DE LA PARENTÉ DES ESPÈCES
J'ai posé ailleurs les caractères précis de Y espèce et du genre 1 .
Le caractère de l'espèce est la fécondité continue; le caractère du genre est la fécondité bornée.
Ce n'est point ici le lieu de revenir sur ces grandes questions. Je ne rappelle que mon idée principale : tous les individus d'une même espèce peuvent s'unir, et leur union est d'une fécondité continue; toutes les es-
1. Voyez mon livre intitulé : Ontologie naturelle ou étude philosophique des êtres, p. 10.
pèces d'un même genre peuvent s'unir aussi, mais leur union n'est que d'une fécondité bornée.
Le métis de l'âne et du cheval est infécond dès la première ou dès la seconde génération; le métis du chien et du loup est infécond dès la seconde ou dès la troisième génération, etc. La fécondité de chaque espèce , prise en soi, est éternelle.
La fécondité des races l'est donc aussi, car la race n'est qu'une variété , qu'une modification de l'espèce . Toutes nos races de chevaux sont fécondes entre elles, et d'une fécondité continue. Il faut en dire autant de toutes nos races de chiens, de béliers, de taureaux, de boucs, etc. Toutes les races d'hommes sont fécondes entre elles, d'une fécondité continue : fait qui prouve Vanité de V espèce humaine, Y unité physique de l'homme.
Il y a donc des métis de deux sortes : les métis d'espèce et les métis de race : les métis d'espèce, dont la fécondité est bornée, et les métis de race, dont la fécondité est continue.
DES ESPÈGES. 159
Je ne parle, eu ce moment , que des métis d'espèce.
L'union croisée du loup et du chien, de l'âne et du cheval, du lion et du tigre, du bouc et de la brebis , du bélier et de la chèvre, etc., donne des métis à fécondité bornée.
Le loup et le chien , l'âne et le cheval , le lion et le tigre, le bouc et le bélier, etc., sont donc du même genre.
Le chien et le renard, au contraire, sont de genres différents , car ils ne s'unissent point , car ils ne produisent point ensemble.
Buffon avait déjà constaté que le renard ne s'accouple point avec la chienne 1 . Mes expériences confirment celles de Buffon.
Jamais le renard n'a voulu s'accoupler avec la chienne , ni le chien avec la renarde. Je suis même convaincu que leur accouplement, s'il a jamais lieu, sera sans effet.
Des animaux qui diffèrent par quelque caractère marqué, soit dans les dents, soit