‹ De l'instinct et de l'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 86 sur 170 · Histoire du cheval, tome IV, p · texte numérisé non relu

Histoire du cheval, tome IV, p

ET DES RACES

raissent les plus beaux, nous multiplions', chaque jour, nos belles races de pigeons, etc., etc.

Et ceci est le caractère profond qtri distingue le croisement des races de celui des espèces.

Le croisement des races donne toujours des

races nouvelles.

Le croisement des espèces ne donne jamais des espèces nouvelles. ... '■ '

Le cheval et l’àne, le bouc et le bélier, etc., s’unissent depuis des siècles, et donnent des métis , mais des métis inféconds : ils n’ont point donné de race intermédiaire , de race nouvelle.

Toute modification organique, spontanée , naturelle, est transmissible par génération, et peut être source de race. Je dis naturelle , car les modifications artificielles, les mutilations ne se transmettent pas.

On a beau. couper les oreilles des chiens oü la queue des chevaux. Les petits chevaux et les petits chiens naissent toujours avec des oreilles ou avec une queue.

J'ai fait, bien des fois, accoupler ensemble des chiens dératés , des chiens à qui l’on avait ôté la rate. Les petits sont toujours venus au monde avec une rate.

F. Cuvier rapportlîe cas d’une louve de notre

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ménagerie qui fut accouplée avec un chien braque dont on avait coupé la queue : la louve produisit deux métis à très courte queue , d’où F. Cuvier conclut que les mutilations se transmettent.

Le fait n’est pas décisif. Souvent des petits à très courte queue naissent de parents à queue longue.

G. Leroy dit, des lapins , qu’ils perdent, après un certain nombre de générations passées en domesticité, la faculté de se creuser des terriers *.

J’ai fait mettre en liberté, dans un parc, des lapins , nés de parents qui, pendant plusieurs générations, avaient vécu dans des conditions à ne pouvoir fouir. Ils ont aussitôt creusé des terriers.

Mais ce qui, d’après cette expérience, ne serait pas vrai du lapin , l’est du chien , animal devenu bien plus complètement domestique.

Dans l’état naturel le chien se creuse des ter-

riers, comme le chacal , comme le renard, comme le lapin , etc. Dans l’état de domesticité, c’est à peine si l’on voit quelquefois un chien gratter légèrement la terre pour y enfouir les restes de son repas 1 2 .

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