors du calibrage de l’urètre, du calibrage de la filière prostalique, car la sonde a une action régressive périphérique indéniable ; nous étudierons par quel mécanisme physiologique la déplétion vésicale constante amène une décongestion dé cet organe, un réveil de la contractilité musculaire.
PT