‹ De l'instinct et de l'intelligence des animauxChapitre 37 sur 217 · LOCKE · texte numérisé non relu

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point d'abstractions. « Je crois être en droit « de supposer, dit-il, que la puissance de « former des abstractions ne leur a pas été « donnée, et que cette faculté de former des « idées' générales est ce qui met une parfaite « distinction entre l'homme et les brutes 1 . » Leibnitz répond à Locke : « Je suis du « même sentiment...; je suis ravi de vous « voir si bien remarquer les avantages de la « nature humaine 2 . »

Les animaux ne font donc point d'abstractions. Ne faisant point d'abstractions, ils n'ont point de langage , cette création la plus abstraite de toutes les créations de l'esprit humain. « Et l'on ne saurait dire , » continue Locke, « que c'est faute d'organes propres à « former des sons articulés, puisque nous en « voyons plusieurs qui peuvent rendre de « tels sons et prononcer des paroles assez « distinctement... D'autre part, les hommes « qui, par quelques défauts dans les organes,

\ . Essai sur l'entendement humain,Y\vre n,chap. xi. 2. Nouveaux essais sur l'entendement humain,, livre ii, chap. xi.

« sont privés de l'usage de la parole, ne « laissent pourtant pas d'exprimer leurs « idées universelles par des signes qui leur « tiennent lieu de termes généraux 1 ... »

Tout à l'heure, Locke était approuvé par Leibnitz; il le serait sûrement ici par Descartes, car c'est de Descartes même qu'il tire ces deux grands caractères qui distinguent si profondément l'homme des bêtes : les vérités universelles et la parole 2 .

4. Nouveaux essais sur V entendement humain, livre ii, chap. xi.

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