CONCLUSION
L'homme n'est moral que parce qu'il est libre.
L'animal suit le corps : au milieu de ce corps, qui l'enveloppe partout de matière, l'esprit humain est libre, et si libre qu'il peut, quand il le veut, immoler le corps même.
« Le grand pouvoir de la volonté sur le « corps consiste, dit Bossuet , dans ce prodi- « gieux effet , que l'homme est tellement « maître de son corps qu'il peut même le « sacrifier à un plus grand bien qu'il se pro- « pose. Se jeter au milieu des coups et s'en- « foncer dans les traits par une impétuosité « aveugle, comme il arrive aux animaux, ne « marque rien au-dessus du corps ; mais se « déterminer à mourir avec connaissance et « par raison, malgré toute la disposition du « corps, qui s'oppose à ce dessein, marque « un principe supérieur au corps ; et, parmi « les animaux , l'homme est le seul où se « trouve ce principe 1 . »