Histoire du cheval , t. Il, p
Toutes nos races de chevaux, de chiens, de béliers, etc., peuvent s'unir ensemble, et donner des races nouvelles ^ intermédiaires aux deux races croisées.
L'union du cheval arabe avec nos juments donne des races nouvelles, intermédiaires à la race arabe et à celle de nos climats.
L'union du bélier de Barbarie à grosse queue avec nos brebis donne une race intermédiaire, et dont la queue tient le milieu, pour le volume, entre la queue du bélier de Barbarie et la queue de nos béliers ordinaires.
En unissant ensemble les pigeons qui nous paraissent les plus beaux , nous multiplions, chaque jour, nos belles races de pigeons, etc., etc.
Et ceci est le caractère profond qui distingue le croisement des races de celui des espèces *
Le croisement des races donne toujours des races nouvelles.
Le croisement des espèces ne donne jamais des espèces nouvelles.
Le cheval et l'âne, le bouc et le bélier, etc.,
s'unissent depuis des siècles, et donnent des métis , mais des métis inféconds 1 : ils n'ont point donné de race intermédiaire, de race nouvelle.
Toute modification organique, spontanée, naturelle, est transmissible par génération, et peut être source de race. Je dis naturelle, car les modifications artificielles, les mutilations ne se transmettent pas.
On a beau couper les oreilles des chiens ou la queue des chevaux ; les petits chevaux et les petits chiens naissent toujours avec des oreilles ou avec une queue.
J'ai fait, bien des fois, accoupler ensemble des chiens dératés, des chiens à qui l'on avait ôté la rate. Les petits sont toujours venus au monde avec une rate,
F. Cuvier rapporte le cas d'une louve de
\ . Un peu plus tôt ou un peu plus tard : le métis de cheval et d'âne est infécond dès la première ou dès la seconde génération ; le métis de bouc et de bélier Test dès la troisième, etc. (Voyez, ci-devant, p. 158.)
notre ménagerie qui fut accouplée avec un chien braque dont on avait coupé la queue :
la louve produisit deux métis à très-courte queue, d'où F. Guvier conclut que les mutilations se transmettent.
Le fait n'est pas décisif. Souvent des petits à très-courte queue naissent de parents à queue longue.
G. Leroy dit, des lapins, qu'ils perdent, après un certain nombre de générations passées en domesticité, la faculté de se creuser des terriers 1 .
J'ai fait mettre en liberté, dans un parc, des lapins , nés de parents qui, pendant plusieurs générations, avaient vécu dans des conditions à ne pouvoir fouir. Ils ont aussitôt creusé des terriers.
Mais ce qui, d'après cette expérience, ne serait pas vrai du lapin, l'est du chien, animal devetiu bien plus complètement domestique.
Dans l'état naturel, le chien se creuse des