DÉFINITIONS
dons vraiment par avortement tubaire en opposition avec la rupture (1).
On voit combien tout cet ensemble est complexe à définir que l’on nomme avortement tubaire. Nous n'avons pas la prétention, pour l'étude du chapitre restreint que nous nous sommes assigné, de vouloir changer ce terme malheureusement classique, ni de lui substituer un néologisme qui serait peut-être plus nuisible encore, mais 1] ne nous semble pas inutile, puisqu'il reviendra constamment sous notre plume, d'y avoir insisté, montré notre propre embarras, afin d'éviter la confusion dans l'esprit du lecteur.
Ayant d'ailleurs caractérisé l'avortement surtout par le décollement, il nous importera beaucoup moins de savoir si cet avortement est tubo-utérin où tubo-abdominal : JoxEessor, dans sa thèse (2), à nié la possibilité du premier. Nous ne voyons guère pourquoi il serait impossible dans certains cas de grossesses si minimes que nous rapportons. Evidemment, comme nous le verrons, c’est la grossesse tubaire ampullaire qui peut évoluer vers l'avortement ; comme l’a montré CouveLaIRE (3), les grossesses intersti-
(1) Nous ne voulons pas d’ailleurs embrouiller la question en cherhant à l’éclaircir : mais dans le cas de rupture même, ne pourrait-on pas dire qu'il y à aussi avortement puisqu'il y à, en somme, interruption de la grossesse? Évidemment, dans ces cas, le fait de l'avortement disparaît devant l'importance de sa cause, la rupture, de même que l'intérèt du sort de l'œuf s’efface complètement dans l’inondation de l'avortement sans rupture. Mais il est si vrai que tout cela est flou que nous avons cru bon d'ajouter entre parenthèses « sans rupture » à notre titre, ayant vu, tandis que nous écrivions ce travail, que les gens non prévenus avaient toujours besoin de ces deux mots pour saisir l'intérêt de la question.
(2) Jonessor, Thèse de Paris, 1900-1901, « À propos de l'avortement tubaire ».
(3) Couvecame, Thèse de Paris, 1901, « Études anatomiques sur les grossesses tubaires ».
Lielles et isthmiques donnent presque forcément lieu à la rupture : « L'œuf fait éclater la trompe, a dit Pixar», d'autant plus tôt qu'il est greffé plus près de l'utérus » (1). Mais l'hémorragie peut se faire aussi bien vers l’ostium ulérinum que abdominale et l'œuf est si petit qu'on ne sait vraiment pourquoi il serait entrainé plutôt d’un côté que de l’autre.