‹ De L'Inondation Péritonéale dans L'avortement TubaireChapitre 16 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Clinique.

Nous savons à présent par quel mécanisme va se produire l’inondation péritonéale ‘dans l'avortement tubaire, comment l’œuf décollé causera une hémorragie qui va sourdre goutte à goutte par le pavillon de la trompe, remplissant peu à peu le péritoine, et déjà nous pouvons prévoir quelle sera l’allure clinique de cet accident.

N'oublions pas non plusce que nous avons dit sur la Jeunesse parfois extrême de l'œuf, car cette notion, elle aussi, à une grande valeur dans l'interprétation de ce qui se passe en clinique.

Avant à faire, en effet, à des grossesses souvent à peine âgées d’un mois, il est un facteur important qui nous manquera fréquemment pour aiguiller au début notre diagnostic, c’est la notion de trouble dans les époques menstruelles : la femme aura ses règles normalement le premier du mois et ce sera vers le 20, par exemple, que se produiront les accidents. Dans d’autres cas, ceux-ci surviendront juste à l'époque des règles, arrivant à leur date, comme si, avons-nous dit, c'était le flot menstruel qui décollait l'œuf. Parfois, comme dans un cas de Keczy, les dernières règles, survenues dix Jours auparavant, ont été seulement très douloureuses (1).

(4) Kecrv, Glascow obstetrical and gynecological Society. Séance du 25 mai 1904.

Pourtant il est aussi des cas, mais plus rares, où un retard appréciable des règles pourra parfois diriger notre attention : mais ces cas sont bien moins fréquents que dans la rupture, où souvent la femme sait ou croit savoir qu'elle est enceinte, et où la menstruation supprimée, diminuée ou retardée, ou bien encore remplacée par des métrorragies après une suspension plus ou moins longue, aiguillera notre diagnostic.

Donc, première difficulté à noter : jeunesse ordinaire de la grossesse, ignorée même de la patiente, et absence de troubles menstruels.

Pour cette même cause également, nous n'avons pas non plus d'expulsion de caduque ordinairement, et si, parfois, il y à un léger écoulement sanguin vaginal, il est le plus souvent fort peu important et peut passer inaperçu dans bien des cas.

Une seconde difficulté vient du silence dans lequel se fait le début des accidents, tout à l'encontre de ce qui se passe dans la rupture.

Dans celle-c1, en effet, le début est dramatique: c’est la douleur qui ouvre la scène et elle est ordinairement typique ; c’est une douleur intense, en coup de poignard, donnant à la malade une sensation d'arrachement et de déchirement, siégeant ordinairement en un point précis dans le petit bassin et irradiant de là vers les flancs, l'hypochondre, lépigastre.

Cette douleur est d’une durée variable, accompagnée ou non de syncope, mais surtout elle est le premier symptôme et survient brutalement au milieu d’un état de bonne santé apparente.

Tout autre est le tableau dans le cas d’avortement : tou-

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