Le naturaliste doit abandonner son cabinet, s'en
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des études approfondies, qui, faites sans idées préconçues, sans système, expression toujours fidèle de l'observation exacte, Font rendu unique en son genre. Il a été pour les animaux supérieurs ce que Réaumur et Bonnet avaient été pour les insectes.
F. Guvier avait été nommé, en 1810, inspecteur de l'Académie de Paris; il fut nommé inspecteur général en 1831.
Il porta dans cette autre carrière la même conscience d'honnête homme, la même attention suivie, la même habitude des pensées utiles; et il nous a laissé, de tout cela, une trace précieuse dans son travail sur Y enseignement de l'histoire naturelle dans nos collèges.
Rollin, le bon recteur, cet homme qui avait tant médité sur l'instruction de la jeunesse, prop(||yt, vers le commencement du dernier sièele^d'introduire l'histoire naturelle dans les collèges. Il voulait qu'on appli-
« foncer dans les bois pour suivre les allures de ces êtres « sentants.., » Voyez ci-devant, page 1 %.
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quàt les enfants à l'étude de ces phénomènes, « dont ils seront toujours, disait-il , d'autant « plus surpris qu'ils acquerront plus d'intelu ligence. »
L'ouvrage de Pluche parut alors 1 . Ce fut le premier fruit de la pensée de Roi lin 2 , et peutêtre le seul; car, pour voir l'histoire naturelle pénétrer dans l'instruction publique, il faut venir jusqu'à la création des écoles centrales.
Mais, à cette époque, l'histoire naturelle, introduite dans nos écoles, est l'histoire naturelle avec tout ce qu'elle a d'austère et de difficile, ses nomenclatures savantes, ses méthodes abstraites. Or, comme le remarque très -bien F. Cuvier, d'abord nos collèges actuels, même dans leurs plus hautes classes, ne répondent pas tout à fait aux écoles centrales, et ensuite cet enseignement des mé-
4 . Le Spectacle de la nature : ouvrage ingénieux , attachant, qui mène doucement le lecteur de la nature à Dieu, et, pour rappeler une belle expression de Rollin, le rend attentif à la Providence.
%. « On nous avait conseillé d'abord, dit Pluche, le titre de « Physique des enfants. » — C'est Rollin qui avait conseillé ce titre,
thodes scientifiques, si utile pour les esprits déjà formés, ne saurait convenir à l'enfance.
Il faudrait donc, après plus d'un siècle, revenir à la pensée de Rollin, qui voulait deux histoires naturelles, une pour les savants, et l'autre pour les enfants. Il faudrait, en un seul mot, proportionner les études à l'âge.
« Fjippelle physique des enfants* dit Rollin, , « une étude de la nature qui ne demande que « des yeux... Elle consiste à se rendre atten- « tif aux objets que la nature nous présente, « à les considérer avec soin , à en admirer les <x différentes beautés, mais sans en approfon- « dir les causes secrètes, ce qui est du ressort « de la physique des savants 4 . >*
La curiosité est, dans l'enfance, le premier ressort de l'intelligence. Et c'est pourquoi Y histoire naturelle conviendrait si fort à cet âge.
Conduisez un enfant dans un cabinet d'histoire naturelle : il n'est rien qu'il ne voie,
'1, Traité des études, t. II, p. 498.
qu'il ne touche, sur quoi il ne vous interroge. On sent alors toute la justesse de ce mot de Rollin, qui, bien compris, nous donnerait, en effet, tout le secret de l'éducation : « Il est « inconcevable combien les enfants pourraient « apprendre de choses, si Ton savait profiter « de toutes les occasions qu'eux-mêmes nous a en* fournissent 1 . »
F. Cuvier était pénétré pour son frère d'une admiration qui tenait du culte. C'est pour ce frère qu'il vivait, c'est pour ce frère qu'il s'était fait naturaliste. Quant à lui, il voulut être oublié. Sa modestie avait un charme particulier; elle était si vraie qu'on eût dit que son mérite n'avait pas percé jusqu'à lui.
F. Cuvier fut nommé, le 24 décembre 1837, professeur au Muséum d'histoire naturelle.
Quelques mois après (au mois de juillet 1838), se trouvant à Strasbourg, en tournée comme inspecteur, il se sentit, tout à coup,